Enivrez vous ! Charles Baudelaire

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Victor
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 28/08/2016 - 14:26:56

La Poule aux œufs d'or

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,

Pondait tous les jours un œuf d'or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable

A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches :

Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tôt être riches ?

Jean de La Fontaine... Les Fables
En ce qui concerne la recherche en sciences, Je dirais : Cherche encore !

Victor
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 15/12/2016 - 15:14:38

Triolets fantaisistes

Sidonie a plus d’un amant,
C’est une chose bien connue
Qu’elle avoue, elle, fièrement.
Sidonie a plus d’un amant
Parce que, pour elle, être nue
Est son plus charmant vêtement.
C’est une chose bien connue,

Sidonie a plus d’un amant.
Elle en prend à ses cheveux blonds
Comme, à sa toile, l’araignée
Prend les mouches et les frelons.
Elle en prend à ses cheveux blonds.
Vers sa prunelle ensoleillée
Ils volent, pauvres papillons.

Comme, à sa toile, l’araignée
Elle en prend à ses cheveux blonds.
Elle en attrape avec les dents
Quand le rire entr’ouvre sa bouche
Et dévore les imprudents.
Elle en attrape avec les dents.

Sa bouche, quand elle se couche,
Reste rose et ses dents dedans.
Quand le rire entr’ouvre sa bouche
Elle en attrape avec les dents.
Elle les mène par le nez,
Comme fait, dit-on, le crotale
Des oiseaux qu’il a fascinés.
Elle les mène par le nez.

Quand dans une moue elle étale
Sa langue à leurs yeux étonnés,
Comme fait, dit-on, le crotale
Elle les mène par le nez.
Sidonie a plus d’un amant,
Qu’on le lui reproche ou l’en loue
Elle s’en moque également.

Sidonie a plus d’un amant.
Aussi, jusqu’à ce qu’on la cloue
Au sapin de l’enterrement,
Qu’on le lui reproche ou l’en loue,
Sidoine aura plus d’un amant.

Charles Cros Recueil : "Le coffret de santal"
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 23/12/2016 - 12:09:09

Iroise

Mer d'Iroise, mer bretonne
Petit bijou où les bateaux volent
Entre le grand large de l'océan,
Et les îles de l'extrême Bretagne

île de Sein et île d'Ouessant
Avec des navigateurs de terres fermes
Entre deux tempêtes de vents
Et des touristes incrédules

Victor dans ses œuvres, Paris le 27 juillet 2013
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 05/02/2017 - 11:50:30

Une quasi citation de Sara Teasdale Poétesse américaine
citée dans chroniques martiennes de Ray Bradbury,
le texte en anglais et sa traduction en français

Il viendra des pluies douces

There will come soft rains and the smell of the ground,
Il viendra des pluies douces et l'odeur de la terre,

And swallows circling with their shimmering sound
Et des cercles d'hirondelles stridulant dans le ciel,

And frogs in the pool singing at night,
Des grenouilles dans les mares qui chanteront la nuit

And wild plum trees in tremulous white;
Et des pruniers sauvages palpitant de blancheur;

Robins will wear their feathery fire,
Les rouges-gorges enflant leur plumage de feu

Whistling their whims on a low fence-wire;
Siffleront à loisir perchés sur les clôtures.

And not one will know of the war, not one
Et personne ne saura rien de la guerre qui fait rage,

Will care at last when it is done.
Nul ne s'inquiètera quand en viendra la fin.

Not one would mind, neither bird nor tree,
Nul ne se souciera qu'il soit arbre ou oiseau

If mankind perished utterly;
De voir exterminé jusqu'au dernier des hommes

And Spring herself when she woke at dawn
Et le printemps lui-même en s'éveillant à l'aube

Would scarcely know that we were gone.
Ne soupçonnera même pas que nous sommes partis.

Sara Teasdale 1884-1933
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 14/02/2017 - 12:50:24

Nous sommes le 14 février 2017 c'est la saint valentin je m'y colle

Saint valant un

Vous savez aujourd'hui on m'a pourri la vie avec la fête des amoureux
Entre deux cadeaux de rien du tout et tous les machins vendus très chers
O grand Amour qui nous tiens, ce n'est que celui là qu'on désire avec force
Mais c'est devenu un commerce qui est sans joie pour nous vendre des fleurs

Valant ce qu'il vaut, le valentin il turbine tous les quatorze février
Je n'ai pas d'amoureuse à ma disposition, je n'ai que des allumettes
Pourquoi frimer, dire sa joie et dire des choses, sur un amour éternel
L'éternité ce n'est pas une boite d'allumettes, elles ne durent qu'une seule fois

Valant un, je pense à deux, qui joue avec trois, dans les histoire d'amours
Le matin du quatorze février, je pense à toutes ceux-là qui sont en couples
Anastasie, m'anesthésie, je murmure à Muriel les mots d'un Éros amoureux
Chère camarade amoureuse, la bandaison ça ne se commande pas vraiment

Un légionnaire romain appointé, au service des taxes sur le temps qui passe
Affectionne sans affect, une jouvencelle, qui reste encore son unique
Tandis que des soldats pillards, ils refondent gaillardement toutes les populations
Valentin crédite sur sa carte bleue, sa Valentine d'un bouquet de roses rouges

Oui mais Madame! Un jour il faudra que je vous parle des milles-et-une nuits
Des aventures de Casanova, et de toute les histoires de culs de la chine ancienne,
Pour que vous oubliez cet idiot, qui a vendu aujourd'hui que sa seule raison de vivre
Éros de pacotille, il n'est là pour que les marchands, ils nous vendent des fleurs

Paris le 14 février 2017 saint Valentin
En ce qui concerne la recherche en sciences, Je dirais : Cherche encore !

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Message par Victor » 03/03/2017 - 11:02:50

Un nom identique à une lettre près
un Poème de François (V)illon

Ballade des contre-vérités

Il n'est soin que quand on a faim
Ne service que d'ennemi,
Ne mâcher qu'un botel de fain,
Ne fort guet que d'homme endormi,
Ne clémence que félonie,
N'assurance que de peureux,
Ne foi que d'homme qui renie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Il n'est engendrement qu'en boin
Ne bon bruit que d'homme banni,
Ne ris qu'après un coup de poing,
Ne lotz que dettes mettre en ni,
Ne vraie amour qu'en flatterie,
N'encontre que de malheureux,
Ne vrai rapport que menterie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Ne tel repos que vivre en soin,
N'honneur porter que dire : " Fi ! ",
Ne soi vanter que de faux coin,
Ne santé que d'homme bouffi,
Ne haut vouloir que couardie,
Ne conseil que de furieux,
Ne douceur qu'en femme étourdie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Voulez-vous que verté vous dire ?
Il n'est jouer qu'en maladie,
Lettre vraie qu'en tragédie,
Lâche homme que chevalereux,
Orrible son que mélodie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.
En ce qui concerne la recherche en sciences, Je dirais : Cherche encore !

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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 20/04/2017 - 12:47:20

Le temps des cerises

J'aime bien tous ces cerisiers en fleurs
Qui nous parlent des couleur pastelles
Et ces mois de mai juin qui nous viennent
Où l'on cueille les cerises toutes rouges et sucrées

Les mois de ce temps heureux des cerises
Ces temps là qui sont chantés pas les anars
Et par tous les poètes du temps heureux
Cerises d'amours et petits cœurs de Pigeons

Ces temps qui reviennent toujours pour nous
Fidèles et réguliers dans notre calendrier
Après alors viennent les temps chauds de juin
Où nos corps sont plus libres et ils se dénudent

L'hiver il est bien fini et le soleil luit pour tous
Fleurs entre des Jonquilles, des Pâquerettes et les Prunus
Et tous ces cerisiers fleuris, fleurs célébrées au japon
Mystères des amours, toutes ces petites cerises rouges

Paris le 19 avril 2017 Victor dans ses œuvres
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par cisou9 » 21/04/2017 - 11:10:55

_
:clapclap: Victor !! ___________ :jap: ___________
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 21/04/2017 - 11:17:12

Merci ! M'sieur
En ce qui concerne la recherche en sciences, Je dirais : Cherche encore !

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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 17/05/2017 - 15:09:50



Fleurs sauvages dans ma rue

Fleurs jaunes, sauvages et affranchies
Je vois ce rien du tout qui nous rafraichit
Des petits soleils jaunes dans le bitume gris
Fleurs qui poussent sans histoires à Paris

Là ! Dans ma rue Haxo toute goudronnée
Quelques fleurs sauvages qui poussent
Sans qu'on ne leur ait rien demandée
Des petits soleils jaunes qui frissonnent

Entre deux voitures et quelques chiens
Ce ne sont que des petit presque riens
Mais la nature qui est bien plus forte
Elle se permet un petit jardin à ma porte

Qui les a planté ? Je ne sais pas vraiment !
Comment sont elles venues là ? Très simplement
Madame nature ! Là ! Vous me faite sourire !
C'est la nature qui nous joue ses petits délires

Combien de temps resteront-elles encore ici
La nature ? C'est une chose plutôt rare à Paris
Entre les pigeons gris et sales qui chient partout
Et ces mauvaises herbes sauvages de rien du tout

Oui! Ces mauvaise herbes... Moi ! Elles me plaisent
Je sais que dire de ces petits riens qui sont à l’aise
Soleils jaunes, implantés dans le Bitume gris
J’y vois la nature sauvage, celle de mon Paris

Texte de Victor Paris 17 mai 2017
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par cisou9 » 17/05/2017 - 18:15:49

Boutons d'or ?? __________ :_grat2: ___________
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

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Message par Victor » 28/07/2017 - 7:25:23

Imagehttps://s1.qwant.com/thumbr/0x0/0/6/d29 ... =1&p=0&a=1[/img]

Le bateau ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur Rimbaud 1854-1891
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par quasieinstein » 03/08/2017 - 10:44:30

A Charles Baudelaire
Paul Verlaine

Je ne t’ai pas connu, je ne t’ai pas aimé,
Je ne te connais point et je t’aime encor moins :
Je me chargerais mal de ton nom diffamé,
Et si j’ai quelque droit d’être entre tes témoins,

C’est que, d’abord, et c’est qu’ailleurs, vers les Pieds joints
D’abord par les clous froids, puis par l’élan pâmé
Des femmes de péché – desquelles ô tant oints,
Tant baisés, chrême fol et baiser affamé ! –

Tu tombas, tu prias, comme moi, comme toutes
Les âmes que la faim et la soif sur les routes
Poussaient belles d’espoir au Calvaire touché !

– Calvaire juste et vrai, Calvaire où, donc, ces doutes,
Ci, çà, grimaces, art, pleurent de leurs déroutes.
Hein ? mourir simplement, nous, hommes de péché.

Paul Verlaine
Nouveautés high-tech et électronique: https://www.bestadvisor.fr/picks/electronics-computers

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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 29/08/2017 - 17:55:12

Cet ennui, dans nos vies

Serait- il plus bien plus facile de parler
D'un monde ordinaire, où tout va bien
Et d'ignorer, toutes ces petites emmerdes
Celles du quotidien, qui peuplent nos vies

J'ai appris une chose, ce que disent les journaleux
C'est qu'on ne parlera jamais et cela c'est sûr
De ces choses de la vie qui sont trop ordinaires
Comme tous les trains qui arrivent à l'heure

Nos vies ordinaires, c'est aussi un ennui quotidien
Ce profond ennui de vivre, mais ce sont aussi nos vies
J'aime savoir, quelques gens, qui vivent ici et là-bas
Et ceux- là ! Qui me parlent de leurs vies et de leurs habitudes

Et quelques fois, je me dis que j'ai envie de les embrasser
D'autres moments aussi, j'ai en moi une envie de pleurer
Parce que je les sais, des absents depuis des éternités
L'éternité ? Oui ! ça reste un truc qui peut vous échapper

Tout là-bas au loin, il y a quelques pas faits dans demain
C'est le lieu des amours immortels et de mes amis morts
Avant de mourir, un jour qui vient, il faudra qu'on se voie
Pour bouffer, tous réunis à table, pour un repas ensemble

Paris le 26 août 2017

NB pour ceux qui lisent ce poème, il n'est pas une invitation
Mais juste ce désir de voir des vrais gens qui sont bien vivants
Et non pas des fantomatiques pseudonymes qui fréquentent l'internet
Ni écrans, ni Smartphones, mais juste des vrais gens avec leurs tronches
En ce qui concerne la recherche en sciences, Je dirais : Cherche encore !

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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 03/10/2017 - 15:18:51

Paroles de la chanson
"Je suis mort qui, qui dit mieux"
par Jacques Higelin


J'suis mort qui, qui dit mieux
Ben mon pauv'vieux, voilà aut'chose
J'suis mort qui, qui dit mieux
Mort le venin, coupée la rose
J'ai perdu mon âme en chemin
Qui qui la r'trouve s'la mette aux choses
J'ai perdu mon âme en chemin
Qui qui la r'trouve la jette aux chiens

J'm'avais collé avec une fumelle
Ben alors ça c'est la plus belle
J'm'avais collé avec une fumelle
L'jour où j'ai brûlé mes sabots
J'lui avais flanqué un marmot
Maint'nant qu'son père est plus d'ce monde
L'a poussé ce p'tit crève la faim
Faut qu'ma veuve lui cherche un parrain.

Elle lui en avait d'jà trouvé un
Eh j'ai pas les yeux dans ma poche
Elle lui en avait d'jà trouvé un
Dame faut prévoir, en cas d'besoin
C'est lui qui flanquera des taloches
A mon p'tiot pour qu'il s'tienne bien droit
C'est du joli, moi j'trouve ça moche
De cogner sur un plus p'tit qu'soi.

Cela dit dans c'putain d'cimetière
J'ai perdu mon humeur morose
Jamais plus personne ne vient
M'emmerder quand je me repose
A faire l'amour avec la terre
J'ai enfanté des p'tits vers blancs
Qui me nettoient, qui me digèrent
Qui font leur nid au creux d'mes dents.

Arrétez-moi si je déconne
Arrétez-moi ou passez m'voir
Sans violettes, sans pleurs ni couronnes
Venez perdre un moment d'cafard
J'vous f'rais visiter des cousins
Morts à la guerre ou morts de rien
Esprit qui vous cligne de l'oeil
Les bras tendus hors du cercueil

Aujourd'hui je vous sens bien lasse
Ne soyez plus intimidée
A mes côtés reste une place
Ne tient qu'à vous de l'occuper
Qu'est c'que tu as ? oui, le temps passe
Et le p'tit va rentrer de l'école
Dis lui q'son père a pas eu d'bol
'L a raté l'train, c'était l'dernier

Attend un peu, ma femme, ma mie
Y'a un message pour le garçon
J'ai plus ma tête, voilà qu'j'oublie
Où j'ai niché l'accordéon
P't'être à la cave, p't'être au grenier
Je n'aurais repos pour qu'il apprenne
mais il est tard, sauve toi je t'aime
Riez pas du pauv'macchabé

Ceux qui ont jamais croqué d'la veuve
Les bordés d'nouilles, les tir à blanc
Qu'ont pas gagné une mort toute neuve
A la tombola des mutants
Peuvent pas savoir ce qui gigote
dans les trous du défunt cerveau

Quand sa moitié dépose une botte de rose
Sur l'chardon du terreau
Quand sa moitié dépose une botte de rose
Sur l'chardon du terreau

Jacques Higelin Vinyle Grattebouille 1970
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par cisou9 » 03/10/2017 - 16:58:53

___________ :_salut:
Ben le Jaques, c'est pas un joyeux !!! :larme: _____
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 04/10/2017 - 10:50:45



Pas content YouTube me crée des emmerdes
parce que je veux voir la vidéo,
ça appartient à qui cette vidéo ? Certainement pas à You-Tube
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Message par cisou9 » 05/10/2017 - 11:04:32

C'est de la pub !! ;) ____
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

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Message par Victor » 05/11/2017 - 14:35:05

La Poule aux œufs d'or

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Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,

Pondait tous les jours un œuf d'or.
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 11/11/2017 - 12:16:41

Le chien

Un chien pelé, boiteux, que personne n'aimait,
Sauva un jour une petite fille
Qui se noyait.Il fut fêté par la famille.
Tout un jour, caressé, il vécut en héros.

On lui donna du sucre, on lui donna des os...
La petite exigea que le soir, à l'étage,
Il dormît au pied de son lit.
L'enfant était choyée.
On dit : «Et s'il salit ?

Un chien galeux sur un tapis, ce n'est pas sage...
Mais elle était au bord des larmes,
On accepta le chien;
En se promettant bien
Qu'on le renverrait, passée cette alarme.

Le chien dormit comme un évêque et fit un rêve.
Une île peuplée de chats,
Dont il était le pacha.
Il cassait quelques reins, le matin, pour l'hygiène,
En se promenant sur la grève ;

Puis, il s'étendait mollement,
Tandis qu'une esclave indigène
Eduquée tout spécialement (Gratter un dos est une science),
Venait le gratter en silence...
Aux repas :Os en abondance...

Il choisissait nonchalamment.
Mais surtout, despotique et tendre,
sur cette île,Régnait une petite fille,
Qui le comblait de sa tendresse...
Il avait de tous temps rêvé d'une maîtresse.


Au réveil, la petite dit : «Il a ronflé.
Je ne veux plus du sale chien, il sent la crotte!
Le chien fut promptement chassé.
La queue basse, il fit une petite trotte,
Reniflant les odeurs charmantes du pavé.

Vers midi il revint s'enquérir du menu,
A tout hasard, l'air ingénu.
On venait justement de laver la cuisine :
La bonne l'expulsa d'un coup de pied au cul.

Les ouvriers, qui sortaient de l'usine,
Défilaient devant la maison du directeur.
Ils portaient des pancartes; ils poussaient des
clameurs.«Plus de salaires de famine ! »
«Assez de travailler pour rien ! »
«Les hommes ne sont pas des chiens ! »

Un homme ramassa une pierre et fit mine
De la lancer vers les fenêtres de l'enfant.
Le chien bondit et le mordit cruellement.
Pris pour le chien de la maison
Et, malgré sa dégaine triste,

Pour un affreux capitaliste —
A défaut de la direction,
Les ouvriers, furieux, lui firent
Son affaire à coups de bâton.
Le chien agonisa doucement sans rien dire,
Langue pendante, sans pouvoir bouger les membres,

Jusqu'au soir, en pensant que la petite fille
Avait été vraiment gentille
De l'avoir couché dans sa chambre...
La bonne pour tout cadeau
Lui apporta un peu d'eau.

Il pensa qu'elle était bien bonne, car en somme,
Elle ne lui devait rien.
Les hommes ne sont pas des chiens,
Mais les chiens ne sont pas des hommes

Animaux Jean Anouilh
En ce qui concerne la recherche en sciences, Je dirais : Cherche encore !

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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 23/11/2017 - 13:30:13

AUTOMNE

Dans le brouillard
s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement
dans le brouillard d’automne

Qui cache les hameaux
pauvres et vergogneux
Et s’en allant là-bas
le paysan chantonne

Une chanson d’amour
et d’infidélité
Qui parle d’une bague
et d’un cœur que l’on brise

Oh ! l’automne
l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont
deux silhouettes grises

Guillaume Apollinaire...Alcools 1913
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par cisou9 » 24/11/2017 - 17:29:01

Victor a écrit :
11/11/2017 - 12:16:41
Le chien
Les hommes ne sont pas des chiens,
Mais les chiens ne sont pas des hommes

Animaux Jean Anouilh
Raymond Devos a fait une histoire la dessus _ !! _____ :lol: ________
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 07/12/2017 - 12:34:06

Un hiver qui est là

Cette période qui est assez sombre de l'hiver
Elle est à vivre comme un passage de nouvelle année
Cette année 2017, elle aurait dû être celle de la fin du monde
Mais Lui... IL en a décidé autrement, alors soyons sage

Après la saint Nicolas, ce jour qui est cet aujourd'hui
Alors vient la sainte Luce, le treize dans une semaine
Et Noël et ses sapins qui brillent, avec les lumières du solstice
Perso je suis né par le choix de mes parents vers la fin janvier

Et je sais déjà que s'il fait très froid à ce moment là
Les jours, ils commencent à se rallonger vraiment
Et ceux-là, ils annoncent l'arrivé du beau printemps
Nous sommes maintenant, au plus sombre de cette période

Curieusement pour moi ! Ma tête, elle va beaucoup mieux
Peut-être que ce sont des souvenirs des Noël de mon enfance
De nos jours je n'aime plus du tout cette fête marchande des marmots
Je ne sais que dire de mes neveux, et là j'en perds tous mes mots

Mais je sais aussi tous ces grands froids qui sont très lumineux
Avec des soleils jaunes pâles dans un tapis de blanc neigeux
Je sais que j'aime cette période, malgré les grands froids
Je sais que ça ne dure jamais longtemps mais l'hiver il est bien là

Paris le 6 décembre 2017 saint Nicolas

Victor le 7 décembre 2017
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par Victor » 22/02/2018 - 13:41:08

L'allumeur de réverbères

L'allumeur de réverbères
Était de petite taille.
Je le vois dans ma mémoire
Comme au temps de mon enfance.
Il marchait d'un pas vif, rapide, léger,
Portant sous le bras son escabeau,
Que devant chaque réverbère,
Avant de l'allumer,
Il posait comme un objet fragile.
De sa ronde quotidienne
Il paraissait se faire une joie,
Celle de parsemer la nuit
De fleurs lumineuses.
Ordonnateur discret
Des pompes funèbres du jour,
Il était toujours de noir vêtu
Mais sa bonne humeur ne le quittait jamais
Et un fin sourire éclairait son visage
Car il était de la douce bienveillance
De ceux qui se suffisent de peu.
Je le rencontrais bien souvent
Et il parlait de la beauté du crépuscule,
e la transparence de l'heure,
De la brièveté de la vie
Que j'avais devant moi
Presque toute encore.
Un soir il me donna une fleur:
"C'est une fleur immortelle", me dit-il,
"Garde-la précieusement
En souvenir de notre amitié
Car un jour je serai mort
Et il n'y aura plus d'allumeurs de réverbères
Mais chaque fois que tu la regarderas
Tu sauras que quelque part,
Dans une étoile peut-être,
Je penserai à toi.

Poème de Jean Mineur Publiciste
Il y a aussi une version de Saint-Exupéry
dans un passage du petit prince
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Re: Enivrez vous ! Charles Baudelaire

Message par cisou9 » 23/02/2018 - 10:33:23

_____________
Très joli ce poème. ;) ____________
Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être et nul ne peux l'en empêcher.
Alexandre Soljenitsyne.

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