Des circuits neuronaux différents pour la perception et la confiance

Publié par Adrien le 20/09/2021 à 09:00
Source: CNRS INSB
Lorsque nous prenons une décision, nous sommes plus ou moins confiants d'avoir eu raison. Les scientifiques ont cherché à isoler les processus cérébraux responsables de cette capacité métacognitive en mesurant l'activité neuronale de participants humains pendant une tâche de prise de décision perceptive étendue dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...). Les résultats, publiés dans la revue eLife, suggèrent que la confiance est évaluée tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) au long de la prise de décision par des processus qui culminent dans les zones cérébrales d'ordre supérieur associées au comportement axé sur les objectifs.


Après la présentation d'une image, l'activité neuronale commence dans le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou...) visuel, à l'arrière du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite...), puis l'activité se propage rapidement dans tout le cerveau et se maintient dans le cortex frontal (Un frontal est un équipement informatique.). L'activité neuronale localisée dans une partie à l'avant du cerveau, le cortex orbitofrontal, prédit la confiance de l'observateur au moment où il rapporte sa décision perceptive.
© Tarryn Balsdon

La métacognition, c'est-à-dire la capacité de réfléchir à nos propres pensées et processus mentaux, est essentielle pour l'apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus...) et la communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle,...). Un des aspects de la métacognition est la confiance dans nos décisions, ce sentiment étant une bonne prédiction de leurs exactitudes. Cela s'applique également pour les décisions dites "perceptives", comme les décisions visuelles. Alors que les études comportementales suggèrent des processus cognitifs dissociables pour la perception et la confiance, les études de neuro-imagerie ont jusqu'à présent montré une correspondance (La correspondance est un échange de courrier généralement prolongé sur une longue période. Le...) frappante entre leurs processus cérébraux. Ces résultats expérimentaux fournissent des preuves empiriques directes d'une séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque...) entre les processus neuronaux de la perception et ceux de la confiance.

Les scientifiques ont utilisé une tâche de prise de décision perceptive étendue dans le temps dans laquelle les participants humains ont tendance à prendre leur décision rapidement, tout en continuant à surveiller les évidences sensorielles pour évaluer leur confiance. En utilisant une combinaison (Une combinaison peut être :) de modélisation computationnelle et d'enregistrements dynamiques de l'activité cérébrale par électroencéphalographie (EEG), ils ont pu dissocier les signatures cérébrales associées à la perception et à la confiance dans une même tâche. Alors que les corrélats neuronaux de la préparation de la réponse traduisent un engagement précoce dans les décisions perceptives, une représentation neuronale des évidences accumulées située dans le cortex pariétal et le cortex orbitofrontal supérieur continue de suivre les évidences sensorielles fournies par des stimuli supplémentaires et prédit la précision des jugements de confiance. Ces résultats sont compatibles avec les théories récentes qui suggèrent que la confiance se nourrit d'un processus d'accumulation d'évidences qui culmine dans les régions cérébrales supra-modales associatives et guident notre comportement.

Ici les chercheurs observent des signatures neurales de la confiance, non pas uniquement après que l'observateur s'est engagé à prendre une décision comme le suggéraient les théories précédentes, mais tout au long de la prise de décision perceptive. Ils montrent également que ces signatures neuronales de la confiance peuvent être recrutées séparément des signatures neuronales de la perception, soutenant de manière empirique une dissociation théorique entre ces deux processus. Ces résultats clarifient la nature de la relation entre les processus neuronaux de la perception et de la confiance et soulignent également que la confiance ne peut plus être considérée comme une lecture passive de la perception. Contrairement à cette vision dominante dans la littérature, cette étude fournit de nouvelles preuves que la confiance est un processus de contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de...) actif qui façonne les décisions perceptives à la volée pendant qu'elles sont prises - allant au-delà des rôles classiques de la confiance dans l'apprentissage et la communication en l'absence de retour externe.

Pour en savoir plus:
Separable neural signatures of confidence during perceptual decisions
Balsdon T, Mamassian P, Wyart V.
Elife. 7 sept 2021 doi: 10.7554/eLife.68491.
https://theconversation.com/penser-a-ses-propres-pensees-ou-comment-le-cerveau-sobserve-167314

Laboratoire:
Laboratoire des systèmes perceptifs (CNRS/ENS)
29 rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux...) d'ulm, 75005 Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région...).
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