
A gauche : détection de la protéine tRip à la périphérie d'un parasite Plasmodium au stade sporozoïte (forme infectieuse présente dans les glandes salivaires du moustique infecté). A droite : détection de l'entrée d'un ARNt exogène (rouge) à l'intérieur d'un parasite Plasmodium au stade sporozoïte, dont le noyau est marqué en bleu.
© Nassira Mahmoudi
Dans cette étude, des biologistes ont identifié une protéine (tRip) localisée à la surface du parasite et capable d'importer à l'intérieur de celui-ci des ARN de transfert (ARNt, des molécules-clés impliquées dans la production de protéines) de l'hôte. C'est la première fois qu'est démontré l'import, à l'intérieur de cellules, d'ARNt exogènes. Les chercheurs ont aussi montré qu'en l'absence de tRip, le parasite n'importe plus d'ARNt, que sa synthèse protéique est réduite et que son développement est sévèrement ralenti dans les cellules sanguines des souris infectées.

La protéine tRip, exprimée à la surface du parasite, lie les ARNt exogènes (via son domaine de liaison aux ARNt en vert) et permet leur entrée dans le parasite.
© Magali Frugier
Du côté de la médecine, la découverte de ce mécanisme permet d'envisager des moyens de faire entrer spécifiquement des molécules thérapeutiques dans le parasite, pour une meilleure efficacité de traitement. D'autant que la protéine tRip – et donc peut-être aussi ce mécanisme d'import – est retrouvée chez les autres parasites de la famille de Plasmodium, les apicomplexes, parmi lesquels les pathogènes humains Toxoplasma et Cryptosporidium.
Notes :
(1) L'OMS a recensé 214 millions de cas de paludisme en 2015, dont 80 % en Afrique subsaharienne.
(2) Les eucaryotes désignent tous les organismes dont les cellules contiennent un noyau renfermant le matériel génétique (par opposition aux procaryotes, qui rassemblent bactéries et archées).
Source: CNRS