Troubles du contrôle des impulsions dans la maladie de Parkinson
Publié par Adrien le 07/01/2019 à 08:00
Source: CNRS-INSB
Les symptômes non-moteurs de la maladie de Parkinson (qui incluent les troubles du contrôle des impulsions, liés à la maladie et/ou aux traitements dopaminergiques) altèrent la qualité de vie des patients parkinsoniens au même titre que les symptômes moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie mécanique ou travail.[réf. nécessaire]). Dans cette étude, parue dans la revue Brain, les chercheurs ont identifié les mécanismes neurophysiopathologiques sous-tendant les dérégulations de la prise de décision observées chez des patients ayant un trouble du contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) des impulsions bien spécifique: l'hypersexualité.


Figure: En haut à gauche. Expérience d'IRMf réalisée chez les patients. Placés dans le scanner, les participants devaient choisir entre deux options: attendre 1,5 seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une...) pour visualiser brièvement une image érotique, ou attendre plus longtemps pour voir l'image érotique plus longtemps. Au moment de la prise de décision, l'équipe a identifié quelles régions du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps,...) étaient impliquées dans l'évaluation de ces deux options. A droite. Les patients MP + HS étaient prêt à attendre plus longtemps (taux de décompte temporel moins important) les images érotiques différées que les patients MP-HS et les témoins. (PD+HS: Parkinsoniens ayant des troubles de l'Hypersexualité. PD-HS: Parkinsoniens sans Hypersexualité. On: traitement L-DOPA ; OFF: sans traitement). En bas. Au niveau cérébral, les PD + HS, comparés aux contrôles et à PD-HS, engageaient d'avantage le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) préfronto-ventromédial, lorsque la durée de l'attente proposée augmentait. Cette région cérébrale est connue pour évaluer les différentes options proposées pour présider à la décision.
© Jean-Claude Dreher

Les patients atteints de la maladie de Parkinson (La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique affectant le système nerveux central responsable de troubles essentiellement moteurs d'évolution progressive.) (MP) peuvent développer des troubles du contrôle des impulsions (TCI) sous traitement dopaminergique. Les TCI englobent un large éventail de comportements, tels que l'hypersexualité, le jeu pathologique ou les achats compulsifs. Cependant, les systèmes cérébraux engagés dans des TCI spécifiques restent mal caractérisés.

Dans cette nouvelle étude utilisant l'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la main, soit par...) par résonance (Lorsqu'on abandonne un système stable préalablement écarté de sa position d'équilibre, il y retourne, généralement à travers des oscillations propres....) magnétique fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres en argument. Aujourd'hui, le terme...) (IRMf), les chercheurs ont cherché à déterminer quels systèmes cérébraux sont engagés dans l'attente d'images érotiques chez des patients atteints de MP ayant une hypersexualité (MP+HS), chez des patients sans hypersexualité (MP-HS) et des participants témoins non-atteints. Les patients atteints de MP ont été évalués avec ou sans traitement lévodopa (L-Dopa). Placés dans l'IRMf, les participants devaient choisir entre deux options: attendre 1,5 seconde pour visualiser brièvement une image érotique, ou attendre plus longtemps pour voir l'image érotique plus longtemps. Au moment de la prise de décision, l'équipe a identifié quelles régions du cerveau étaient impliquées dans l'évaluation de ces deux options.

Les patients (MP+HS) étaient prêts à attendre plus longtemps les 'récompenses' (images érotiques) différées que les patients (MP-HS) et les témoins. Ainsi, en utilisant des stimuli érotiques qui les motivent, les patients (MP+HS) se montraient en fait moins impulsifs pour la récompense immédiate. Au niveau cérébral, les (MP+HS), comparés aux contrôles et aux (MP-HS), engageaient d'avantage le cortex préfronto-ventromédial, lorsque la durée de l'attente proposée augmentait, alors que l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y = y·x = 1, si 1...) était vrai pour les groupes contrôles. Cette région cérébrale est connue pour évaluer les différentes options proposées pour présider à la décision. De plus, chez les patients (MP+HS), le traitement à la L-Dopa augmentait encore d'avantage ce biais pour attendre les images retardées ainsi que cette activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) cérébrale par rapport à la période sans traitement L-Dopa.

Pris dans leur ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme...), ces résultats identifient les sites anatomiques et l'effet de la L-Dopa sur le surcroit de motivation (La motivation est, dans un organisme vivant, la composante ou le processus qui règle son engagement dans une action ou expérience. Elle en détermine le déclenchement dans une certaine...) pour les images érotiques chez les patients hypersexuels et pourraient à terme servir à mieux cibler ces sites dans un but thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.).
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