Les premiers ancĂȘtres humains prĂ©sentaient des diffĂ©rences de taille marquĂ©es entre mĂąles et femelles. Une Ă©tude rĂ©cente Ă©claire les comportements sociaux de ces hominines anciens.
La recherche menée par Adam D. Gordon, anthropologue à l'Université d'Albany, révÚle que les mùles d'Australopithecus afarensis et A. africanus étaient nettement plus grands que les femelles. Cette disparité suggÚre une compétition intense entre mùles pour l'accÚs aux partenaires, un trait observé chez certains primates actuels.

Reconstruction approximative d'une femmelle (à gauche) et d'un mùle (à droite) d'Australopithecus afarensis au Musée d'histoire naturelle de Vienne
L'étude, publiée dans l'American Journal of Biological Anthropology, utilise une méthode innovante pour contourner les limites des fossiles incomplets. Elle compare ces anciens australopithÚques à des primates modernes, révélant des différences de taille entre sexes plus prononcées que chez les humains actuels, voire les gorilles.
Les rĂ©sultats indiquent que ces espĂšces vivaient probablement dans des systĂšmes sociaux oĂč la compĂ©tition entre mĂąles Ă©tait fĂ©roce. Cette dynamique pourrait expliquer la taille imposante des mĂąles, tandis que les femelles, plus petites, Ă©taient peut-ĂȘtre adaptĂ©es Ă des contraintes mĂ©taboliques liĂ©es Ă la reproduction.
Cette dĂ©couverte remet en question les prĂ©cĂ©dentes interprĂ©tations de la dimorphisme sexuel chez ces espĂšces. Elle ouvre Ă©galement de nouvelles perspectives sur la diversitĂ© des pressions Ă©volutives qui ont façonnĂ© nos ancĂȘtres, bien avant l'Ă©mergence de l'Homo sapiens.
Qu'est-ce que le dimorphisme sexuel ?
Le dimorphisme sexuel dĂ©signe les diffĂ©rences physiques entre mĂąles et femelles d'une mĂȘme espĂšce, au-delĂ des organes reproducteurs. Ces variations peuvent concerner la taille, la couleur, ou la prĂ©sence de structures spĂ©cifiques comme des cornes ou des plumes.
Chez les primates, un dimorphisme marqué est souvent lié à la compétition entre mùles pour l'accÚs aux femelles. Les mùles plus grands ou plus forts ont généralement un avantage dans ces confrontations, ce qui peut influencer la structure sociale du groupe.
Dans le cas des AustralopithĂšques, la grande diffĂ©rence de taille entre sexes suggĂšre une sociĂ©tĂ© oĂč quelques mĂąles dominants monopolisaient les femelles. Ce scĂ©nario contraste avec celui des humains modernes, oĂč les diffĂ©rences de taille sont moins prononcĂ©es et les structures sociales plus Ă©galitaires.