[News] Un, deux, trois, quatre, cinq... et après ?

Pour parler math...

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Michel
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[News] Un, deux, trois, quatre, cinq... et après ?

Message par Michel » 19/10/2004 - 18:10:16

Peut-on calculer si l'on n'a pas de mots pour désigner les nombres ? Pour comprendre les relations qui existent entre connaissance mathématique et faculté de langage, des chercheurs du CNRS et de l'Inserm, Pierre Pica, Cathy Lemer, Véronique Izard et Stanislas Dehaene, se sont intéressés au cas des Mundurucus.

Ces indiens d'Amazonie (Brésil) ont un lexique de noms de nombres qui ne va que jusqu'à 4 ou 5. Les tests réalisés pendant plusieurs mois auprès de cette population, montrent que les Mundurucus ont des difficultés à exécuter des opérations arithmétiques élémentaires avec des quantités exactes, mais qu'ils possèdent une capacité d'approximation des nombres comparable à la nôtre. Ces recherches, publiées dans la revue Science du 15 octobre 2004 suggèrent que la compétence de l'espèce humaine pour l'arithmétique approximative est indépendante du langage ; le calcul exact ferait partie des inventions technologiques qui varient largement d'une population à une autre.


Chez les indiens Mundurucus.

Pour élucider les relations existant entre langage et arithmétique, il faut pouvoir étudier les compétences de calcul dans des situations où le langage des nombres est absent ou réduit. Les Indiens Mundurucus représentent à cet égard une population indigène intéressante.

Pierre Pica a pu réaliser toute une série de tests arithmétiques auprès de 55 indiens, visant à évaluer leurs capacités de calcul exact et approximatif, ces mêmes tests étant réalisés chez 10 Français, pour servir de contrôle.

Le premier objectif était de déterminer l'étendue exacte du lexique mundurucu en termes de noms de nombres et d'analyser avec précision les capacités arithmétiques de cette population.

Plusieurs groupes distincts de participants ont été constitués afin de bien refléter la diversité culturelle, linguistique et géographique des Mundurucus : un groupe d'adultes (hommes et femmes) et un groupe d'enfants ne parlant que le Mundurucu et n'ayant été à l'école, ont été comparé à d'autres groupes d'adultes et d'enfants qui parlaient également un peu le portugais ou qui avaient reçu un peu d'instruction.


Quelques exemples de tests.

- Dans un premier test de dénomination, les Indiens devaient nommer des ensembles de 1 à 15 points. Cela permettait d'étudier comment ils utilisent les noms de nombres dont ils disposent.
- Dans un second test de comparaison, les Indiens devaient désigner entre deux nuages comprenant un grand nombre de points, lequel était le plus grand.


Image


- Dans un troisième test d'arithmétique approximative, ils regardaient de brefs séquences vidéo illustrant des opérations simples : par exemple, une vingtaine de graines tombent dans une boîte, puis s'y ajoutent une trentaine d'autres graines, et le participant doit juger si le total fait plus ou moins qu'un autre ensemble (par exemple d'une quarantaine de graines).
- Enfin, dans un test d'arithmétique exacte (toujours réalisé sous forme d'une vidéo), ils devaient deviner le résultat d'une opération précise, par exemple 6 graines moins 4 graines.


Des résultats surprenants…

Le premier résultat de ces tests est que le lexique des nombres en Mundurucu s'arrête clairement à 5. Au-delà, différents mots existent, mais ils ne sont pas utilisés de manière systématique. Même en deçà de 5, les nombres sont utilisées de façon floue, un peu comme nos termes dizaine ou douzaine. Le mot 5, par exemple, qui signifie également main, est utilisé lorsqu'il y a entre 4 et 10 objets.

L'étude met également en relief un résultat surprenant : les indiens ne réussissent pas, et ce quel que soit le groupe auquel ils appartiennent, à exécuter des opérations arithmétiques exactes avec des quantités supérieures à 5. Ils ne savent par exemple pas calculer, avec exactitude, 6-4 ou 7-7.

En revanche, ils possèdent tous une capacité cognitive d'approximation tout à fait comparable à la nôtre qui leur sert de base à un calcul bien réel. Mundurucus et Français obtiennent en effet les mêmes résultats aux tests d'approximation.

Les chercheurs en concluent que la compétence d'approximation numérique est une compétence cognitive basique commune à tous les êtres humains, qui pourrait être indépendante du langage.

Ils s'opposent aux conclusions de la recherche de l'américain Peter Gordon réalisée sur un peuple géographiquement proche des Mundurucus, les Pirahas, selon lesquelles les capacités des indiens sont incommensurablement différentes des nôtres. Ils contredisent également l'affirmation selon laquelle l'absence de nom de nombres étayerait l'hypothèse (Sapir/Whorf) formulée au début du siècle sur le fait que les compétences varient largement d'un peuple à un autre, en fonction de la capacité d'expression de leur langue.


La cristallisation des nombres.

Pour Pierre Pica et Stanislas Dehaene, le fait que les Mundurucus éprouvent des difficultés à réaliser des calculs arithmétiques exacts pourrait s'expliquer par leur manière de compter. Ils utilisent en effet une technique rudimentaire basée sur les doigts de la main et les orteils. Elle ne leur permettrait pas d'associer un nom de nombre à une quantité au-delà du chiffre 5. Or c'est cette opération (appelée cristallisation des nombres par les chercheurs) qui permettrait l'émergence d'une arithmétique précise et semblable à la nôtre…

Pierre Pica et Stanislas Dehaene souhaitent maintenant poursuivre leurs recherches sur les relations entre système arithmétique et système linguistique à l'aide de nouvelles études sur cette population fragile et menacée. Ils veulent également mieux comprendre l'impact de leurs recherches sur notre compréhension de la nature et de l'origine de la faculté de langage, et sur la variation linguistique.

Source: CNRS
Credit Photos: CNRS Photothèque © Pierre Pica

marc taveau

re:

Message par marc taveau » 19/10/2004 - 22:05:20

Je suis convaincu que l'expérience scientifique dont témoigne cet article n'a PAS DE SENS. Elle ne devrait même être appelée une "expérience". C'est d'aucune utilité, ça ne démontre rien.
Et je trouve que c'est triste que les scientifiques ne se rendent pas compte de cela et qu'ils perdent leur temps.

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jyb
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Message par jyb » 19/10/2004 - 22:28:19

Cette expérience permet de faire la part entre l'inné (ce que l'on saît dés la naissance, grâce entre autre au réflexes que nous donne la nature, la génétique) et l'aquis.

Depuis que la génétique moderne existe, les chercheurs cherchent à différencier ce qui dans notre intelligence vient des gènes et ce qui vient de l'éducation et/ou du vécu.


Pour allez plus loin, cette expérience permet de voir comment une différence de langue peut influer sur nos capacités de déductions. :fada:

bulll

honte

Message par bulll » 22/10/2004 - 0:07:27

Tout comme le monsieur çi-dessus, je viens rendre compte de l'idiotie de cette expérience. Elle n'a pour autre but que de choquer.

Je suis scandalisé de voir la manière dont sont exploitées les population indigènes. Ces gens vivent dans le total dénuement et nous allons encore leur soutirer leur sentiments, et porter une fois de plus atteinte à leur dignité. Au nom d'une soit-disante expérience de type Mengele.

Invité

Message par Invité » 28/10/2004 - 20:18:57

Je suis instit... évidemment, cette expérience m'interesse. Je me demande si on ne "gâche" pas les facultés innées de reconnaissance des nombres en passant trop vite à l'abstrait (nommer un nombre, c'est déjà une abstraction)

lokmane ismail

1 2 3 4 et 5

Message par lokmane ismail » 31/12/2004 - 15:18:57

c'est banale :heink: en plus la langue n'exprime pas la pense et si d'uns ont des probleme d'arithemtique c'est juste l'apparence mais aufont d'eux ils savent conter et chacun a sa methode pour memoriser ses (propre nombre) ;) :bou:
et aussi faut pas negliger :non: l'inteligence des ces coins du monde ou on connait point de science
non on a rein inventé on a tout trouvé c grace aux savant greque et egyptiens at aussi arabes et aux musulman

iode131
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Re: 1 2 3 4 et 5

Message par iode131 » 09/11/2005 - 10:49:14

lokmane ismail a écrit :c'est banale :heink: en plus la langue n'exprime pas la pense et si d'uns ont des probleme d'arithemtique c'est juste l'apparence mais aufont d'eux ils savent conter et chacun a sa methode pour memoriser ses (propre nombre) ;) :bou:
et aussi faut pas negliger :non: l'inteligence des ces coins du monde ou on connait point de science
non on a rein inventé on a tout trouvé c grace aux savant greque et egyptiens at aussi arabes et aux musulman


Désolé mais je n'ai pas vraiment compris ce que vous voulez dire... Que voulez-vous dire par "apparence"? Qu'en fait les gens ayant des difficultés avec l'arithmétique font semblant? Ou qu'ils ont des déficiences neurologiques qui gênent leur capacité à associer un concept à une "apparence" visuelle?

Aussi, qu'entendez-vous pas "non on a rein inventé on a tout trouvé"? Connaissez-vous la signification du terme "invention"? Les juristes en utilisent toujours une des plus pures: la découverte d'une chose.

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