Dans une étude publiée dans la revue Nature Communications, des chercheurs ont exploré pourquoi les moustiques transmettent plus efficacement les souches africaines du virus Zika que les souches asiatiques.
Ils révèlent que cette différence repose sur plusieurs gènes viraux bien précis et qu'il est peu probable que les souches asiatiques, seules responsables d'épidémies humaines, deviennent aussi transmissibles que les souches africaines.
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Le virus Zika, bien connu pour être la cause d'épidémies associées à des malformations congénitales et des troubles neurologiques, est principalement transmis par le moustique Aedes aegypti. Il se divise en deux lignées principales: africaine et asiatique. Or, on constate que les moustiques transmettent plus efficacement les souches africaines du virus que ses variantes asiatiques. Comprendre cette différence s'avère crucial pour évaluer les risques d'épidémies futures et développer des stratégies de prévention efficaces.
Des chercheurs du laboratoire Génomique évolutive, modélisation et santé (GEMS - CNRS / Institut Pasteur) ont utilisé des virus chimériques, issus de constructions génétiques où des segments de génomes parentaux sont échangés, pour comparer ces deux souches et déterminer quels gènes influencent la transmission.
Ils ont ainsi découvert que plusieurs gènes sont responsables de l'efficacité du passage du virus au travers du moustique. Les gènes structuraux, qui façonnent la "coque" du virus, favorisent son internalisation, tandis que les gènes non structuraux participent à la réplication du génome viral et à la production de particules infectieuses.
Les résultats obtenus se révèlent rassurants car ils montrent qu'il est peu probable que les souches asiatiques, seules responsables d'épidémies humaines jusqu'à présent, évoluent par de simples mutations et deviennent aussi transmissibles que les souches africaines. En identifiant les gènes clés impliqués, cette recherche ouvre des perspectives pour de nouvelles cibles thérapeutiques et de prévention.
Ces informations permettront également de mieux anticiper les évolutions futures du virus et de renforcer la lutte contre sa propagation.