Addiction à la cocaïne: vers une application chirurgicale dans le noyau subthalamique ?
Publié par Adrien le 20/06/2018 à 00:00
Source: CNRS-INSB
Une équipe de neurobiologistes de Marseille vient de montrer qu'il est possible de prévenir la mise en place de l'addiction à la cocaïne en bloquant une activité anormale dans une région du cerveau appelée le noyau subthalamique. Chez un modèle de rats "addicts", ils montrent que le blocage de cette région limite la rechute après une période d'abstinence (L'abstinence est un renoncement volontaire et durable à la satisfaction d'un appétit ou d'une envie. Dans la plupart des cas, le terme désigne l'abstention de rapports sexuels,...). Ces données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) publiées dans Molecular Psychiatry ouvrent des perspectives dans le traitement de l'addiction (La dépendance est, au sens phénoménologique, une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la...).


Figure: A) Lorsque les animaux s'auto-administrent la cocaïne pendant des sessions de courte durée (ShA, 2 heures), ils atteignent progressivement un niveau stable. Lorsqu'ils ont un accès prolongé de 6h/jour à la drogue (Une drogue est un composé chimique, biochimique ou naturel, capable d'altérer une ou plusieurs activités neuronales et/ou de perturber les communications...) (LgA), pour une même durée illustrée ici (30min) le niveau de consommation augmente, on parle d'escalade de la consommation. B) les couleurs chaudes indiquent l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) enregistrée au sein du noyau subthalamique juste avant le début des sessions d'accès à la drogue pendant la phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) de consommation contrôlée (Short Access (2h)) et pendant la perte de contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) (Long Access (6h)). C) Effet préventif sur l'escalade chez les animaux stimulés (ON, rouge) par rapport aux animaux non stimulés (OFF, blanc) D) Effet thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) sur la ré-escalade après une période d'abstinence chez des rats qui ont escaladé leur consommation de cocaïne.
© Christelle Baunez

Dans les processus qui conduisent à l'addiction, la perte de contrôle sur la consommation (augmentation en terme de dose et fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le mot...) d'usage) est un point (Graphie) de départ. Il est donc important de comprendre son substrat neurobiologique. L'équipe a mis en évidence chez le rat (Le mot « rat » désigne en français, dans le langage vernaculaire certains mammifères rongeurs, le plus souvent du genre Rattus ou au moins de la famille des muridés. Mais certains...) que lors de la perte de contrôle de la consommation de cocaïne, il y a une augmentation anormale d'activité dans une région profonde du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de...): le noyau subthalamique (NST).

Les chercheurs ont également montré qu'empêcher le développement de cette activité anormale par lésion ou stimulation (Une stimulation est un événement physique ou chimique qui active une ou plusieurs cellules réceptrices de l'organisme. La cellule traduit la stimulation par un potentiel d'action, qui est...) cérébrale profonde à haute fréquence permet de bloquer la perte de contrôle et de maintenir une consommation contrôlée et stable. Chez des animaux qui ont déjà perdu le contrôle de leur consommation (ayant montré une escalade de leur consommation ; ce qui est le plus transposable au sujet humain toxicomane), l'application de la stimulation cérébrale profonde du NST réduit la consommation de cocaïne lors d'un épisode de ré-escalade après une période d'abstinence.

Ces résultats suggère que la stimulation cérébrale du NST appliquée à haute fréquence, comme ce qui est actuellement un traitement de la maladie de Parkinson (La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique affectant le système nerveux central responsable de troubles essentiellement moteurs d'évolution progressive.), pourrait avoir une application intéressante chez les usagers de cocaïne dépendants qui rechutent souvent après des périodes d'abstinence.
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