Victor a écrit :Si on m'avait donné des statistiques de croissances des arbres sur divers lieux
Le problème d'une forêt justement c'est qu'il n'y a pas que des arbres. Le reboisement, c'est bien gentil mais planter les mêmes espèces alignées en rang d’Oignon, ça fait pas des forêts. Une forêt, c'est toute une biodiversité d'espèce de végétaux, de champignons, de lichens, etc. Et des forêts primaires il en reste combien en France métropolitaine ? En plaine ? Bah nada.
Quand on parle de changement climatique, c'est pas le fait de devoir installer la clim' pour l'été qui est grave, c'est la perte de la biodiversité compris dans une extinction massive des espèces. Le drame c'est pas la température, c'est les conséquences. Et le changement climatique n'est qu'un facteur parmi d'autres dans cette nouvelle extinction débutée depuis la Renaissance.
On pourrait croire que la perte d'une diversité des espèces en France ce n'est pas grave. Sauf qu'on laisse disparaître des espèces qu'on connait bien moins que certaines espèces tropicales. Ah oui c'est merveilleux d'étudier les espèces exotiques, de faire des années d'études pour assouvir sa soif d'exotisme. En attendant, on est en train de construire en France métropolitaine un espace totalement aseptisé. Faudra pas s'étonner ensuite si on développe de plus en plus d'asthme ou des allergies. Il parait que c'est lié...
Après, on peut décider d'avoir un espace métropolitain parfaitement "humanisé", avec plus aucun espace en friche, où le moindre espace devra être optimisé. Choix de vie. Sauf que là, personne choisie. On nous dit, "ah mais c'est bon, les écolos nous emm*rdent avec la surpopulation, la planète pourrait encore nourrir dix fois la population actuelle, il y a encore énormément d'espace non cultivés, des zones non habitées, etc." Bah oui ok sauf que c'est ça le problème. Empiéter sur ces territoires. Est-ce qu'on veut d'une planète uniquement fait de cités bétonnées et de champs ? Voire de belles forêts bien rangées ? Bien sûr qu'on peut vivre à 50 milliards avec 15°C en plus. On peut. C'est le "progrès", une certaine forme d'adaptabilité. Sauf que c'est glauque. Être dans un monde où chaque espèce est étiquetée dans un dictionnaire de dix pages semblable aux livres de nos enfants avec les "animaux de la ferme", où chaque espèce aurait résisté à la disparition parce qu'elle a une utilité (évidente) c'est flippant.
Quand je lis des articles comme ça malheureusement, je vois pas bien où ils veulent en venir. Protéger les forêts des plaines en métropole...Oui c'est bien, on est sûr d'être compris à moitié. Le sujet, c'est la biodiversité et le tout urbanisme. Tant qu'on ne règlera pas notre problème d'urbanisation, à savoir quel monde on veut en exposant clairement les enjeux, parler de changement climatique sera toujours du vent. C'est montrer un détail dans un problème d'ensemble plus complexe. Pointez du doigt ce détail et on prend le risque de se voir répondre "heu bah non moi le changement climatique, je m'en fous".Après, les scientifiques ne font pas de politique, mais quand ils écrivent un article, c'est à eux de bien planter le décor et de mettre les choses dans leur contexte.