Pourquoi les aînés sont-ils plus vulnérables à la COVID-19 ?

Publié par Adrien le 18/12/2020 à 07:00
Source: Université McGill
Qu'est-ce qui rend les aînés et les personnes atteintes d'affections sous-jacentes plus vulnérables à la COVID-19 ? Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université McGill, la clé du mystère se trouverait dans les protéines qui interviennent dans le déclenchement de l'infection, lorsque le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise...) s'arrime aux cellules hôtes de différents animaux. L'augmentation de l'oxydation cellulaire qui accompagne le vieillissement (La notion de vieillissement décrit une ou plusieurs modifications fonctionnelles diminuant...) et la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal...) pourrait expliquer pourquoi les aînés et les personnes atteintes d'une maladie chronique sont plus souvent infectés et souffrent d'une infection plus grave.


Plus de 60 millions de personnes ont officiellement contracté la COVID-19 et environ 1,5 million (Un million (1 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf...) en sont décédées. Le virus perturbe les économies et les chaînes d'approvisionnement alimentaires partout dans le monde (Le mot monde peut désigner :). Une meilleure compréhension des raisons pour lesquelles certains animaux contractent le virus et d'autres non pourrait mener à la mise au point (Graphie) de nouveaux traitements. Dans le cadre d'une étude publiée dans le Computational and Structural Biotechnology Journal, les chercheurs ont analysé les séquences de protéines du virus à leur disposition et les récepteurs de cellules hôtes de différentes espèces afin de découvrir ces raisons.

"Nous savons que le virus peut infecter les humains, les chats, les chiens et les furets, mais pas les bovins et les porcins. De plus, la COVID-19 frappe plus durement les aînés et les personnes atteintes d'affections sous-jacentes que les jeunes et les personnes en bonne santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste...). Jusqu'à maintenant, les raisons expliquant ce phénomène étaient obscures", indique Jaswinder Singh, professeur à l'Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des...).

L'étude a été réalisée par une équipe multidisciplinaire de scientifiques dirigée par le Pr Singh. L'équipe est composée des professeurs Rajinder Dhindsa (Université McGill), Baljit Singh (Université de Calgary) et Vikram Misra (Université de Saskatchewan).

Comment le coronavirus infecte-t-il les cellules ?

Une fois à l'intérieur d'une cellule hôte, le virus en pirate le mécanisme métabolique pour se reproduire et se propager. La protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs...) spicule du virus se fixe au récepteur protéique appelé ACE2 qui se trouve à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a...) de la cellule hôte, faisant fusionner les membranes entourant la cellule et le virus. Ce processus permet au virus d'entrer dans la cellule et de prendre le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de...) de son mécanisme de fabrication de protéines pour produire des copies de lui-même. Ces copies vont ensuite infecter d'autres cellules saines.

En analysant les protéines et leurs composants, les acides aminés, les chercheurs ont découvert que les animaux susceptibles de contracter le virus ont quelques points en commun. Ces animaux, comme les humains, les chats et les chiens, possèdent deux cystéines, un acide aminé (Un acide aminé est une molécule organique possédant un squelette carboné et...), qui forment un pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours...) disulfure spécial maintenu par un environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et...) cellulaire oxydant. Ce pont disulfure crée un point d'ancrage pour le virus. "D'après notre analyse, l'oxydation cellulaire accrue présente chez les aînés et les personnes souffrant de problèmes de santé sous-jacents les prédispose à une infection, à une réplication et à une maladie plus sérieuses", explique Rajinder Dhindsa, coauteur de l'étude et professeur émérite (Dans le domaine de l'enseignement supérieur, l'éméritat est un titre honorifique accordé à...) de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant....) à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) McGill.

Dans le cas des animaux résistants au virus, comme les porcs et les vaches, il leur manque l'une de ces deux molécules de cystéine, et le pont disulfure ne peut se former. Par conséquent, le virus ne peut pas s'arrimer à la cellule.

Selon les chercheurs, la prévention (La prévention est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre pour éviter...) de l'arrimage (L’arrimage, dans le domaine de l’astronautique, est la fixation d’une charge...) pourrait nous aider à mettre au point de nouveaux traitements contre la COVID-19. L'une des stratégies qu'ils suggèrent serait de perturber l'environnement oxydant qui garde les ponts disulfures intacts. "Les antioxydants pourraient diminuer la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) de la COVID-19 en nuisant à l'entrée du virus dans les cellules hôtes et, par la suite, à sa capacité à survivre en se propageant", soutient le Pr Singh.

En ce qui concerne la prochaine étape, les chercheurs affirment que la technique CRISPR pourrait être utilisée pour modifier les séquences des protéines et vérifier leur théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer,...). Ils étudient également d'autres protéines situées près du récepteur ACE2 qui pourraient faciliter l'entrée du virus afin de voir si elles se comportent de la même façon.

L'étude:
L'article "SARS-CoV2 infectivity is potentially modulated by host redox status", par Jaswinder Singh, Rajinder S. Dhindsa, Vikram Misra et Baljit Singh, a été publié dans le Computational and Structural Biotechnology Journal.
DOI: https://doi.org/10.1016/j.csbj.2020.11.016
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