Comment les allergènes déclenchent des crises d'asthme
Publié par Adrien le 21/03/2018 à 00:00
Source: CNRS
Un véritable capteur: une équipe de chercheurs de l'Inserm et du CNRS au sein de l'Institut de pharmacologie et de biologie structurale (IPBS, CNRS/Université Toulouse III ? Paul Sabatier) a identifié une protéine capable de détecter divers allergènes dans les voies respiratoires à l'origine de crises d'asthme (L'asthme (phon. : [asm]) du latin asthma signifiant « respiration difficile », est une maladie du système respiratoire touchant les voies aériennes...). Cette étude co-dirigée par Corinne Cayrol et Jean-Philippe Girard est publiée dans la revue Nature Immunology le 19 mars 2018. Elle augure des avancées dans le traitement des maladies allergiques.


Production de mucus dans le poumon après inhalation d'un allergène (coupes de poumon, coloration du mucus en rose magenta).
L'hyperproduction de mucus est l'une des caractéristiques de l'asthme allergique. La protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des...) IL-33, un facteur majeur de prédisposition à l'asthme chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme »....), détecte l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) protéase de l'allergène. Elle s'en trouve activée et déclenche une cascade de réactions, dont la production de mucus, associées à l'asthme et aux autres maladies allergiques. Lorsque l'activation (Activation peut faire référence à :) de l'IL-33 est bloquée (à droite), la réaction n'est pas déclenchée.
© Corinne Cayrol et Jean-Philippe Girard / IPBS / CNRS-Université Toulouse III ? Paul Sabatier

Quel est le point (Graphie) commun entre moisissures, pollens et cafards ? Bien qu'ils appartiennent à trois règnes distincts du monde (Le mot monde peut désigner :) vivant, ils peuvent déclencher des crises d'asthme chez les personnes sensibles. En dépit de compositions très différentes, ils partagent un point commun: ils contiennent tous des enzymes appelées protéases.

L'équipe de l'IPBS vient d'identifier une protéine humaine réagissant à bon nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'allergènes de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre une...): l'interleukine-33 (IL-33). Lorsqu'ils arrivent dans les voies respiratoires, les allergènes libèrent leurs protéases qui découpent l'IL-33 en fragments hyperactifs à l'origine des réactions en chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) responsables des symptômes allergiques.

Or, il s'agirait d'un mécanisme général de déclenchement des réactions allergiques. En effet, l'IL-33 s'est montrée capable de détecter chacun des 14 allergènes testés, parmi lesquels certains sont présents dans l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec...) ambiant (plusieurs types de pollens, des acariens, des spores de champignons) et d'autres impliqués dans l'asthme professionnel (comme la subtilisine utilisée dans des détergents).

Ces résultats sont d'autant plus importants qu'ils établissent un lien direct entre génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) et environnement. En effet, le gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide ribonucléique...) codant pour l'IL-33 est reconnu comme étant l'un des principaux gènes de prédisposition à l'asthme chez l'humain.

Des essais cliniques en cours ont d'ailleurs pris pour cible cette protéine. Une stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » - est :) que vient confirmer cette découverte d'un mécanisme unique de détection par l'IL-33 des allergènes aériens. Empêcher la production des fragments hyperactifs de l'IL-33 après une exposition aux allergènes pourrait, par exemple, permettre de limiter les réactions allergiques sévères chez les patients asthmatiques.

Ces travaux ont été financés par l'Agence nationale pour la recherche (ANR).
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