
Figure 1: Lors d'une infection, les bactéries présentes dans la cavité abdominale de l'hôte prolifèrent. Pendant cette phase de multiplication, des composants bactériens tels que le peptidoglycane se retrouvent dans le sang circulant (appelé hémolymphe chez les insectes). Les cellules immunitaires possèdent à leur surface un récepteur sentinelle (appelé PGRP) qui détecte la présence de ce peptidoglycane et active une réponse immunitaire pour éradiquer l'infection. Le peptidoglycane est également détecté par les neurones octopaminergiques grâce à une protéine PGRP intra-cytoplasmique. Cette détection neuronale permet à la drosophile de modifier son comportement pour s'adapter à son statut infectieux.
© Julien Royet
L'équipe de Julien Royet étudie les relations entre les bactéries et un hôte eucaryote, la mouche du vinaigre Drosophila melanogaster. Plusieurs équipes, dont celle de J. Royet, ont démontré que la drosophile décèle la présence d'une bactérie en reconnaissant un composant universel de la paroi bactérienne, le peptidoglycane (PGN). La détection du peptidoglycane par un récepteur sentinelle de la drosophile, appelé PGRP (pour "PeptidoGlycan Recognition Protein"), provoque la production par les cellules immunitaires (les cellules de l'intestin et celles du corps gras) de molécules antibactériennes qui détruisent les bactéries infectieuses. Cette production requiert la voie de signalisation NF-?B dont le rôle est également essentiel dans la réponse immunitaire chez l'Homme.

Figure 2: Drosophile infectée par une bactérie. La réponse immunitaire est visualisée par la production d'une protéine qui fluoresce dans le rouge.
© Bernard Charroux
Cette étude montre qu'un même ligand bactérien (le PGN) et une même cascade de signalisation (NF-kB) sont utilisés par les cellules immunitaires pour produire les protéines antimicrobiennes et par les neurones octopaminergiques pour adapter le comportement de ponte de la mouche à son état infectieux. En parallèle, des travaux récents conduits chez la souris, montrent que le PGN produit par les bactéries du microbiote intestinal peut être transloqué dans le cerveau et que des souris mutantes pour une protéine PGRP présentent des troubles du comportement. Ces résultats suggèrent que les mécanismes d'interactions entre bactéries et système nerveux mis à jour chez la drosophile pourraient également exister chez les mammifères.
Source: CNRS-INSB