L'éléphant de forêt, gardien de la biodiversité et du climat
Publié par Adrien le 07/10/2019 à 08:00
Source: CEA

(c) Thomas Breuer
Aujourd'hui décimés, les éléphants de forêt ne sont plus assez nombreux pour entretenir les forêts tropicales africaines qui ne peuvent plus stocker autant de carbone qu'auparavant. Il devient urgent de rétablir cette précieuse espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la...) dans son habitat !

L'éléphant (Les éléphantidés (Elephantidae) forment l'unique famille de mammifères de l'ordre des Proboscidiens. Cette famille comptait de très nombreuses...) de forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres et d'espèces associées. Un boisement de faible...) était autrefois une espèce très répandue en Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Avec une population de...) centrale et occidentale mais la chasse non durable à l'ivoire, combinée à la destruction des habitats, a eu pour effet de décimer les populations depuis la colonisation de l'Afrique de l'Ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) par les Européens. Il ne reste aujourd'hui que 10% de leur effectif d'origine.

Des chercheurs ont émis l'hypothèse que les éléphants de forêt "façonnent" les forêts en dispersant les graines et en piétinant les petits arbres, ce qui permet aux plus grands arbres d'atteindre des tailles plus importantes et de retenir davantage de biomasse ( En écologie, la biomasse est la quantité totale de matière (masse) de toutes les espèces vivantes présentes dans un milieu naturel donné. Dans le domaine de l'énergie,...).

Pour vérifier cette hypothèse, les scientifiques ont effectué des mesures dans des forêts du bassin du Congo. Ils ont comparé le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) et la taille des arbres de différentes forêts, certaines abritant des éléphants et d'autres, non. Leurs données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) confirment qu'en présence d'éléphants, les forêts comptent davantage de grands arbres et présentent une plus grande abondance d'espèces "hard-wood" (arbres à forte teneur en carbone). Cependant, ces effets de long terme sont difficiles à observer sur le terrain.

C'est pourquoi les chercheurs ont simulé numériquement l'impact des éléphants sur les forêts à l'échelle d'un siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une...). "Les éléphants de forêt sont des gestionnaires naturels de forêts qui éclaircissent les forêts en élaguant ou en enlevant les petits arbres, ce qui augmente la croissance des grands arbres et la production de boisé" explique Fabio Berzaghi du LSCE, qui a dirigé l'étude.

A contrario, le déclin continu des éléphants de forêt dans les forêts d'Afrique centrale conduit à l'accumulation de petits arbres à faible teneur en carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.) ("soft-wood"). Ces forêts pourraient perdre jusqu'à trois milliards de tonnes de carbone, soit l'équivalent de plusieurs années d'émissions globales de CO2. L'impact serait à la fois local et global.

Il est heureusement possible de renverser cette tendance en protégeant les éléphants de forêt. Le retour de ces populations serait à la fois positif pour le stockage du carbone et pour l'intégrité des écosystèmes et la valeur de la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, des populations...) des forêts humides africaines. En dispersant les graines dans la forêt, ils favorisent la germination de plus de cent espèces d'arbres qui fournissent nourriture et habitat aux primates (Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première place ») constituent un ordre au sein des mammifères placentaires. Ce clade regroupe les singes...), oiseaux et insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office pour les insectes et leur environnement (association loi de...).

Références
Carbon stocks in central African forests enhanced by elephant disturbance, Nature Geoscience
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