🦟 Un antiviral chez les moustiques favorise la dengue

Publié par Adrien,
Source: CNRS INEE
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Pourquoi certains moustiques sont-ils plus susceptibles de transmettre la dengue que d'autres ?

Une équipe de chercheurs a identifié une enzyme génétique dont les variations affectent l'infection à ce virus chez Aedes aegypti, l'espèce considérée comme le vecteur principal de maladies. Cette découverte, publiée dans la revue Nature Communications, révèle pour la première fois qu'un facteur génétique est lié à la sensibilité des moustiques à la dengue. Ce lien pourrait également être associé à leur résistance aux insecticides, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies antivirales.


Image d'illustration Pixabay

Depuis des décennies, les chercheurs tentent de comprendre pourquoi certains moustiques transmettent plus efficacement le virus de la dengue que d'autres. Les études se concentraient jusqu'alors sur les gènes liés à leur système immunitaire classique. Une avancée récente d'une équipe du laboratoire de Génomique évolutive, modélisation et santé (GEMS - CNRS / Institut Pasteur) met en lumière l'importance des voies métaboliques, en particulier les enzymes de la famille des cytochromes P450, dans les interactions entre les moustiques et le virus.

Pour aboutir à ces résultats, les chercheurs ont mobilisé plusieurs techniques de pointe. Ils ont d'abord réalisé des tests d'infection pour observer comment le virus interagissait avec les moustiques. Puis ils ont analysé l'expression des gènes à l'aide de la transcriptomique, une méthode permettant d'identifier les gènes actifs.

En utilisant des outils de silençage génique et de transgénèse, ils ont ensuite isolé un gène spécifique, le CYP4G15, dont les variations dans le promoteur influencent fortement l'infection par le virus de la dengue chez Aedes aegypti. Cette espèce de moustique est considérée comme un des plus importants vecteurs de maladies. Cette étude marque ainsi une première dans l'identification de variations génétiques naturelles liées à la sensibilité à ce virus chez ces moustiques.

Cette découverte suggère également un lien mécanique possible entre la sensibilité au virus et la résistance aux insecticides, les enzymes cytochromes P450 étant connues pour favoriser la résistance des moustiques aux substances chimiques. Elle offre ainsi de nouvelles perspectives pour comprendre les interactions entre les moustiques et les virus, et pourrait conduire au développement de nouvelles stratégies antivirales, renforçant l'espoir de lutter plus efficacement contre la transmission du virus de la dengue.
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