💬 Pourquoi parlons-nous de manière fluide sans effort ?

Publié par Adrien,
Source: Nature Human Behaviour
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Comment se fait-il que nous puissions former des phrases nouvelles à chaque conversation, sans effort apparent ? Une interrogation qui occupe les scientifiques depuis longtemps reçoit aujourd'hui une réponse originale. Des travaux récents proposent en effet que notre maîtrise du langage s'appuierait sur des procédés plus immédiats que les théories classiques ne le laissaient entendre.

Des chercheurs en psychologie, Morten H. Christiansen et Yngwie A. Nielsen, ont exploré cette piste dans une étude publiée dans Nature Human Behaviour. Leurs travaux remettent en cause l'idée selon laquelle la grammaire hiérarchique est essentielle au langage. Ils avancent plutôt que nous utilisons couramment des séquences de mots pré-assemblées, comme des pièces de construction réutilisables.


Image d'illustration Pixabay

Traditionnellement, on compare la structure des phrases à un arbre avec des branches. Pour illustrer leur approche, les auteurs proposent une analogie différente: imaginez des blocs LEGO que l'on combine pour créer des formes. De même, notre esprit assemblerait des groupes de mots fréquents, tels que 'dans le milieu de' ou 'je me demande si', sans recourir à des règles abstraites très élaborées. Ces éléments servent alors de base pour construire des énoncés complets, un peu comme on utilise des modules prêts à l'emploi.

Appelées non-constituantes, ces séquences ne correspondent pas aux unités grammaticales classiques. Pourtant, elles sont omniprésentes dans nos échanges. Les scientifiques ont constaté que même ces patterns linéaires influencent notre compréhension, ce qui indique qu'ils font partie intégrante de notre connaissance intuitive de la langue. Par conséquent, cette observation vient étoffer notre vision de la façon dont nous maîtrisons le parler au quotidien.

Pour appuyer leur hypothèse, l'équipe a mené des expériences d'eye-tracking et analysé des conversations téléphoniques. Il en ressort que lorsque nous rencontrons une séquence de mots déjà entendue, nous la traitons plus rapidement. Cet effet d'amorçage montre que ces modèles sont stockés en mémoire et facilitent la production du langage. En réalité, notre cerveau s'appuie donc sur des répétitions courantes pour gagner en efficacité.

Cette perspective ouvre des pistes pour comprendre comment les enfants apprennent à parler ou comment les adultes acquièrent une nouvelle langue. Si la syntaxe hiérarchique n'est pas indispensable, la frontière entre le langage humain et les systèmes de communication animale pourrait être moins marquée qu'on ne le pensait. Les chercheurs estiment que ces découvertes pourraient inspirer de nouvelles approches pédagogiques.

Ainsi, cette étude invite à reconsidérer les fondements de notre faculté linguistique. Elle montre que la simplicité des patterns d'usage courant joue un rôle clé, complétant les théories grammaticales établies.
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