🧪 Datation absolue de peintures préhistoriques, dont celles de Lascaux

Publié par Adrien,
Source: CNRS INC
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Une équipe de recherche menée par une chercheuse du CNRS est parvenue pour la première fois à confirmer précisément l'âge de représentations pariétales de la grotte de Font-de-Gaume (Les Eyzies), selon des travaux parus le 9 mars 2026 dans la revue PNAS.

Jusqu'à présent, il était en effet impossible de dater avec certitude l'art pariétal paléolithique des grottes de la région grâce au carbone 14, y compris celles de Lascaux, les peintures étant réputées ne contenir que des oxydes de fer et de manganèse. Pour autant, jamais aucune étude n'avait confirmé l'absence de carbone.


Image hyperspectrale obtenue par reflectance imaging spectroscopy (RIS) du panneau du Carrefour indiquant un contraste visuel entre les représentations réalisées avec le noir de carbone (en rouge, Cervidé HB14 et Bison HB15) et celles réalisées avec les oxydes de manganèse noirs (en vert, Bison HB14).
© TU Delft, Matthias Alfeld.

Pour effectuer cette vérification, les scientifiques se sont intéressés à la composition chimique de deux dessins noirs, représentant un bison et un masque, en ayant recours à la microspectrométrie Raman et à l'imagerie hyperspectrale. Ces méthodes non-invasives ont permis de révéler des traces de charbon de bois dans les pigments noirs. La présence uniforme de charbon sur l'ensemble des tracés noirs des figures a exclu l'hypothèse d'une contamination liée aux graffitis ou à l'activité touristique dans la grotte.

Des micro-prélèvements ont été autorisés exceptionnellement pour la datation au carbone 14. Bien que cette datation soit difficile à réaliser sur si peu de matière, des analyses ont confirmé une datation au Paléolithique supérieur, un peu plus jeune que jusqu'alors estimé: le bison aurait été peint entre 13 461 et 13 162 calBP, tandis que différentes parties du masque auraient été peintes entre 8 993 et 8 590 calBP, 15 981 et 15 121 calBP, ainsi qu'entre 15 297 et 14 246 calBP.

Grâce à cette nouvelle méthodologie d'analyse, les scientifiques espèrent obtenir la datation précise d'autres figures paléolithiques, ouvrant la voie à une meilleure compréhension de l'art pariétal et des populations qui en sont à l'origine.
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