[News] Megapoli : un air de grandes villes

Biologie, géologie, histoire naturelle, etc...

Modérateur : Modérateurs

Avatar de l’utilisateur
Michel
Messages : 19974
Inscription : 14/07/2004 - 14:48:20
Activité : Ingénieur
Localisation : Cote d'Azur

[News] Megapoli : un air de grandes villes

Message par Michel » 26/12/2009 - 0:00:18

Début janvier, les scientifiques de la mission Megapoli (1) vont observer de près l'air parisien, et plus particulièrement certaines molécules que l'on y trouve : les aérosols organiques. Ces derniers sont une des pièces manquantes pour comprendre la pollution des grandes villes.

Bien que l'on comprenne de mieux en mieux la pollution des grandes villes, certaines micropoussières qui y sont émises restent aujourd'hui mal connues », explique Matthias Beekmann, du Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (Lisa) (2). D'où l'intérêt de l'importante campagne de mesures qu'il coordonne avec le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) (3), et qui va se dérouler du 7 janvier au 15 février prochain en Île-de-France. Pour mieux comprendre l'impact des grands centres urbains sur la qualité de l'air, la mission Megapoli doit quantifier les rejets en aérosols organiques – ces microparticules solides ou liquides composées de milliers d'espèces chimiques dont certaines sont potentiellement toxiques – qui sont produits, directement ou indirectement, par l'activité des vastes agglomérations (4).


Image
Détectée le matin à Paris, une fine couche d'aérosols en provenance du Sahara
se mélange avec ceux d'origine urbaine au cours de l'après-midi.


« Les chercheurs ont besoin d'informations concernant la formation et les quantités de ces particules s'ils veulent pouvoir élaborer des modèles de la qualité de l'air plus précis ou, pourquoi pas, des plans de développement urbain prenant en compte la nuisance atmosphérique », précise Matthias Beekmann. Ce qui explique la nécessité d'une grande étude de terrain dédiée à ces aérosols organiques. Point culminant du programme européen FP7 Megapoli (2008-2011), celle-ci a été mise en œuvre en Île-de-France car « l'agglomération parisienne dispose avec Airparif d'un réseau de surveillance de la qualité de l'air bien développé, explique Matthias Beekmann. Par ailleurs, elle est située au centre de régions rurales souvent boisées, ce qui en fait une zone d'émission de ces polluants à la fois importante et bien délimitée. » Impliquant une vingtaine d'équipes européennes, le projet, inédit en Europe, consiste en deux campagnes destinées à mesurer, en été puis en hiver, la contribution des différentes sources d'aérosols organiques, qu'elles soient primaires (comme les moteurs diesel, les feux de cheminées) ou secondaires (production dans l'atmosphère à partir de composés organiques volatiles – COV – (5) soumis aux effets du soleil). La première de ces grandes opérations a ainsi mobilisé, en juillet dernier, toute une batterie d'équipements pour mesurer quasiment en temps réel la composition chimique des aérosols et des gaz.

Des instruments fixes ont été installés sur trois sites urbains et périurbains : le laboratoire de l'hygiène de la ville de Paris, le site d'expérimentation de l'Institut Pierre-Simon-Laplace (Sirta), à Palaiseau, et le golf de la poudrerie à Livry-Gargan. Les chercheurs ont aussi fait appel à plusieurs camions, lidars (6) et spectromètres mobiles circulant en région parisienne tandis que l'ATR 42, l'avion de recherche opéré par l'unité Safire (7), a effectué, pour sa part, pas moins de onze vols au cours de ce mois dans le nuage de pollution.

Même si ces résultats doivent encore être confrontés avec les informations qui seront recueillies cet hiver, cette première étape a été jugée plus qu'encourageante par les chercheurs. Pour la première fois, ceux-ci ont en effet réussi à observer le panache d'aérosols de Paris jusqu'à une distance de 150 kilomètres de l'agglomération !


Plus sur Megapoli

Le projet européen Megapoli, coordonné par l'Institut danois de météorologie (DMI), implique 23 partenaires de 13 pays. Il a pour objectif de donner une description complète, cohérente et quantitative de l'impact des villes de plus de 10 millions d'habitants sur la qualité de l'air, la composition chimique de la troposphère et le climat. Outre les données disponibles concernant une cinquantaine de grandes métropoles du monde (Moscou, Istanbul, Mexico, Le Caire…), ces scientifiques exploitent les résultats de campagnes réalisées dans le cadre d'autres programmes notamment sur les agglomérations de Londres, de la région Rhin-Ruhr et de la vallée du Pô, dans le nord de l'Italie. À une exception près : Paris où les partenaires de Megapoli effectuent eux-mêmes le travail.


Notes:

(1) Soutenue financièrement par l'Europe, l'ANR (Agence nationale de la recherche), le programme national Insu-CNRS « LEFE-CHAT » et par la région (programme SEPPE).
(2) Laboratoire CNRS / Universités Paris-Est et Paris-Diderot.
(3) Laboratoire CNRS / CEA / Université de Versaille-Saint-Quentin-en-Yvelines.
(4) Les aérosols organiques représenteraient environ la moitié des aérosols fins urbains.
(5) Les COV regroupent de nombreuses substances (butane, propane, solvants, etc.) qui peuvent être d'origines naturelle ou humaine.
(6) Un lidar est une technologie de télédétection et d'analyse par laser.
(7) Service des avions français instrumentés pour la recherche en environnement (CNRS / Météo-France / Cnes).


Source: CNRS (Journal)
Illustration: © J. Cuesta/LMD

Aldaux
Messages : 74
Inscription : 14/11/2009 - 10:29:53
Activité : Enseignant ou Chercheur

Re: [News] Megapoli : un air de grandes villes

Message par Aldaux » 26/12/2009 - 12:12:07

Michel a écrit :ç...) le projet consiste en deux campagnes destinées à mesurer, en été puis en hiver , la contribution des différentes sources d'aérosols organiques, qu'elles soient primaires (comme les moteurs diesel, les feux de cheminées)...

Merci Michel d'avoir osé mentionner le diesel.

Il y a encore des gens qui croient que le diesel pollue moins que le moteur à essence ! Et il y a toujours le contrôle technique "anti-pollution" qui laisse passer les diesels parce qu'il ne mesure que les oxydes de carbone, évidemment. Il ne faut pas toucher au sacro-saint diesel, qui représente près de 60% de la motorisation dans notre pays, surtout que nos raffineries ne produisent pas assez de gasoil et qu'il faut en importer.

Il serait temps que cesse l'ignoble désinformation "officielle" des consommateurs.

Il serait temps que les gens comprennent que le diesel est la principale source d'oxydes d'azote (bien pires que le CO2 question effet de serre) responsables de la pollution atmosphérique, de la formation d'Ozone au niveau du sol, de la formation d'acide nitrique dans les eaux de pluie qui ronge le zinc des toitures et des gouttières, la pierre des cathédrales (à commencer par les gargouilles) et des statues, les pattes des oiseaux, qui défolie les forêts et qui provoque l'eutrophisation des lacs quand ils sont épargnés par la pollution agricole.

Il serait temps que les gens comprennent que la fine poussière noire qui salit leurs baignoires et leurs lavabos en été est due à la suie rejetée par le diesel, que cette suie qui salit tout est aussi dans leurs poumons et qu'elle est cancérigène.
Il faudrait que les préfectures qui conseillent stupidement "de rouler 30km/h moins vite quand elles lancent une "alerte à la pollution" aient le courage de donner l'ordre de laisser les diesels au garage !
Il faudrait que les forces de l'ordre verbalisent les diesels qui émettent des panaches de fumée noire et les gens qui laissent tourner les moteurs au ralenti, au lieu de les couper, quand ils sont à l'arrêt pour plusieurs minutes.

L'image ci-dessous est une cartographie de la pollution au NO2 en Europe, réalisée avec le spectromètre SCIAMACHY. On y voit les zones industrielles majeures et la trace des vents dominants par la pollution transportée, on y voit la pollution très faible à Berlin (où il y a peu d'industrie et une circulation fluide) et énorme à Paris, où il n'y a pas d'industrie chimique ni de centrales thermiques mais du diesel immobile dans des bouchons monstres (l'autoroute A1 est aussi très bien matérialisée).
Image
Image
Unité : 10-5 (une molécule NO2 pour 100 000 molécules de l'air).
Sources : Université de Heidelberg / ESA publiées par La Recherche, décembre 2004 p 13.

Il faudrait avoir du courage politique... mais là on n'a aucune chance parce que les "responsables" n'en ont aucun, ils ne veulent pas mécontenter leurs électeurs ni les transporteurs routiers, les agriculteurs, les taxis, les usagers du diesel.
Alors la France est le pays le plus dieselisé du monde, la pollution galope, les gens sont malades, les lacs meurent, les forêts meurent, les villes sont dégueulasses, les eaux souterraines sont pleines de nitrates, et nous crions dans un désert d'indifférence.
Silence ! On intoxique.
L'esprit scientifique se forme à l'école du doute.

Avatar de l’utilisateur
cisou9
Messages : 9445
Inscription : 12/03/2006 - 15:43:01
Activité : Retraité
Localisation : Pertuis en Lubéron
Contact :

Re: [News] Megapoli : un air de grandes villes

Message par cisou9 » 26/12/2009 - 14:55:13

:_salut:
Merci à Aldaux pour ces précisions. :)
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

basstemperature

Re: [News] Megapoli : un air de grandes villes

Message par basstemperature » 28/12/2009 - 22:33:37

en effet la pollution au diesel est insidieuse et scandaleuse ...

Surtout que bon, les niveaux de consomations des moteurs essences, depuis que le multisoupapes se sont généralisés même sur les faibles cylindrées : il y a quasiment en réalité presque plus de réelles raison de choisir un diesel vu que bien souvent pour un rouleur moyen en france la vrai barre de rentabilité d'avoir pris un diesel est de + en + difficile a franchir ...

Les gens maintenant prennent diesel et surtout turbo D par culture acquise, et qu'ils ont aussi beaucoup pris gout au style de conduite du diesel ... Car il est vrai c'est une conduite moins stressante sur le nombre de km quotidien : la raison :

Le couple a très bas régime couplé au turbo qui permet une conduite très très souple et confortable que l'essence ne peu réellement apporter qu'a partir des 6 cylindres : avec les 4 cylindres essences surtout multi-valves la conduite demande de jouer + de l'accélerateur (sans incidence réelle sur la consomation, mais une incidence sur la zenitude de conduite, faible couple a bas régime : il faut aller le chercher au minimum a tiers ou mi-régime moteur, ce qui fait une différence très nette : bien qu'au final l'essence reste plus performante : mais performance ne rhyme pas avec forcément souplesse d'utilisation ...)

aux USA c'est l'inverse puisque une immense majorité des moteurs a au moins 6 cylindre en essence, du coup ils retrouvent ce confort d'utilisation souple avec l'essence sur la plupart des voitures du marché : bien que le retour au 4 cylindre s'amorce sur ce continent : loi environemental oblige ... Et puis c'est toujours possible parce que l'essence est toujours ridiculement pas cher aux USA malgré les fortes hausses depuis la fin des années 90 ...

Je pense vivement que se généralise la voiture électrique : quand les gens y auront gouté : avec la souplesse d'utilisation et les coup de patate fulgurant a basse vitesse : ils pourront plus s'en passer ... Et ça sera tant mieux !

Mais bon hélas on prévoit une grande généralisation du marché électrique a partir de 2015 mais en vérité le parc électrique de production d'énergie lui : ne suivra absoluement pas et ça m'inquiète un peu : l'état français par exemple sait très bien que d'ici 2015-2020 nous allons avoir jusqu'a 1 millions de véhicules électrique arrivé sur nos routes, pourtant aucune infrastructures suplémentaires pour l'assumer en énergie n'a été décidé : alors que des centrales électriques ce sont des chantiers de 4 a 5 ans !

Aldaux
Messages : 74
Inscription : 14/11/2009 - 10:29:53
Activité : Enseignant ou Chercheur

Re: [News] Megapoli : un air de grandes villes

Message par Aldaux » 29/12/2009 - 15:47:35

Je reviens sur le diesel, motorisation totalement inepte pour les véhicules particuliers.
On dit que le diesel consomme moins... mais ce qu'on ne dit pas c'est qu'en chimie ce n'est pas le volume qui est pertinent, c'est LA MASSE.
Un litre de gasoil pèse 0,9kg contre 0,7kg pour un litre d'essence.
Maintenant quelques calculs simples à portée d'un enfant de 10 ans (allez me chercher un enfant de 10 ans !)
Un véhicule lambda qui consomme 5l/100 de gasoil en consomme en réalité 4,5kg /100km
Pour consommer 4,5kg/100km un véhicule à essence a besoin de 4,5/0,7 = 6,5litres de carburant.
Vous commencez à piger la désinformation ? Non ? Alors je continue :
Nos raffineries produisent des tonnes de produits pétroliers, pas des litres. A cause de la prolifération du diesel, elles ne peuvent pas faire face et il faut importer du gasoil, au prix fort évidemment. Qui paye ?
Je continue :
Les voitures françaises sont classées en "puissance fiscale" ce qui n'a aucun sens sur le plan technique, c'est seulement une grosse ficelle pour favoriser le diesel. A taxation égale, un moteur à essence a une cylindrée de 1300cm³ et un diesel de 1800cm³.
Cherchez l'erreur...
Je continue :
Si le diesel était performant, on en verrait depuis longtemps en rallyes (on n'en a jamais vu), en F1 (ce serait aberrant) et dans les courses du type 24h du Mans. J'ai vu la main levée qui s'agite frénétiquement au fond de la classe...
OK, il y a depuis trois ans Audi et Peugeot qui gagnent au Mans avec des diesels, en asphyxiant les spectateurs, mais c'est au prix d'une magouille infâme au niveau des règlements techniques pour favoriser le diesel et rien ne dit que la combine va pouvoir durer.
A cylindrée égale le diesel, qui de par sa conception tourne à des régimes plus faibles, n'a strictement aucune chance. C'est un type de motorisation adapté aux moteurs gros et lents (bateaux, camions, engins agricoles), pas aux petits moteurs qui prennent des tours.
On n'a jamais vu une moto équipée en diesel.
Certaines voiturettes en sont équipées, un autre scandale parce que cela leur autorise une cylindrée beaucoup plus importante qu'avec des moteurs à essence, 4T ou 2T, performances minables et pollution maximale.
On nous dit qu'un diesel offre une conduite "zen"... mais c'est la même chose avec toutes les grosses cylindrées pour les gens vieux et pleins de fric, qui ne pilotent pas, dorment à moitié dans leur cocon puant et ont évidemment des accidents par inattention, défaut d'anticipation et lenteur à réagir.
Un diesel n'est pas zen mais mou et lent à réagir, c'est parfait pour les gens lents et mous mais cela va trop vite pour eux, ils vont se tuer et emmener du monde. C'est très dangereux un véhicule mou, on a tendance à appuyer sur le champignon et à ne pas bien percevoir la vitesse.
On dit qu'un diesel a du couple... normal, avec la cylindrée ! Il faut comparer ce qui est comparable.
On nous dit aussi que les véhicules diesel durent plus longtemps que les véhicules à essence... mais ce qu'on ne dit pas c'est que les constructeurs fabriquent de la camelote pour que la durée de vie des voitures ne dépasse pas 5 / 6 ans, âge à partir duquel les pannes et casses se multiplient, ce qui incite les gens à changer souvent de voiture, c'est du bizness immonde et c'est un énorme gaspillage de matières premières.

Je roule depuis toujours avec des vieux torquins. J'ai emmené mes deux 4L à plus de 200 000km, mon break R12 à 350 000 (c'était la caisse qui pourrissait, aucun ennui mécanique) et je roule depuis 13 ans avec une R21 de 1986 qui n'a encore "que" 240 000km et qui se porte bien, qui consomme 6,2l/100 de SP95 à 130 sur l'autoroute. Je n'ai jamais possédé de voiture neuve ni de voiture de moins de 120 000km, j'ai décidé que ce genre d'objet valait un mois de salaire et pas un rond de plus.
Contrairement à ce que pensent les gens, il n'est pas nécessaire de faire de la mécanique sur les voitures un peu vieilles, elles ont été pensées à une époque où l'automobile n'était pas un kleenex à quatre roues. Quand on ne lui tire pas trop dessus, une voiture à essence d'avant 1990 est increvable.
Avec les voitures modernes, il est impossible de faire de la mécanique pour se dépanner, tout est électronique et informatisé, c'est une vraie galère au moindre détail qui cloche et cela coûte une fortune en réparations, cela incite aussi les gens à changer souvent de voiture, valeur de revente acceptable pour les véhicules très récents, nulle dès qu'ils ont 5 / 6 ans.

Question pollution, un petit moteur à essence produit moins de saloperies qu'un gros diesel. Un peu plus de CO et de CO2 par litre de cylindrée, peut-être, mais pas du tout de NOx, de SO2, de suie grasse qui salit tout, de particules ni d'hydrocarbures insaturés plutôt plus que moins cancérigènes.
En ville, l'automobile est aberrante et on voit de plus en plus de scooters en attendant les voitures électriques. Le vélo est aberrant parce qu'on respire de la saloperie toxique. Quand on voyage on a honte. On respire très bien à Prague, à Berlin et à Stockholm : il n'y a pas de bouchons, les bus marchent au GPL et les transports sont bien organisés, ils fonctionnent aussi la nuit, une voiture est inutile.
A Paris ou ailleurs, on tousse et on crève de pollution dans les effluents du diesel.

L'automobile est vraiment une pompe à phynances qui marche à la désinformation du consommateur.
L'esprit scientifique se forme à l'école du doute.

Avatar de l’utilisateur
KiNidoz
Messages : 798
Inscription : 20/05/2008 - 15:38:48
Activité : Autre
Localisation : .be

Re: [News] Megapoli : un air de grandes villes

Message par KiNidoz » 02/01/2010 - 16:17:31

Merci Aldaux pour ce que tu dis
- Un but pour notre espèce...
- «L'homme est la nature prenant conscience d'elle-même.» [Elisée Reclus].
- Network Neutrality.
- http://www.nseo.com/jaccepte.htm

Répondre