[News] Le paradoxe du muscle

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Adrien
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[News] Le paradoxe du muscle

Message par Adrien » 26/08/2014 - 0:00:49

Le premier réflexe des professeurs Martin Brochu et Isabelle Dionne a été de croire à un problème; de ne pas trop y porter attention. Ce n’est pas tous les jours qu’on obtient des résultats de recherche à l’encontre d’une idée reçue dans son domaine.

Selon leur étude, publiée en 2001, les femmes ménopausées et obèses qui captaient mal le glucose – donc résistantes à l’insuline – étaient beaucoup plus musculaires que les autres. «À notre grande surprise, les femmes résistantes à l’insuline avaient quatre à cinq kilos de plus de masse maigre», raconte le professeur Brochu, qui s’intéresse à l’impact de l’obésité sur le profil de santé. Lui et sa collègue cherchaient en fait à déterminer pourquoi certaines personnes obèses ne présentent pas ou très peu de problèmes métaboliques associés à l’obésité, comme l’hypertension, la résistance à l’insuline ou l’hypercholestérolémie.

Ces résultats ont laissé les deux chercheurs pantois. «Quand on ouvre un livre de référence dans notre domaine, c’est toujours écrit que plus on a de muscles, plus on devrait capter de glucose. Parce que le muscle aime le glucose. Mais il n’y a jamais vraiment de références à ce sujet. Les chercheurs l’ont tenu pour acquis», explique Martin Brochu. Même s’ils n’étaient pas en mesure de les expliquer, Martin Brochu et Isabelle Dionne savaient que leurs résultats étaient bons.

Ainsi, mettre uniquement le gras sur le banc des accusés ne serait pas tout à fait exact. Il aurait un complice : le muscle… «Pour mieux comprendre l’obésité, il faudrait regarder l’interaction entre la graisse et les muscles», disent les professeurs Brochu et Dionne.

«Depuis 2007-2008, on commence à trouver que ça revient souvent dans la littérature. D’autres groupes de chercheurs à travers le monde arrivent aux mêmes conclusions. Nous ne sommes plus les seuls à fouiller le sujet, mais nous sommes les premiers à avoir agité la sonnette d’alarme», souligne le professeur Brochu.

Bousculer un paradigme

«Comme chercheurs, jamais nous n’aurions imaginé défendre une idée révolutionnaire. Ça nous motive à continuer de l’avant», confie Martin Brochu.

Mais bousculer un paradigme ne se fait jamais sans heurts. Convertir les autres chercheurs reste une tâche difficile. «Soyons honnêtes : le monde de la recherche est quand même assez conservateur», admet-il.

Comment convaincre ses pairs que la perte de masse musculaire pourrait améliorer la santé des femmes obèses? À l’heure actuelle, il est plutôt recommandé d’éviter de perdre de la masse musculaire quand on veut perdre du poids. Fait intéressant cependant, des résultats récents publiés par Martin Brochu et son équipe dans la revue Menopause démontrent que la perte de masse musculaire à la suite suite d'un programme de perte de poids serait associée à des améliorations de la sensibilité à l’insuline chez les femmes ménopausées et obèses.

«On pourrait peut-être appeler ça le paradoxe de la masse musculaire : il n’est peut-être pas aussi bénéfique qu’on pensait d’avoir une grosse masse musculaire dans certains contextes. On commence à s’intéresser davantage à la qualité musculaire. Si la masse n’a pas d’impact, l’important est ce qui se passe dans le muscle», souligne Martin Brochu. Selon ces résultats, les femmes obèses pourraient bénéficier davantage de travailler leur force et leur endurance musculaire de façon à ne pas prendre de masse.

Durant les prochaines années, Martin Brochu et Isabelle Dionne continueront leurs recherches pour mieux comprendre le fonctionnement du muscle. «On commence à avoir plusieurs morceaux du casse-tête. Il faut trouver les autres pour assembler le tout», résume le professeur Brochu.

Source: Université de Sherbrooke

taki
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Re: [News] Le paradoxe du muscle

Message par taki » 26/08/2014 - 9:23:51

C'est fort embêtant pour ces femmes. Pesant beaucoup plus lourd que d'autre, pour bouger normalement et produire la même accélération que tout le monde, il faut qu'elle augmentent leur puissance, le paramètre le plus associé à la prise de poids musculaire il me semble.
Cet effort est d'ailleurs de loin la meilleur explication pour expliquer la présence de cette puissante musculature qu'on les obèses actifs qui pourtant n'ont pas d'activité sportive.

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POB
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Re: [News] Le paradoxe du muscle

Message par POB » 26/08/2014 - 10:48:15

Quand j'ai commencé mon parcours de changement de sexe en mars 2004, je pesais 66kg depuis l'âge de 20ans, oscillant entre 65 et 67 selon les périodes. En septembre 2004, je pesais 63kg et c'était presque certainement un effet des antiandrogènes.
J'avais aussi perdu une régulation thermique normale et l'hiver 2005 fut épouvantable.
Après la chirurgie et l'arrêt des antiandrogènes, j'ai retrouvé ma régulation mais j'étais remontée à 65kg : j'avais pris du gras.

Avec les années et une biologie de vieille dame ménopausée, j'ai pris du gras et de la cellulite, je suis arrivée à 72kg et il fallait vraiment réagir. J'ai donc aggravé mon régime alimentaire et intensifié mon activité sportive, autour du ski et de la marche en montagne avec le parapente sur le dos. J'ai dépassé cette année les 40 000m de dénivelée positive, malgré le temps pourri, et perdu 2kg (et quelques centimètres). Les muscles étant plus denses que le gras, je dois avoir perdu 3kg de gras et gagné 1kg de muscles.
Je suis évidemment très loin de mes performances de jadis (1200m/h à 26 ans) mais à 66 ans 600m/h (avec une pointe à 700m/h sur une course) ce n'est pas minable.
Je ferai du vélo cet hiver, incapable que je suis maintenant de monter une bonne côte, a fortiori un col.

Je ne peux qu'encourager celles qui se sont avachies dans le gras et qui s'épuisent au moindre mouvement à faire du sport, au minimum en salle deux fois par semaine, à faire du vélo, à marcher, à ne plus prendre les ascenseurs quand il y a des escaliers - par exemple dans le métro - et à suivre un régime alimentaire adapté en s'interdisant les graisses, les sucres et les "grignotons" entre les repas ou devant la télé.
Un ami parapentiste de 74 ans vient ainsi de perdre 12kg et maintenant il peut à nouveau courir pour décoller par vent faible, et surtout il peut atterrir sur ses pieds, alors qu'avant il se posait comme un sac de charbon.

Là où il y a une volonté, il y a un chemin (Lao Tseu).
:bieres:
C'est une grande misère de n'avoir pas assez d'esprit pour parler, ni assez de jugement pour se taire. (La Bruyère)

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cisou9
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Re: [News] Le paradoxe du muscle

Message par cisou9 » 26/08/2014 - 17:31:19

__________ :_salut:

Madame Pob n'a fait aucune remontrance et nous a permis de mieux la connaitre.

Merci !!! _____________ :bieres:
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

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