[News] L’extrême vulnérabilité des forêts montagnardes africaines au changement climatique

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[News] L’extrême vulnérabilité des forêts montagnardes africaines au changement climatique

Message par Adrien » 15/01/2019 - 8:00:04

Le contenu en grains de pollen des sédiments lacustres a permis de retracer l’histoire des biomes montagnards du Cameroun au cours des derniers 90 000 ans. Cette étude a montré que les forêts des montagnes tropicales sont extrêmement vulnérables face que changement climatique. L’étude a été menée par une équipe de chercheurs internationale impliquant deux laboratoires français de l’IPSL, engagés dans l’étude du changement climatique du passé: le Laboratoire d'océanographie et du climat, expérimentations et approches Numériques (LOCEAN, Sorbonne Université/CNRS/IRD/MNHN) et le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE/OVSQ, CEA/CNRS/UVSQ).

Car ils présentent des formes et des ornementations spécifiques à la plupart des espèces de plante et sont remarquablement conservés dans les sédiments, les grains de pollen sont des outils puissants pour la reconstruction des végétations du passé et la compréhension de la biodiversité. Comprendre comment les plantes et les biomes qu’elles forment réagissent aux changements climatiques en se basant sur l’expérience du passé est d’autant plus important au Cameroun où les zones de montagnes font partie d’un des points chauds de la diversité mondiale et sont aujourd’hui soumises à une très forte pression anthropique. Une telle connaissance est par ailleurs cruciale pour la mise en place des politiques publiques de conservation face aux changements futurs.

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Le lac Bambili (© A.-M. Lézine) est situé sur la ligne volcanique du Cameroun, un des points chauds de la diversité mondiale à 2273 m d’altitude.
Le lac Bambili, situé sur la ligne volcanique du Cameroun à 2273m d’altitude, a fourni une séquence palynologique unique en Afrique tropicale, la première qui couvre avec précision une aussi longue période, soit la plus grande partie du dernier cycle climatique. Cette séquence permet de suivre avec précision la réponse des biomes montagnards à des situations climatiques extrêmes, glaciaires et interglaciaires. La démarche adoptée consiste tout d’abord à déterminer et compter les grains de pollen afin d’en déduire les variations de la physionomie végétale et de la diversité des espèces, puis de se démarquer du comportement individuel des plantes pour ne prendre en compte que leurs traits fonctionnels qui sont responsables de la manière dont elles répondent aux facteurs environnementaux (plantes herbacées à photosynthèse en C3 ou C4, arbres à feuilles persistantes ou caduques, etc.). On peut ainsi étudier l’évolution des grands ensembles que ces traits fonctionnels forment, les biomes.

L’étude montre que le biome de forêt de montagne du Cameroun a été extrêmement sensible aux changements climatiques contrairement aux forêts de basse altitude qui semblent avoir été d’une beaucoup plus grande stabilité. Sa superficie a considérablement varié au cours du temps, en particulier du fait des mouvements importants de sa limite supérieure. Cette instabilité écologique n’a pas été un frein à la biodiversité exceptionnelle des hautes montagnes du Cameroun mais l’a au contraire favorisée.

L’étude a été financée par l’ANR et le Belmont Forum. Elle a bénéficié du soutien de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) sur place.

Source: CNRS-INSU

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