[News] Comprendre le système gastro-intestinal humain

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Isabelle
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[News] Comprendre le système gastro-intestinal humain

Message par Isabelle » 13/04/2018 - 12:00:27


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Des chercheurs du projet TBET ILC JFN, financé par l'UE, ont mis au point un nouveau modèle pour étudier le système gastro-intestinal humain, dans le but de mieux comprendre son rôle dans la santé en général.

Le système gastro-intestinal est un organe complexe, essentiel à bien des égards pour la santé humaine. Également connu sous le nom d’appareil digestif, il se compose de sept organes importants: la vésicule biliaire, le gros intestin, le foie, l'œsophage, le pancréas, l’intestin grêle et l’estomac. Pris ensemble, ils forment les trois principaux éléments du système gastro-intestinal: la couche épithéliale, qui agit comme une barrière contre l’environnement extérieur; le système immunitaire, qui protège le corps contre les infections; et le microbiote intestinal, à savoir les micro-organismes qui vivent dans les organes intestinaux. De mauvaises interactions entre ces trois éléments peuvent entraîner un dysfonctionnement du système gastro-intestinal.

Un appareil digestif qui fonctionne bien est essentiel pour la santé. Tout problème qui l’affecte peut dès lors entraîner une série de maladies, dont le cancer, le diabète, l’obésité et la maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI). Alors que ces maladies représentent un problème sanitaire public et économique considérable, il est indispensable de trouver de nouvelles manières de traiter les problèmes intestinaux, et c’est exactement ce que le projet TBET ILC JFN financé par l'UE s’attèle à réaliser.

«L’objectif de ce projet visait à étudier les cellules lymphoïdes innées, afin de comprendre leur rôle durant la maladie intestinale», déclare le Dr Joana Neves, la chercheuse principale du projet TBET ILC JFN. Le Dr Neves explique que les cellules lymphoïdes innées (CLI) sont un type spécifique de cellules immunitaires qui se trouvent dans l’appareil digestif et qui remplissent toutes un rôle précis. «Certaines sous-populations protègent contre les infections intestinales, tandis que d’autres favorisent l’inflammation», explique-t-elle. «Par exemple, des patients atteints de la maladie de Crohn accumulent souvent une sous-population particulière de CLI dans leur intestin enflammé, ce qui suggère qu’elles jouent un rôle dans le déclenchement de la maladie.»

Un nouveau modèle in vitro

En se concentrant sur la manière dont les CLI interagissent avec les cellules épithéliales de l’intestin, les chercheurs du projet sont parvenus à mettre au point un nouveau modèle in vitro. «Notre modèle débute par un très petit morceau de l’intestin contenant des cellules souches, qui se développent pour devenir des cellules adultes fonctionnelles de l’intestin», explique le Dr Neves. «Ces cellules souches sont cultivées dans des conditions très précises, dans le but de créer des organoïdes intestinaux, c’est-à-dire des «mini-intestins» en trois dimensions cultivés dans une boîte.»

Le modèle s’appuie sur d’anciennes études centrées sur la manière de cultiver des organoïdes intestinaux et de les utiliser pour définir les conditions favorables à une greffe de cellules immunitaires dans les mini-intestins. Toutefois, le modèle TBET ILC JFN est allé plus loin et permet aux chercheurs, pour la première fois, d’étudier in vitro comment les cellules immunitaires, en particulier les CLI, se développent dans l’environnement intestinal.

Selon le Dr Neves, le nouveau modèle permet aux chercheurs d’étudier la manière dont les cellules immunitaires communiquent avec les cellules épithéliales intestinales. En tant que tel, le modèle est un outil formidable pour identifier l’interaction entre ces cellules et pour tester l’effet des médicaments ou thérapies biologiques sur ces interactions. «La communication entre l’épithélium intestinal et les cellules immunitaires innées est essentielle pour le système gastro-intestinal et la santé systémique», dit-elle. «C’est pourquoi l’utilisation de notre modèle pourrait mener à la découverte de nouvelles molécules importantes dans le traitement des maladies liées à l’inflammation intestinale, et contribuerait donc à améliorer la qualité de vie des patients.»

D’autres bénéfices pour les patients

En plus de partager leurs résultats via des séminaires, des conférences et des publications, les chercheurs du projet s’attardent également sur leur recherche initiale. «Nous créons actuellement des cultures en utilisant des échantillons prélevés auprès de patients, et non sur des souris, souffrant d’une maladie intestinale, afin de mieux traduire nos études sur l’humain et de bénéficier davantage aux patients», conclut le Dr Neves.

Source: © Union européenne, [2018] / CORDIS

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