Les matériaux découverts sur le site archéologique de Maisières-Canal attestent de l'usage de cette technique de chasse 10 000 ans avant les propulseurs conservés les plus anciens actuellement connus. Publiée dans la revue Scientific Reports, cette découverte amène les archéologues à reconsidérer l'âge de cette innovation technologique majeure.

Combinaison de traces d'impact sur un artefact archéologique identifié comme un dard de propulseur grâce aux expériences.
Crédit: TraceoLab/ULiège
L'invention d'armes de chasse à longue portée a eu des conséquences significatives sur l'évolution humaine, modifiant les pratiques de chasse, la dynamique entre les humains et leurs proies, ainsi que le régime alimentaire et l'organisation sociale des groupes de chasseurs-cueilleurs préhistoriques. La date de leur invention et de leur diffusion a donc longtemps fait l'objet de débats animés au sein de la communauté scientifique.
« Jusqu'à présent, il était notoirement difficile de détecter les armes anciennes sur les sites archéologiques, car elles étaient faites de composants organiques qui se conservent rarement », explique Justin Coppe, chercheur au TraceoLab. « Les pointes de pierre, qui armaient les projectiles anciens et qui sont bien plus fréquemment rencontrées lors des fouilles archéologiques, ont été difficiles à associer de manière fiable à des armes spécifiques. »

Exemples de lances expérimentales et de javelots armés de répliques de pointes de silex archéologiques.
Crédit: TraceoLab/ULiège
L'approche novatrice développée par les archéologues du TraceoLab combine l'analyse balistique et la mécanique de la fracture pour mieux comprendre les traces préservées sur les pointes de silex. « Nous avons mené une expérience à grande échelle dans laquelle nous avons tiré des répliques de projectiles paléolithiques avec différentes armes telles que des lances, des arcs et des propulseurs », explique Noora Taipale, boursière de recherche FNRS au TraceoLab.

Christian Lepers se préparant pour un tir de propulseur lors de l'expérimentation menée au TraceoLab.
Crédit: TraceoLab/ULiège
L'excellente correspondance entre l'échantillon expérimental de propulseur et les projectiles de Maisières-Canal a confirmé que les chasseurs occupant le site utilisaient ces armes. Cette découverte encourage les archéologues à appliquer davantage la méthode pour découvrir l'ancienneté réelle des armes à longue portée. Les travaux futurs au TraceoLab se concentreront sur l'ajustement de l'approche analytique à d'autres contextes archéologiques pour atteindre cet objectif.
Source: Scientific Reports