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Posté par Adrien le Mercredi 23/04/2014 à 00:00
Quand les gènes papillonnent
On sait que les êtres multicellulaires transmettent leur génome via la reproduction sexuée. S'il est majoritaire, ce transfert vertical n'est pas le seul mécanisme existant. De plus en plus de transferts horizontaux - entre individus non apparentés - sont également documentés. C'est le cas de deux espèces de papillons d'Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est, de l'Europe et de l'Afrique par...) du nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.): la fausse arpenteuse du chou et le sphinx (Le Sphinx est une créature fantastique présente dans plusieurs traditions mythologiques, notamment :) du tabac, chez lesquelles une équipe de chercheurs français de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un...) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) sur la biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences...) de l'insecte (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office pour les insectes et leur environnement (association loi de 1901), elle paraît...) - IRBI (CNRS/Université Francois-Rabelais de Tours) et du laboratoire Ecologie et biologie des interactions - EBI (CNRS/Université de Poitiers) a découvert des gènes quasiment identiques. Cet échange de gènes se serait fait par l'intermédiaire d'un virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous...) connu pour infecter les papillons.


Les chenilles des papillons (à gauche, la chenille du sphinx du tabac, à droite la fausse arpenteuse du chou) se sont échangés des gènes par l'intermédiaire d'un virus connu pour les infecter. (© IRBI)

Phénomène courant chez les bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi cellulaire glucidique, le peptidoglycane. Les bactéries...), le transfert horizontal (Horizontal est une orientation parallèle à l'horizon, et perpendiculaire à la verticale. Une ligne horizontale va « de la gauche vers la...) de gènes - c'est-à-dire le transfert d'un morceau de génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une espèce codé dans son ADN (à l'exception de certains virus dont le génome est...) d'un individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) à un autre - est de mieux en mieux documenté chez les organismes multicellulaires. Exemple parmi d'autres: une espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept flou dont il...) de puceron chez qui on a trouvé des gènes de champignon permettant de synthétiser des caroténoïdes (qui lui confèrent une belle couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) orange). Reste à savoir comment une telle opération est rendue possible. Pour cela, des chercheurs de IRBI et du laboratoire EBI se sont penchés sur le cas de deux espèces de papillons: la fausse arpenteuse du chou et le sphinx du tabac. Après avoir établi qu'elles possédaient en commun plusieurs copies de deux gènes quasiment identiques, ces chercheurs ont fait l'hypothèse qu'un virus connu pour affecter les deux espèces d'insectes, un baculovirus, pouvait avoir joué le rôle de passeur.

Pour le vérifier, ils ont séquencé plus de 180 000 génomes de virus récoltés sur des chenilles infectées. Résultat: non seulement les gènes "sauteurs" des papillons ont été identifiés dans le génome du baculovirus, mais la fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de...) à laquelle on les retrouve est loin d'être anecdotique, puisqu'un virus sur 8500 les possède. "Dans la nature, les chenilles s'infectent en ingérant des dizaines de milliers de particules virales collées sur les végétaux qu'elles consomment. La possibilité qu'elles ingèrent des gènes d'un papillon tué par le virus est donc non négligeable", commente Clément Gilbert, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche...) CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) au laboratoire EBI et co-auteur de l'article paru dans Nature Communications. La prochaine étape sera de vérifier si les virus jouent les passeurs entre d'autres êtres multicellulaires.

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Source: CNRS-INEE
 
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