[News] L’hippocampe conserve des traces des expériences stressantes et négatives

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Adrien
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[News] L’hippocampe conserve des traces des expériences stressantes et négatives

Message par Adrien » 22/08/2019 - 8:00:05


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Illustration: Wikimedia Commons
La dépression peut être associée à des comportements comme l’évitement social, c’est-à-dire le refus d’être confronté aux situations d’interactions avec d’autres personnes de peur d’être mal jugé ou encore critiqué. Les médecins et autres intervenants en santé mentale ont documenté chez leurs patients atteints de troubles dépressifs des déficits cognitifs, particulièrement au niveau de la mémoire.

Dans l’étude publiée dans la revue Journal for Neuroscience, une équipe de scientifiques de l’Université McGill dirigée par le Dr Tak Pan Wong, professeur au département de psychiatrie de l’Université McGill et chercheur au Centre de recherche Douglas, a démontré en utilisant le stress social chez la souris que la mémoire neuronale des expériences de stress s’explique par une trace biologique dans une région particulière du cerveau, l’hippocampe.

Cette trace biologique au niveau de l’hippocampe pourrait expliquer les difficultés cognitives qui sont fréquemment observées en lien avec la dépression. L’hippocampe jouant un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale enregistrerait les souvenirs liés à des événements négatifs à un réseau de neurones qui s’active de façon coordonnée pour coder la mémoire ̶ qu’on appelle ‘engramme’. Chez les souris susceptibles, l’expérience répétée d’épisodes de stress social a mené à la suractivation de certains engrammes dans l’hippocampe et à l’apparition de comportements liés à la dépression. L’équipe de scientifiques a par ailleurs cherché à modifier des traces mémorielles pour influencer les comportements d’évitement social. Selon leurs résultats, lorsque les engrammes étaient activés, les souris susceptibles avaient plus de comportements d’évitement et à l’inverse, lorsqu’ils étaient désactivés, les comportements d’évitement social diminuaient.

« Même si les réponses aux stress sociaux sont individuellement très variables, l’observation de ce mécanisme chez la souris ouvre une nouvelle voie de recherche pour le traitement de la dépression chez l’humain  », explique le Dr Tak Pan Wong.

Cette découverte, reconnue par la prestigieuse Society for Neuroscience pour son aspect innovateur et son potentiel, offre une nouvelle voie pour comprendre les mécanismes cellulaires du déclin cognitif lié à la dépression.

Ces travaux de recherche ont été financés par des subventions par l’Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

L’article « Negative memory engrams in the hippocampus enhance the susceptibility to chronic social defeat stress » a été publié dans la revue Journal for Neuroscience le 12 août 2019.

Source: Université McGill

Pendesinialessandro
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Re: [News] L’hippocampe conserve des traces des expériences stressantes et négatives

Message par Pendesinialessandro » 22/08/2019 - 17:50:30

Bonjour
-Lorsque nous subissons un stress très important, la réaction de survie lutter-fuir-s’immobiliser déclenche une forte libération de cortisol, une hormone qui peut interrompre temporairement le fonctionnement de l’hippocampe et bloquer la formation des souvenirs implicites. Mais cette intense réaction qui conduit au blocage des souvenirs explicites accroît dans le même temps l’encodage de la mémoire implicite émotionnelle, inscrivant dans des circuits neuronaux qui impliquent l’amygdale, la trace inconsciente de l’expérience traumatique originelle. Ces souvenirs implicites pourront éventuellement réapparaître ultérieurement sous la forme de flashbacks, d’émotions saisissantes et explosives.....
-Peut-on effacer un souvenir traumatique ? Oui, il suffit de le réévoquer tout en affaiblissant, au même moment, les synapses excitées par ce rappel en mémoire. -Les psychothérapies d’inspiration cognitivo-comportementale déconditionnent la peur et le flot de pensées de la victime. En gros, le thérapeute "désinstalle le logiciel" de la peur : l’objectif est que la victime réduise ses comportements d’évitement, qu’elle ne réagisse plus négativement lors de la confrontation à un contexte similaire à celui de l’accident, qu’elle diminue l’intensité de ses réactions émotionnelles. Cette thérapie cognitive et comportementale est une véritable intrusion apaisante dans les systèmes de mémoire des victimes. En ce sens, c’est une manipulation thérapeutique de la mémoire, qui va bien au-delà d’un simple effet placebo

N’oublions jamais que ce sont nos deux mémoires, l’explicite et l’implicite, qui constituent le socle de notre identité
Nous ne nous souvenons pas seulement du résultat factuel, bon ou mauvais, mais aussi de son aspect émotionnel qui nous donne un sentiment intense de familiarité lorsque nous revivons notre passé.
L’amygdale est déjà presque complètement formée à la naissance, la mémoire émotionnelle (dont l’épicentre est l’amygdale) commence elle aussi bien avant les souvenirs explicites. ;)

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