[News] L'origine neurobiologique du trouble du déficit de l'attention confirmée

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Isabelle
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[News] L'origine neurobiologique du trouble du déficit de l'attention confirmée

Message par Isabelle » 11/04/2014 - 0:00:07

Une étude vient de confirmer, chez la souris, l'origine neurobiologique du trouble du déficit de l'attention (TDA), un syndrome dont les causes restent mal connues. Des chercheurs du CNRS, de l'université de Strasbourg et de l'Inserm (1) ont identifié une structure cérébrale, le colliculus supérieur, dont l'hyperstimulation entraine des modifications de comportement similaires à celles de certains patients souffrant de TDA. Leurs travaux montrent aussi une accumulation de noradrénaline dans la zone concernée, mettant en lumière un rôle de ce médiateur chimique dans les troubles de l'attention. Ces résultats sont publiés dans la revue Brain Structure and Function.

Image
Sur cette image un marquage permet de voir les axones des neurones de la rétine (en rouge)
qui innervent le colliculus supérieur (en bleu) chez une souris « normale ».
© Michael Reber / Institut des neurosciences cellulaires et intégratives
Le trouble du déficit de l'attention touche entre 4 et 8% des enfants. Il se manifeste principalement par une perturbation de l'attention, une impulsivité verbale et motrice, parfois accompagnés d'hyperactivité. Environ 60% de ces enfants présenteront encore des symptômes à l'âge adulte. Il n'existe à ce jour aucun traitement curatif. Seule l'administration de psychostimulants améliore l'état des patients, avec cependant des effets secondaires importants tels que la dépendance. Une controverse persistante autour de l'origine neurobiologique de ce trouble a freiné le développement de nouveaux traitements.

L'étude strasbourgeoise s'intéresse au comportement de souris transgéniques présentant un défaut développemental au niveau du colliculus supérieur. Cette structure, située dans le cerveau moyen, est une plaque tournante sensorielle impliquée dans le contrôle de l'attention et de l'orientation visuelle et spatiale. Les souris étudiées sont caractérisées par une duplication des projections neuronales entre le colliculus supérieur et la rétine. Cette anomalie provoque une hyperstimulation visuelle du colliculus supérieur, dans lequel on trouve également un excès de noradrénaline. Les effets de ce neurotransmetteur, qui varient chez différentes espèces, sont encore mal connus. Cependant, ce déséquilibre en noradrénaline est associé à des changements comportementaux significatifs chez les souris porteuses de la mutation génétique. En les étudiant, les chercheurs ont observé une perte de l'inhibition : les souris hésitent par exemple moins à pénétrer dans un environnement hostile. Elles ont en fait des difficultés à prendre en compte les informations pertinentes et font preuve d'une forme d'impulsivité. Ces symptômes rappellent ceux des patients adultes souffrant d'une des formes du TDA.

Actuellement, les travaux fondamentaux sur le TDA utilisent surtout des modèles animaux obtenus par des mutations perturbant les voies de production et de transmission de la dopamine. Chez les souris au colliculus supérieur malformé, ces voies sont intactes. Les modifications interviennent ailleurs, au niveau des réseaux de neurones du cerveau moyen. Utiliser ces nouveaux modèles permettrait de développer une approche plus globale du TDA, en élargissant le périmètre classique des recherches sur ses causes. Caractériser plus précisément les effets de la noradrénaline sur le colliculus supérieur pourrait donc ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques innovantes.

Notes :

(1) Du Laboratoire de neurosciences cognitives et adaptatives (CNRS/Université de Strasbourg) et de l'Institut des neurosciences cellulaires et intégratives (CNRS)

Source: CNRS

alessandro pendesini
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Re: [News] L'origine neurobiologique du trouble du déficit de l'attention confirmée

Message par alessandro pendesini » 11/04/2014 - 10:54:38

Le trouble du déficit de l'attention touche entre 4 et 8% des enfants. Il se manifeste principalement par une perturbation de l'attention, une impulsivité verbale et motrice, parfois accompagnés d'hyperactivité. Environ 60% de ces enfants présenteront encore des symptômes à l'âge adulte. Il n'existe à ce jour aucun traitement curatif. Seule l'administration de psychostimulants améliore l'état des patients, avec cependant des effets secondaires importants tels que la dépendance. Une controverse persistante autour de l'origine neurobiologique de ce trouble a freiné le développement de nouveaux traitements…….. Dit très justement l’article !

-Il est vrai que certains hyperactifs auparavant non identifiés auraient enfin été détectés. L’intérêt suscité par ce trouble ayant permis de soigner des enfants effectivement perturbés. Un traitement relativement efficace a sans doute permis, à court terme, de les aider à progresser dans leur apprentissage, de diminuer leur agitation, réduire l’impulsivité… en clair : de faire en sorte qu’ils se sentent mieux dans leur peau et évitent de perturber leur entourage. Cette vision apaisante a néanmoins son revers, l’avantage procuré à certains a, pour contrepartie, le tort fait à beaucoup d’autres, car la prévalence accrue du TDAH au sein de la population est souvent due à la fréquence d’un mauvais diagnostic, bien souvent, trop rapide ! Et, comme disait très justement un psychiatre clinicien, « la pression des laboratoires pharmaceutiques conduit souvent, à traiter des enfants qui n’ont absolument pas besoin de l’être, avec une médication pouvant entraîner de lourds effets secondaires allant de l’insomnie à la perte d’appétit, en passant par l’irritabilité, la perturbation du rythme cardiaque, voire la survenue de toute une variété de symptômes psychiatriques bien réels »….. :grrr:
P.S.- La tendance de la psychiatrie biologique dans les pays occidentaux, -UE incluse !- semble s’orienter vers toujours plus de médicaments, plus « d’efficacité », plus de « confort », mais toujours pas d’affirmation décisive sur l’étiologie des désordres. :gueule:

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