
Une goutte de mercure, seul élément métallique liquide à température ambiante
"Le temps de réponse d'un écosystème à la présence du mercure était inconnu. Nous voulions savoir à quelle vitesse ce métal pouvait être éliminé de la chaîne alimentaire si nous cessions de polluer", précise Marc Amyot. Comme il est impossible de supprimer le mercure déjà présent dans un environnement naturel, les chercheurs ont élevé le niveau de mercure dans un lac et dans son bassin versant afin d'observer sa vitesse d'assimilation par les organismes. Les chercheurs ont constaté que le mercure déposé directement dans le lac avait contaminé au bout de trois ans les perches se nourrissant de vers et de crustacés. Malgré une hausse de moins de 1% dans l'environnement, le taux de mercure chez les jeunes poissons avait bondi de 30 à 40%.
"Le nouveau mercure, transporté par la pluie, est beaucoup plus réactif que celui fixé à la matière organique, explique Marc Amyot. Il peut être méthylé, c'est-à-dire rendu assimilable par l'organisme, plus rapidement. Ce qu'on trouve chez les poissons est proportionnel à ce qui tombe dans le lac." A la lumière de leurs résultats, les chercheurs estiment toutefois que, si les émissions aériennes cessaient, la décontamination des poissons serait aussi rapide que l'augmentation observée au terme de l'expérience, d'où leur conclusion principale. Cependant, comme le mercure présent dans l'organisme s'élimine lentement, la diminution serait principalement observable chez les nouvelles générations.
Source: BE Canada numéro 323 (12/10/2007) - Ambassade de France au Canada / ADIT