Du nouveau sur la chute de Neandertal
Publié par Michel le 07/09/2009 à 00:00
Source: CNRS
Illustration: © Fabre/Service d'Anthropologie Biologique Marseille
Des agressions par l'homme moderne et un éparpillement génétique pourraient expliquer l'extinction de Neandertal.

Qui était donc Homo neanderthalensis, l'homme préhistorique de Neandertal ? Deux équipes comprenant des chercheurs du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) viennent de publier coup sur coup des études qui permettent de mieux comprendre ce représentant fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement « qui est fouillé ») est le...) du genre Homo (Homo est le genre qui réunit l'Homme moderne et les espèces apparentées. Le genre apparaît entre environ 2,5 et 2 Ma. Toutes les espèces sont éteintes sauf Homo sapiens ; les dernières...). Espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept flou dont il...) bien distincte de notre ancêtre Homo sapiens (Homo sapiens, qui signifie « Homme sage » en latin, ou Homme moderne est une espèce de l'ordre des Primates appartenant à...), celle-ci a vécu en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme...) et en Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou 29,4 %...) occidentale entre 250 000 et 28 000 ans, environ, avant le présent.


Aires de répartition de trois sous-groupes d'individus néandertaliens.
Les points bleus désignent les lieux d'où provient l'ADN qui a permis d'établir cette carte.

Effectuée par une équipe internationale menée par Fernando Ramirez Rozzi, du laboratoire "Dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) de l'évolution humaine: individus, populations, espèces" du CNRS, à Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle...), la première de ces recherches suggère que les relations entre l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère...) de Neandertal et l'homme moderne (Homo sapiens) n'étaient pas au beau fixe... puisqu'elle fait état d'agressions du premier par le second ! Réalisée par les chercheuses marseillaises Silvana Condemi, Anna Degioanni et Virginie Fabre, du laboratoire "Anthropologie bioculturelle", à Marseille, la deuxième étude, elle, confirme l'existence de trois sous-groupes de néandertaliens différents génétiquement. Fondamentaux, ces deux résultats pourraient permettre de mieux saisir les raisons de l'extinction (D'une manière générale, le mot extinction désigne une action consistant à éteindre quelque chose. Plus particulièrement on retrouve ce terme dans plusieurs domaines :) de l'homme de Neandertal il y a environ 30 000 ans, avant que l'Homo sapiens le remplace définitivement en Europe.

"Surprenants, nos résultats suggèrent que les néandertaliens ont été en contact avec les premiers représentant des hommes modernes ; et ces derniers semblent avoir rapporté des corps de néandertaliens dans leur caverne pour les manger...", précise Fernando Ramirez Rozzi. Pour parvenir à cette conclusion, le paléoanthropologue, spécialiste du développement dentaire, et son équipe ont analysé des fossiles trouvés sur le site préhistorique des "Rois", à Moutiers (Charente) dans le Sud-Ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.) de la France, un foyer de la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec...) aurignacienne, la première culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :) attribuée à Homo sapiens.

Les fossiles étudiés correspondent à deux fragments de mâchoire inférieure et à des dents isolées. En analysant la croissance de ces dents, les chercheurs ont pu identifier que l'une des mandibules appartenait à un homme moderne alors que l'autre provenait très probablement d'un néandertalien. Or, "point (Graphie) important: sur la mâchoire que l'on pense provenir d'un homme de Neandertal, on observe des marques de coupures similaires à celles laissées sur les mandibules d'animaux abattus par les hommes modernes, comme le renne. D'où notre conclusion que les néandertaliens ont pu être mangés par les humains", continue le paléoanthropologue.

"Pour ce qui est de nos travaux, pour la première fois nous avons essayé d'en savoir plus sur l'homme de Neandertal sans le comparer à l'homme moderne mais en faisant une analyse génétique (Une analyse génétique est une technique d'analyse du génome des cellules d'un organisme. Les analyses génétiques se pratiquent sur tout type d'organisme. Chez...) à l'intérieur de la population même", enchaîne la chercheuse marseillaise Silvana Condemi. Ses collègues et elle ont tenté de savoir si Homo neanderthalensis, qui occupait une vaste région allant de l'Atlantique à la Sibérie, constituait une population homogène ou s'il formait plusieurs groupes distincts.

Sur des bases anatomiques, comme par exemple la dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa...) des dents, plus grandes dans le Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de l'Europe, les paléoanthropologues envisageaient déjà que les néandertaliens se divisaient en sous-groupes: un en Europe occidentale, un autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit...) de la Méditerranée et un dernier au Proche-Orient (Le Proche-Orient est une région d'Asie et d'Afrique comprenant les pays du sud-est du bassin Levantin (mer Méditerranée). On l'englobe souvent dans le Moyen-Orient. Un synonyme plus ancien est le Levant (là où le...). Pour confirmer cette hypothèse, l'équipe a recouru à des logiciels informatiques permettant de modéliser l'évolution démographique et génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) de la population néandertalienne à partir de quinze fragments d'ADN provenant de douze néandertaliens et décodés depuis 1997.

Au final, les chercheuses ont pu établir l'existence des trois sous-groupes dans la population néandertalienne (un occidental, un méditerranéen et un oriental). Elles suggèrent même l'existence d'un quatrième en Asie occidentale. Les petites variations génétiques de ces différents groupes seraient dues à une microévolution induite par l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre...) où chacun des groupes vivait. L'existence d'une telle subdivision génétique, avec peu de migrations entre les sous-groupes, pourrait avoir fragilisé les néandertaliens et favorisé leur extinction lorsque chaque population s'est vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) soumise à une concurrence – parfois violente – avec l'Homo sapiens.
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