Les bactéries du microbiote intestinal ont à la fois une transmission verticale forte, du fait des contacts importants entre parents et enfants, et une transmission horizontale non négligeable, du fait de contacts avec d’autres individus et avec l’environnement de manière générale. Quand les bactéries deviennent fortement dépendantes de leurs hôtes, et qu’elles ne peuvent plus bien survivre dans l’environnement extérieur, la transmission horizontale est réduite. Dans certains cas extrêmes, comme par exemple pour Helicobacter pylori qui réside dans l’estomac, l’histoire évolutive bactérienne reflète alors parfaitement l’histoire évolutive des populations humaines et peut servir de marqueur des migrations humaines récentes.

Collecte de données anthropologiques au Cameroun. © Laure Ségurel
De plus, les souches les plus fidèles aux populations humaines, appartenant souvent au phylum des Firmicutes, semblent avoir évolué vers une plus forte dépendance à l’hôte, comme suggéré par leur génomes réduits et une sensibilité plus forte à des facteurs externes tels que les niveaux d’oxygène et la température.
Ces recherches permettent de mieux appréhender les différences de diversité bactérienne entre populations humaines, avec des implications potentielles en santé publique, et nous aident à comprendre comment les relations symbiotiques hôte-microbiote évoluent dans le temps. De futures recherches seront nécessaires pour étudier dans quelle mesure des adaptations réciproques de l’hôte vers ses bactéries ont accompagné ces évènements de coévolution.
Laboratoire CNRS impliqué:
Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive (LBBE - CNRS / VetAgro Sup / Université Claude Bernard)
Référence:
Taichi A Suzuki; J Liam Fitzstevens; Laure Ségurel et al; Codiversification of gut microbiota with humans; Science; 2022 Sep 16;377(6612):1328-1332.
Contacts:
- Sylvain Charlat -
Correspondant communication | Laboratoire de biométrie et biologie évolutive (LBBE - CNRS / Université Claude Bernard / Vetagro Sup) - sylvain.charlat@univ-lyon1.fr
- Laure Ségurel - LBBE (CNRS / VetAgro Sup / Université Claude Bernard) - laure.segurel@univ-lyon1.fr
Source: CNRS INEE