Une nouvelle méthode plus efficace pour diagnostiquer Alzheimer
Publié par Isabelle le 20/09/2019 à 14:00
Source: CEA

CEA
Actuellement, l'analyse anatomique du cortex cérébral par IRM, permet d'appuyer le diagnostic de la maladie d'Alzheimer dans 80 % des cas. Et si l'analyse d'une autre structure cérébrale, pouvait donner de meilleurs résultats ? C'est ce que montre l'équipe de chercheurs associant l'Inserm, l'Université de Paris (L’Université de Paris était l’une des plus importantes et des plus anciennes universités médiévales. Apparue au XIIe siècle, elle est reconnue par le roi...) et le CEA sous la direction de Maxime Bertoux désormais chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche...) Inserm au sein de l'unité 1171 Troubles cognitifs dégénératifs et vasculaires (Inserm / Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Lille / CHU de Lille). Selon son étude publiée dans Neurobiology of Aging, l'analyse de la morphologie des sillons corticaux permettrait de reconnaître la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) d'Alzheimer dans 91 % des cas. En outre, la taille de ces sillons apparaît associée au stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement...) d'évolution de la maladie et du déclin cognitif. Ces travaux suggèrent l'intérêt de cette méthode dans le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et...) et le suivi des patients.

L'analyse anatomique du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses...) par IRM (imagerie par résonnance magnétique) consiste habituellement à mesurer l'épaisseur du cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) cérébral (le tissu aussi appelé "substance grise", qui recouvre les deux hémisphères du cerveau) ou le volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) de plusieurs régions du cerveau comme l'hippocampe, dont l'atrophie est un des premiers signes de la maladie d'Alzheimer. Cette méthode permet de détecter la maladie correctement dans environ 80% des cas. L'équipe de Maxime Bertoux, chercheur Inserm montre que l'analyse des sillons corticaux par IRM fait mieux.

Les sillons sont des circonvolutions du cerveau qui ont tendance, au cours du vieillissement (La notion de vieillissement décrit une ou plusieurs modifications fonctionnelles diminuant progressivement l'aptitude d'un objet, d'une information ou d'un organisme...), à s'élargir. Cette évolution des sillons s'accompagne d'une diminution de l'épaisseur du cortex qui les borde. L'accélération (L'accélération désigne couramment une augmentation de la vitesse ; en physique, plus précisément en cinématique, l'accélération est une grandeur vectorielle qui indique la modification affectant la...) de ce phénomène dans la maladie d'Alzheimer avait été mis en évidence par la même équipe dans de précédents travaux. L'équipe a cette fois cherché à vérifier si l'analyse morphologique des sillons pouvait constituer un marqueur diagnostic de la maladie et de son stade d'évolution.

Les chercheurs ont effectué une IRM cérébrale chez 51 patients atteints de la maladie d'Alzheimer dont certains à un stade précoce et d'autres à un stade avancé, ainsi que chez 29 participants contrôles non atteints par la maladie. Le diagnostic était effectué à l'issue d'un bilan biologique, reposant à la fois sur une ponction lombaire pour rechercher la présence des biomarqueurs de la maladie et sur une imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La...) par émission de positron (En physique des particules, le positron ou positon est l'anti-particule associée à l'électron. Il possède une charge électrique de +1 (contre -1 pour l'électron), le même spin et la même masse que l'électron.) (PET-scan), montrant les dépôts amyloïdes, des accumulations d'agrégats protéiques sous forme de plaques caractéristiques de certaines maladies neurodégénératives.

Les chercheurs ont ensuite utilisé le logiciel (En informatique, un logiciel est un ensemble d'informations relatives à des traitements effectués automatiquement par un appareil informatique. Y sont inclus les instructions de traitement, regroupées sous forme...) Morphologist récemment développé à NeuroSpin (Centre de neuroimagerie du CEA), qui permet de recréer informatiquement à partir d'une IRM un "moule" en négatif du cerveau. Le logiciel a ensuite extrait dans 18 régions de chaque hémisphère cérébral, une valeur moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble...) de la largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En géométrie plane, la largeur est la plus petite des deux mesures d'un rectangle,...) de chaque sillon et de l'épaisseur du cortex les bordant. En parallèle, les chercheurs ont effectué les mesures usuelles du volume de plusieurs régions cérébrales et de l'épaisseur du cortex, afin de comparer ces techniques.

Un algorithme a ensuite permis de corréler l'état de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) de chaque participant (contrôle ou malade) aux mesures obtenues. Les chercheurs ont alors constaté que la largeur d'un groupe de quelques sillons, appartenant notamment aux lobes frontaux et temporaux, était associée à la maladie d'Alzheimer. Il permettait de déterminer l'état de santé des participants dans 91% des cas, contre seulement 80% pour les mesures anatomiques usuelles. En outre, la morphologie des sillons semble évoluer avec les stades de la maladie: ils étaient plus larges chez les patients présentant les déclins cognitifs les plus poussés.

"Ces mesures reflétant l'évolution de la maladie apparaissent corrélées à la performance cognitive, explique Maxime Bertoux, ce qui peut être très utile lors d'essais cliniques évaluant l'efficacité d'un potentiel médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou...). De plus, ces mesures ne nécessitent qu'une IRM et une analyse largement automatisée qui peuvent être réalisées dans de nombreux centres de soin. Cette technique doit encore être validée sur de plus grands échantillons de patients, mais elle pourrait avoir un grand intérêt sur le plan clinique", conclut-il. Le chercheur exploite déjà cette nouvelle approche pour détecter des signatures spécifiques d'autres maladies neurodégénératives, en particulier la démence (La démence (du latin demens) est une réduction acquise des capacités cognitives suffisamment importante pour retentir sur la vie de la personne et entraîner une perte d'autonomie. Les fonctions cérébrales...) fronto-temporale.

Références:
Sulcal morphology in Alzheimer's disease: a marker of early diagnosis, disease severity and cognition, Neurobiology of Aging
Page générée en 0.415 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique