Question (existentielle) sur la décohérence
Publié : 25/03/2007 - 18:50:48
Bonjour,
Je me pose une question sur la décohérence quantique, et j’aimerais beaucoup qu’un spécialiste m’éclaire de ses lumières, s’il veut bien prendre le temps de lire les quelques lignes ci-dessous. Je résume brièvement ce que j’ai compris, ou cru comprendre.
Un atome, ou tout système, possède (ou se présente sous) un état quantique, caractérisé par une superposition intérieure d'états, qui explique certaines propriétés de la matière (les couleurs, la conductibilité ?), et un comportement classique, caractérisé par un état simple, qui explique d'autres propriétés. Si ces deux états, quantique et classique, sont fonctionnels et observables à tout instant, cela suppose qu'ils coexistent dans la matière, de même que la physique quantique coexiste avec la physique classique.
Le passage de l'état quantique au comportement classique, la décohérence, est due aux interactions de l'atome, ou du système, avec son environnement, qui détruisent, brouillent les interférences quantiques du système, et sa superposition d'états intérieurs, donc lui font adopter un comportement classique. (Peut-on dire que l'état quantique est un état individuel d'un système, et l'état décohéré un état collectif ?)
Cette destruction des interférences possède un temps donné, elle n'est pas instantanée : d'après ce que j'ai lu, sa vitesse augmente avec la taille du système, un chat, qui comporte 10 puissance 27 particules, décohère en 10 puissance -23 secondes (c'est pourquoi, pour essayer d'observer la décohérence, on choisit un système de petite taille).
Voilà ma question : tout système, et notamment notre organisme, n'existe-t-il pas à la fois, au même instant (au sens d’un instant donné du monde réel), dans un état quantique, où nos atomes sont dans une superposition intérieure d'états d'énergie, nos particules dans plusieurs positions à la fois, et dans un comportement classique, décohéré, celui où s'appliquent les lois sûres de la physique classique ? Ces deux états, ou comportements, différents, étant séparés par un intervalle de 10 puissance -x secondes, le temps de la décohérence, déterminé par la taille de cet organisme, le nombre de particules qui le constituent ? Et la décohérence, étant liée aux interactions de chacun des atomes avec son environnement, n'est-elle pas un processus permanent dans notre organisme, comme dans tout système, expliquant que tous les objets puissent avoir à la fois des propriétés quantiques et des propriétés classiques ? Enfin, si la vitesse de cette décohérence, dans un objet macroscopique, augmente avec la taille du système, n'y a-t-il pas une frontière qui n'est pas seulement une question de choix de l'observateur d'isoler un système plus ou moins grand, mais une frontière objective, définissant le nombre d'atomes constituant le système et qui interagissent entre eux - qui, en interagissant d'autant plus qu'ils sont plus nombreux, expliqueraient que les interférences quantiques soient brouillées d'autant plus vite ? Mais alors, comment expliquer qu’un atome, en tant qu’il appartient à un système plus petit, comme le foie du chat, devrait décohérer en, mettons, 10 puissance -5 secondes, et en tant qu’il appartient aussi à un système plus grand, comme le chat tout entier, décohère en 10 puissance -23 secondes ?
Pardon pour les approximations scientifiques, et merci beaucoup à celui qui prendra quelques minutes pour me répondre, car j'aimerais vraiment comprendre.
Je me pose une question sur la décohérence quantique, et j’aimerais beaucoup qu’un spécialiste m’éclaire de ses lumières, s’il veut bien prendre le temps de lire les quelques lignes ci-dessous. Je résume brièvement ce que j’ai compris, ou cru comprendre.
Un atome, ou tout système, possède (ou se présente sous) un état quantique, caractérisé par une superposition intérieure d'états, qui explique certaines propriétés de la matière (les couleurs, la conductibilité ?), et un comportement classique, caractérisé par un état simple, qui explique d'autres propriétés. Si ces deux états, quantique et classique, sont fonctionnels et observables à tout instant, cela suppose qu'ils coexistent dans la matière, de même que la physique quantique coexiste avec la physique classique.
Le passage de l'état quantique au comportement classique, la décohérence, est due aux interactions de l'atome, ou du système, avec son environnement, qui détruisent, brouillent les interférences quantiques du système, et sa superposition d'états intérieurs, donc lui font adopter un comportement classique. (Peut-on dire que l'état quantique est un état individuel d'un système, et l'état décohéré un état collectif ?)
Cette destruction des interférences possède un temps donné, elle n'est pas instantanée : d'après ce que j'ai lu, sa vitesse augmente avec la taille du système, un chat, qui comporte 10 puissance 27 particules, décohère en 10 puissance -23 secondes (c'est pourquoi, pour essayer d'observer la décohérence, on choisit un système de petite taille).
Voilà ma question : tout système, et notamment notre organisme, n'existe-t-il pas à la fois, au même instant (au sens d’un instant donné du monde réel), dans un état quantique, où nos atomes sont dans une superposition intérieure d'états d'énergie, nos particules dans plusieurs positions à la fois, et dans un comportement classique, décohéré, celui où s'appliquent les lois sûres de la physique classique ? Ces deux états, ou comportements, différents, étant séparés par un intervalle de 10 puissance -x secondes, le temps de la décohérence, déterminé par la taille de cet organisme, le nombre de particules qui le constituent ? Et la décohérence, étant liée aux interactions de chacun des atomes avec son environnement, n'est-elle pas un processus permanent dans notre organisme, comme dans tout système, expliquant que tous les objets puissent avoir à la fois des propriétés quantiques et des propriétés classiques ? Enfin, si la vitesse de cette décohérence, dans un objet macroscopique, augmente avec la taille du système, n'y a-t-il pas une frontière qui n'est pas seulement une question de choix de l'observateur d'isoler un système plus ou moins grand, mais une frontière objective, définissant le nombre d'atomes constituant le système et qui interagissent entre eux - qui, en interagissant d'autant plus qu'ils sont plus nombreux, expliqueraient que les interférences quantiques soient brouillées d'autant plus vite ? Mais alors, comment expliquer qu’un atome, en tant qu’il appartient à un système plus petit, comme le foie du chat, devrait décohérer en, mettons, 10 puissance -5 secondes, et en tant qu’il appartient aussi à un système plus grand, comme le chat tout entier, décohère en 10 puissance -23 secondes ?
Pardon pour les approximations scientifiques, et merci beaucoup à celui qui prendra quelques minutes pour me répondre, car j'aimerais vraiment comprendre.