[News] Un drone mieux adapté aux eaux arctiques

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Redbran
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[News] Un drone mieux adapté aux eaux arctiques

Message par Redbran » 14/06/2015 - 0:00:17


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Brigitte Robineau, directrice exécutive de Québec-Océan, et l'ingénieur José Lagunas-Morales, de Takuvik, inspectent le drone peu avant son départ pour la mer de Baffin.
Une équipe de recherche de l'Université Laval a mis au point un drone capable de sillonner les eaux arctiques en toute sécurité, d'y récolter en continu une foule de données biogéochimiques et de les transmettre par satellite à des laboratoires situés des milliers de kilomètres plus loin. Ce drone marin, plus formellement appelé flotteur ou balise Argo, est testé depuis quelques jours dans la mer de Baffin par des chercheurs de Takuvik associés à Québec-Océan. Heureux hasard, les essais sur cet appareil destiné à accroître notre compréhension de l'écosystème marin arctique coïncident avec la Journée mondiale des océans du 8 juin décrétée par l'Unesco.

En 2000, la Commission océanographique intergouvernementale de l'Unesco et l'Organisation météorologique mondiale lançaient le programme Argo dans le but de créer un réseau mondial de balises intégré au système d'observation globale des océans. «Il y a maintenant près de 4 000 flotteurs Argo déployés dans les océans, souligne Brigitte Robineau, directrice exécutive de Québec-Océan. Par contre, en raison des contraintes posées par le froid, la glace de mer et les icebergs, il y en a très peu dans l'océan Arctique. Comme ces instruments peuvent fournir des données très précieuses aux chercheurs qui y mènent des travaux, l'équipe de Marcel Babin et de Claudie Marec a entrepris la conception et la fabrication d'un flotteur adapté à ce milieu.»

Le principal défi consistait à protéger le précieux instrument de la menace posée par les glaces, explique José Lagunas-Morales, ingénieur spécialiste des systèmes embarqués qui travaille sur ce projet depuis 18 mois. Le flotteur, contrairement à ce que son nom porte à croire, passe la plus grande partie de son temps en plongée. «L'appareil récolte des données en faisant des cycles de descente-remontée dont la durée peut être programmée selon les besoins des chercheurs, explique l'ingénieur. Notre flotteur peut descendre jusqu'à 2 000 mètres, il récolte des données lors de la remontée et il doit faire surface pour les transmettre. Tant qu'il est sous l'eau, il est en sécurité. C'est lorsqu'il fait surface qu'il est en danger.»

En effet, une collision avec les glaces pourrait endommager sérieusement le matériel de télécommunication ou les capteurs de température, de salinité, de lumière, de chlorophylle, de profondeur et autres dont est muni le flotteur Argo. Il faut aussi éviter que l'appareil soit emprisonné dans les glaces parce qu'il deviendrait alors inutile pour la recherche. Toute erreur de conception ou de programmation pourrait être très coûteuse, au propre comme au figuré, étant donné que chaque balise vaut environ 90 000$.

José Lagunas-Morales a donc développé un système optique qui permet à la balise Argo de détecter la présence de glace. «Lorsque le flotteur s'approche de la surface, il émet un faisceau laser et la lumière réfléchie est captée et analysée, ce qui permet de distinguer l'eau libre de la glace. Le flotteur n'a besoin que de 1 m2 d'eau libre pour faire surface, mais nous l'avons programmé avec une marge de sécurité de 3 m2.»

Si les tests sont concluants, 4 flotteurs Argo munis de ce système optique de détection des glaces seront déployés dans l'océan Arctique au cours des prochains mois. D'ici trois ans, il est prévu que les chercheurs de Takuvik et de Québec-Océan pourront compter sur des données provenant d'une armada de 23 balises. Ces flotteurs, qui se déplacent au gré des courants, ont une autonomie énergétique de quatre années. Ils serviront notamment à étudier l'effet des changements climatiques sur la production de phytoplancton, les organismes microscopiques à la base de la chaîne alimentaire.

Source: Jean Hamann - Université Laval

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