[News] Analyser les conséquences négatives de la financiarisation

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Isabelle
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[News] Analyser les conséquences négatives de la financiarisation

Message par Isabelle » 30/08/2018 - 12:00:27


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L’histoire récente nous a appris comment la transition d’un capitalisme fondé sur la productivité à un capitalisme financier entraîne davantage d’instabilité, moins d’égalité et la création d’un système qui se détourne de la redistribution des richesses. Le projet FUSION a décrypté cette transition et examiné ses conséquences.

Les tentatives de réforme ont jusqu’à présent échoué à inverser la tendance: chaque année qui passe, la croissance économique est de plus en plus stimulée par les marchés financiers. En réalité, la crise de 2007-2008 a porté le coup de grâce à l’économie fondée sur la productivité: les classes inférieures et moyennes continuent de travailler plus pour moins, et la finance est passée du statut d’instrument utilisé pour fournir des capitaux à l’économie de production à celui de fin en soi, où les spéculateurs peuvent même vivre de la dette publique et privée.

Comme la Dr Matilde Massó, boursière Marie Curie à l’Université de Leeds, l’explique, «le capitalisme financier est beaucoup moins équitable et distributif que l’économie productive qui a marqué la croissance économique entre 1950 et 1970. Les dividendes et les investissements financiers augmentent alors que les salaires et les investissements à long terme dans les équipements, les installations et les machines diminuent ou stagnent.» Il en résulte un écart salarial croissant entre le sommet et le bas de la hiérarchie des sociétés, ainsi qu’un accroissement de la précarité de l’emploi.

Bien que ce phénomène ait déjà été étudié, la plupart de ces efforts ont échoué à fournir une explication systématique sur la relation entre la financiarisation, l’emploi et la répartition des revenus. Cet échec est dû au manque d’accès à des informations fiables sur les variables relatives aux finances et aux investissements des entreprises et de l’industrie, mais aussi à l’absence de consensus sur la manière de mesurer la financiarisation et sur le type d’indicateurs à utiliser pour l’étudier d’un point de vue historique.

Combler cet écart était le principal objectif de FUSION (The effects of financial capital accumulation on employment and wealth distribution). En collaborant avec le Dr Mark Davis de l’Université de Leeds, et en ciblant l’Espagne et le Royaume-Uni, la Dr Massó entendait produire un ensemble unique et précieux de données en recourant à des informations accessibles au public. Le but était de comparer un capitalisme déjà financier (le Royaume-Uni) avec un autre qui semble suivre une autre trajectoire (Espagne).

«Nous avons analysé dans quelle mesure nous pouvions identifier un processus convergeant vers un modèle financier de capitalisme au Royaume-Uni et en Espagne, car il s’agit de deux modèles différents d’organisation économique et de culture. Nous nous sommes intéressés aux sociétés non financières, nous les avons groupées par type d’industrie et avons proposé un nouvel éclairage sur l’hypothèse d’une convergence mondiale vers un modèle financiarisé d’accumulation du capital monétaire des sociétés non financières aux niveaux national et de l’industrie», explique la Dr Massó.

Dans l’ensemble, l’équipe du projet a étudié l’évolution des bilans et des comptes de revenus du capital des 100 premières entreprises répertoriés entre 2000 et 2016, dans les deux pays. Les chercheurs ont noté qu’il existait effectivement une tendance à la convergence dans les deux pays au niveau de l’industrie, où le capital financier augmente non seulement lorsque les bénéfices nets des entreprises augmentent, mais aussi lorsqu’ils chutent dans un contexte de grave crise économique, de précarité et de taux de chômage élevé.

«C’est une découverte très intéressante, car elle implique que la production est devenue de plus en plus dépendante des revenus financiers, et qu’elle se substitue ou complète les bénéfices de la production de biens et de services non financiers», poursuit la Dr Massó.

Le projet a également démontré comment le capitalisme financier affecte les industries différemment en fonction de leurs caractéristiques structurelles. Dans le cas du Royaume-Uni, plus l’industrie est financiarisée, plus l’impact sur la croissance de l’emploi et les salaires sera fort et négatif. En Espagne, toutefois, il n’existe aucune association pertinente entre ces variables, bien que la Dr Massó justifie ce fait par les difficultés à séparer les effets de la crise financière de 2007-2008 de l’effet net produit par le processus de financiarisation lui-même.

«Nous avons également noté une relation inverse et forte entre les dividendes payés et les salaires entre 2000 et 2016 dans les deux pays. En d’autres termes, les grandes sociétés dépensent davantage de capital pour payer les dividendes que les salaires, même dans un contexte caractérisé par une grave crise économique. Ceci a évidemment des conséquences inquiétantes pour des millions de travailleurs en Europe qui ne peuvent qu’accroître leur dette personnelle pour faire face à l’augmentation du coût de la vie», conclut la Dr Massó.

À l’avenir, la Dr Massó et le Dr Davis souhaitent analyser de nouveaux modèles d’argent-monnaie qui favorisent un meilleur équilibre entre le processus d’accumulation monétaire et la création d’emploi. Ils ont évalué toutes les alternatives fournies par le secteur européen FinTech en pleine maturation ainsi que son potentiel à proposer de nouveaux modèles de finance démocratique.

Source: © Union européenne, [2018] / CORDIS

Pendesinialessandro
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Re: [News] Analyser les conséquences négatives de la financiarisation

Message par Pendesinialessandro » 30/08/2018 - 19:11:37

Bonjour

Le libéralisme (nous fait remarquer J.F.Gayraud) est fondamentalement convaincu que le crime n’est qu’un phénomène marginal, une « externalité » qui sera absorbée, « blanchie », par des marchés autorégulateurs qui ne se trompent jamais. Ce qui est faux. Sur des marchés peu ou non régulés, les acteurs les moins honnêtes s’imposent toujours. Faute d’arbitre neutre et capable, l’acteur le plus louche prend toujours le dessus. Pierre Nora disait : on peut entendre sans écouter, écouter sans comprendre, savoir sans croire, croire sans réaliser, réaliser sans agir… L’ordre médiatique impose en grande partie son agenda et sa vision du monde. Avec pour conséquence, par exemple, l’incapacité de nos contemporains à appréhender les phénomènes sociaux réels mais invisibles, ceux passant justement sous le radar de l’infosphère…….Devrions-nous lui donner tort ?

NB :- Les Etats-Unis sont le pays qui, depuis longtemps, fournissent le plus grand nombre de prix Nobel ; mais il serait difficile d’affirmer qu’ils soient la société la plus juste ; la plus égalitaire, la plus efficace sur le plan social, économique et humain.
La personne humaine est devenue une ressource humaine dont le droit à l’existence est fonction de son employabilité qui, à son tour, est fonction de sa rentabilité.

Les groupes dominants, c’est-à-dire les Plutocrates, Oligarques, et certains hommes politiques complices, sans scrupules, dont l’influence sur le monde académique, universitaire et les médias est très grande, ne cessent d’essayer de banaliser, voire de rayer du vocabulaire la notion même de « bien commun » !....Les pauvres sont toujours plus nombreux et pauvres, les riches de plus en plus riches !!!
Être riche « signifie » être plus haut dans la hiérarchie sociale. D’où e désir, le rêve de posséder plus et mieux que les autres.
Cherchez l’erreur ou….l’HORREUR….. :grrr:

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Re: [News] Analyser les conséquences négatives de la financiarisation

Message par cisou9 » 31/08/2018 - 10:22:01

_________________ :_salut:
Pendesinialessandro a écrit :
30/08/2018 - 19:11:37
Bonjour
Les groupes dominants, c’est-à-dire les Plutocrates, Oligarques, et certains hommes politiques complices, sans scrupules, dont l’influence sur le monde académique, universitaire et les médias est très grande, ne cessent d’essayer de banaliser, voire de rayer du vocabulaire la notion même de « bien commun » !....Les pauvres sont toujours plus nombreux et pauvres, les riches de plus en plus riches !!!
Être riche « signifie » être plus haut dans la hiérarchie sociale. D’où e désir, le rêve de posséder plus et mieux que les autres.
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Cela me fait penser à quelqu'un : Le chef des gaulois réfractaires. ______ :_salut: _______
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

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Re: [News] Analyser les conséquences négatives de la financiarisation

Message par Victor » 31/08/2018 - 14:37:25

Le pire c'est que ça échappe à tous les contrôles
et entre autres la démocratie,
ça a quelques choses de purement maffieux
En ce qui concerne la recherche en sciences, Je dirais : Cherche encore !

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