L'amie ? La mie ? Comment notre cerveau différencie les homophones
Publié par Adrien le 05/11/2019 à 10:00
Source: CNRS

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En français, il est courant que deux séquences langagières se prononcent de la même manière sans avoir le même sens, comme "l'amie" et "la mie". Ces homophones sont compris sans ambiguïté dans un flux (Le mot flux (du latin fluxus, écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments (informations / données, énergie, matière, ...) évoluant dans un...) continu de parole (La parole, c'est du langage incarné. Autrement dit c'est l'acte d'un sujet. Si le langage renvoie à la notion de code, la parole renvoie à celle de corps. La...), grâce au contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu...) ("l'amie de Pierre" ou "la mie de pain" par exemple), et de manière un peu moins évidente lorsqu'ils sont isolés.

De précédentes analyses acoustiques avaient montré de légères différences, notamment dans la durée et l'intonation de la première syllabe ("l'a" ou "la"). Mais ces indices n'ont pas de signification particulière en français, contrairement à d'autres langues comme l'anglais qui distingue les voyelles courtes et longues. Sont-ils quand même utilisés par le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...) ? La réponse est oui, d'après des psycholinguistes du laboratoire Bases, corpus, langage (CNRS/Université Côte d'Azur) et du Laboratoire de psychologie et de neurocognition (CNRS/Université Grenoble Alpes/Université Savoie Mont-Blanc) qui ont étudié 37 volontaires par électroencéphalogramme. Les scientifiques ont montré que, même sans contexte et même sans y faire attention, notre cerveau répond différemment à "l'ami" et à "la mie".

À travers une deuxième expérience, ils et elles ont confirmé que c'est bien la première syllabe qui permet cette distinction. Les locuteurs du français ne sont donc pas si "sourds" aux intonations que l'on croit. Les scientifiques se demandent à présent si une phrase reconstituée avec le mauvais homophone est susceptible de gêner la compréhension.

Bibliographie

Processing of non-contrastive subphonemic features in French homophonous utterances: An MMN study, Noelia Do Carmo-Blanco, Michel Hoen, Stéphane Pota, Elsa Spinelli, Fanny Meunier, Journal of Neurolinguistics, novembre 2019. https://doi.org/10.1016/j.jneuroling.2019.05.001
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