Découverte en France des plus anciennes traces de domestication du feu

Publié par Isabelle le 21/09/2021 à 13:00
Source: CNRS INSU

Caune de l'Arago, Tautavel, département Pyrénées-Orientales
La communauté scientifique estime que les premières traces de la domestication du feu par l'Homme en Europe remontent à - 400 000 ans. Néanmoins, une équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) a récemment découvert des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de...) de feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation...) vieilles de 560 000 ans dans la Caune de l'Arago, reculant de 160 000 ans l'âge des plus anciennes traces déjà connues dans cette grotte des Pyrénées-Orientales.

Le remplissage sédimentaire de la Caune de l'Arago, déposé entre - 700 000 et - 100 000 ans, en fait un site archéologique unique en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un...) pour rechercher les premières traces de l'utilisation du feu par l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo...). Pour mettre au jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) ces très anciennes traces de feu, les chercheurs ont appliqué des méthodes de susceptibilité magnétique leur permettant de retrouver les niveaux de minéraux magnétiques formés lors d'épisodes thermiques dans les niveaux les plus anciens du remplissage de la grotte.

Les mesures de susceptibilité magnétique in situ ont mis en évidence deux pics localisés dans les niveaux RFB et Q4, datés à 260 000 et 560 000 ans respectivement, dans lesquels sont associés des charbons de bois et des minéraux magnétiques qu'il est possible de former par chauffes à partir des oxydes de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le...) initialement présents dans les sédiments. Le niveau RFB est connu pour abriter des charbons d'origine anthropique et leur redécouverte guidée par la susceptibilité magnétique valide l'approche. En revanche, les traces de feu découvertes dans le niveau Q4, daté à ≈ - 560 000 ans est une première et pourrait repousser de 160 000 ans la date de la première utilisation du feu en France.

L'hypothèse que ces traces de feu seraient dues à des paléoincendies extérieurs doit être considérée, mais elle impliquerait la conservation, lors du transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus...) dans la grotte, de l'étroite association des minéraux magnétiques et des charbons formés par le feu dans un même niveau et semble donc difficile à retenir. Si l'origine de ces traces reste un sujet brulant, la méthode pourrait être utilisée dans d'autres sites pour élargir nos connaissances sur l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) du feu au Paléolithique, si important dans l'adaptation des humains à leur environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et...).


Légende:
(a) Profil de susceptibilité magnétique effectué dans la grotte. La flèche rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait...) indique le pic de susceptibilité dans le niveau Q4 dont l'âge est estimé à -560 000 ans par ESR/U-Th, dans lequel les charbons de bois ont été trouvés.
(b) Niveaux et âges correspondants. Le niveau RFB correspond à des sédiments où des résidus d'utilisation du feu étaient connus.
(c) Charbons de bois et charbons vitrifiés, découverts dans le pic susceptibilité magnétique dans le niveau Q4.

En savoir plus:
Search for early traces of fire in the Caune de l'Arago at Tautavel (Eastern Pyrenees, France) combining magnetic susceptibility measurements, microscopic observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les...) and Raman analysis - CR Geoscience (2021)
D. Deldicque, J.P. Pozzi, C. Perrenoud, C. Falguères, G. Mahieux, A.S. Lartigot-Campin et J.N. Rouzaud.
https://doi.org/10.5802/crgeos.66

Contact:
Damien Deldicque - Laboratoire de Géologie (La géologie, du grec ancien γη- (gê-, « terre ») et...) de l'ENS (LGENS) / ECCETERRA - deldicque at ens.fr
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