AMIE, l'œil fidèle de la sonde lunaire SMART-1 de l'ESA

Publié par Michel le 15/07/2005 à 00:00
Source: ESA
Après plus de 640 jours de voyage dans l'espace, l'œil de la sonde lunaire SMART-1 fonctionne parfaitement. La caméra AMIE conçue par l'Institut neuchâtelois pour l'exploration spatiale (SPACE-X) aura résisté à de violentes éruptions solaires, se sera adaptée au changement d'orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.) de SMART-1 et aura démontré la faisabilité d'une liaison à grande distance par faisceau laser (Un laser est un appareil émettant de la lumière (rayonnement électromagnétique) amplifiée par émission stimulée. Le terme laser provient de l'acronyme anglo-américain « light...). Les premières photos de la Lune (La Lune est l'unique satellite naturel de la Terre et le cinquième plus grand satellite du système solaire avec un diamètre de 3 474 km. La distance moyenne séparant la Terre de la Lune...) laissent augurer une moisson scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) de premier plan.

La Lune est certainement l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale. Il est...) du système solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le Soleil et des corps célestes ou objets définis gravitant autour de lui (autrement dit, notre...) le mieux connu, des sondes ont tourné et tournent encore autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les...) d'elle, des robots se sont posés sur son sol et l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...) en a même foulé la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique,...). Alors pourquoi ce regain d'intérêt pour notre satellite (Satellite peut faire référence à :)?

"Pour diverses raisons, en envoyant une sonde (Une sonde spatiale est un vaisseau non habité envoyé par l'Homme pour explorer de plus près des objets du système solaire et, pour certaines,...) en orbite autour de la Lune, l'Agence spatiale européenne (L’Agence spatiale européenne (ASE) (en anglais European Space Agency : ESA) est une agence spatiale intergouvernementale fondée le...) voulait tester un nouveau mode de propulsion (La propulsion est le principe qui permet à un corps de se mouvoir dans son espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en force motrice l'énergie fournie par le milieu extérieur ou par un moteur.), la propulsion ionique (Un moteur à ion est basé sur l'accélération de particules chargées (les ions) via un champ électrostatique)", répond Jean-Luc Josset, le responsable de la caméra (Le terme caméra est issu du latin : chambre, pour chambre photographique. Il désigne un appareil de prise de vues animées, pour le cinéma, la télévision...) AMIE qui équipe la sonde européenne SMART-1. "Elle voulait également étudier la présence de glace (La glace est de l'eau à l'état solide.) sur la Lune" précise le directeur de SPACE-X.

En effet, depuis que la sonde américaine Lunar Prospector a détecté en 1998 de l'hydrogène (L'hydrogène est un élément chimique de symbole H et de numéro atomique 1.) au fond de certains cratères, les astronomes sont intrigués. S'il y a de l'hydrogène, est-ce dû à la présence de glace et d'où vient cette glace?

"Pour un institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical...) comme le nôtre, dont les domaines de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) sont justement la planétologie (La planétologie est la science de l'étude des planètes. La discipline recouvre de nombreuses branches de la science ; son domaine d'étude s'étend des...) et l'exobiologie (L'exobiologie (aussi appelée astrobiologie par les anglo-saxons) est une science interdisciplinaire qui a pour objet l'étude des facteurs et processus, notamment géochimiques et biochimiques, pouvant mener à l'apparition...), ces questions sont fondamentales. Y trouver une réponse peut bouleverser notre connaissance de la Lune. Nous avons donc proposé AMIE à L'ESA qui a sélectionné cet instrument" explique Jean-Luc Josset.


Le système d'imagerie AMIE

La première partie de la mission SMART-1 a été couronnée de succès, le moteur ionique (Un moteur à ions est un moteur qui produit sa force de propulsion en projetant des ions à très haute vitesse.) a emmené la petite sonde jusqu'à la Lune en orbite polaire. Succès qui a permis à L'ESA de changer l'orbite de SMART-1, de très elliptique la nouvelle orbite est devenue quasi circulaire. Initialement la sonde devait passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) à 500 km de la Lune au périlune et à 10.000 km à l'apolune. Il n'y avait donc qu'une partie de la Lune (pole sud) qui pouvait être observée avec détails. La nouvelle orbite a toujours un périlune à 500 km du sol mais elle a maintenant un apolune qui n'est plus qu'à 2700 km.

"Conséquence, au lieu de tourner autour de la Lune en 15 heures (L'heure est une unité de mesure  :), SMART-1 établi une révolution en 6 heures et peut prendre des photos sans interruption. Il a donc fallu optimiser les commandes de l'instrument, modifier nos programmes d'acquisition (En général l'acquisition est l'action qui consiste à obtenir une information ou à acquérir un bien.) et la compression des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.), ce fut un gros travail informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le traitement automatique de...)", précise Jean-Luc Josset.


La Lune photographiée par AMIE: Rima Hadley

Mais les résultats sont là, les photos sont de qualité et le programme scientifique peut démarrer. D'une part par la recherche de l'hypothétique glace lunaire (Pour les homonymes, voir Pierrot lunaire, une œuvre de musique vocale d'Arnold Schönberg.), et d'autre part, par la localisation des pics de lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière est intimement liée à la...) éternelle, ces sommets de cratère ( Pour le cratère d'origine volcanique, voir Cratère volcanique Pour le cratère d'origine météoritique, voir Cratère d'impact Pour le cratère formé à la suite d'un effondrement...) où le soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une...) ne se couche jamais.

AMIE n'apportera pas que des photos de la Lune, elle a permis de réaliser une expérience surprenante. Pour palier le faible débit (Un débit permet de mesurer le flux d'une quantité relative à une unité de temps au travers d'une surface quelconque.) des communications que limitent les transmissions hertziennes, l'ESA a décidé d'étudier la faisabilité d'une transmission avec un satellite, le support de la lumière permettant en effet d'augmenter considérablement le débit des données.

La première étape de cette étude, nommée Laser Link, visait à savoir si une caméra était capable de repérer un faisceau laser. La caméra AMIE a donc été mise au défi de détecter un rayon laser envoyé depuis la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande...). "Elle a détecté le faisceau à 50.000 km et 130.000 km, c'est un résultat remarquable, nous allons même peut-être tenter l'expérience alors que nous sommes autour de la Lune !" déclare Jean-Luc Josset.

Cet article vous a plus ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.308 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique