Avantages et risques du report de la deuxième dose de la vaccination contre la COVID-19

Publié par Isabelle le 29/03/2021 à 13:00
Source: Université McGill
Le report des deuxièmes doses des vaccins contre la COVID-19 présente des avantages épidémiologiques, mais les effets à long terme dépendent de la force de l'immunité.

Le report de la deuxième dose des vaccins contre la COVID-19 devrait réduire le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) de cas à court terme; à long terme, cependant, le nombre de cas et le risque d'évolution du virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise...) vers l'évasion immunitaire seront fonction de la vigueur de la réaction immunitaire que provoque l'infection elle-même et le vaccin après une ou deux doses. C'est ce qui ressort d'une étude de l'Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des...) et de l'Université de Princeton (L'université de Princeton (Princeton University) est située dans la ville de Princeton...), publiée récemment dans la revue Science.

Photo: torstensimon / Pixabay

"Plusieurs pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue...), dont le Royaume-Uni et le Canada, ont décidé de reporter l'administration de la deuxième dose des vaccins contre la COVID-19 en raison des problèmes d'approvisionnement, mais aussi dans le but de vacciner rapidement le plus de personnes possible", explique l'auteur principal de l'étude, Chadi Saad-Roy, étudiant aux cycles supérieurs dans les départements d'écologie et de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant....) évolutive, ainsi que de biologie quantitative et de bio-informatique (La bio-informatique est un champ de recherche multi-disciplinaire où travaillent de concert...), à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) Lewis-Sigler de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) de Princeton.

"Si l'on en juge (Le juge peut être un professionnel du droit, désigné ou élu pour exercer son office. Il peut...) par les premiers essais cliniques sur les vaccins et les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) épidémiologiques qui ont suivi, la première dose est très efficace. Mais à ce stade-ci, on ignore pendant combien de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) l'immunité conférée par cette première dose (voire par les deux doses ou par l'infection naturelle, d'ailleurs) va demeurer efficace", poursuit Chadi Saad-Roy.

À l'aide d'un modèle simple, et à partir de divers schémas vaccinaux et de diverses hypothèses sur la réaction immunitaire, les chercheurs ont fait des projections sur l'incidence de la COVID-19 et sur le degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines...) d'immunité de la population. En raison des incertitudes immunologiques et épidémiologiques qui planent sur ces résultats, nous devons absolument avoir recours à des modèles simples pour nous projeter dans l'avenir", précise Caroline Wagner, professeure adjointe au Département de bio-ingénierie de l'Université McGill et auteure en chef de l'article.

Une seule dose n'est pas toujours suffisante

Comme on s'y attendait, l'étude a confirmé que le report de la deuxième dose pourrait réduire le nombre de cas à court terme en immunisant plus rapidement une population plus vaste. Toutefois, si cette première dose déclenche une réaction immunitaire moins vigoureuse, les vagues subséquentes pourraient frapper plus fort.

"Cela dit, au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île...) et à mesure que notre capacité vaccinale augmentera, nous pourrons accélérer la vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le...) ou nous rapprocher du schéma de deux doses recommandé, si bien que ces effets épidémiologiques à long terme seront sans doute moins marqués; c'est un paramètre (Un paramètre est au sens large un élément d'information à prendre en compte...) important pour le travail de planification (La planification est la programmation d'actions et d'opérations à mener) des autorités de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la...)", ajoute la Pre Wagner.

Autre conséquence non négligeable des réactions immunitaires partielles: la possibilité que le virus échappe à l'offensive immunitaire. Pour s'attaquer à ce problème complexe, les auteurs ont adapté un modèle "phylodynamique" simple d'évasion immunitaire élaboré antérieurement par trois d'entre eux, à savoir Bryan Grenfell, Oliver G. Pybus et Edward C. Holmes, en collaboration avec d'autres collègues. Cette théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer,...) veut que chez un sujet partiellement immunisé, le virus puisse évoluer en présence d'une pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée...) de sélection modérée et d'une transmission virale suffisante. Ici, les auteurs étudient cette possibilité ainsi qu'une série d'autres scénarios, dont un - plus optimiste - où le potentiel d'adaptation serait minime chez un hôte dont l'immunité est en déclin après une ou deux doses de vaccin.

"Déjà, au moins un variant qui pourrait échapper partiellement au système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de...) est en circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles...), souligne Edward Holmes. La simple théorie nous enseigne que l'hôte qui présente une immunité intermédiaire pourrait jouer un rôle important dans l'évolution et la transmission des variants. C'est pourquoi la vigueur et la durée de l'immunité, et surtout leur effet sur la retransmission, sont ici des paramètres de première importance", précise Bryan Grenfell.

L'étude souligne une constatation intuitive: les très faibles taux d'administration du vaccin peuvent être associés à un nombre de cas plus important et, éventuellement, à un potentiel d'adaptation virale plus élevé. "Cela souligne l'importance d'une distribution équitable des vaccins au niveau mondial, car une fuite immunitaire dans un endroit se propage rapidement", explique C. Jessica E. Metcalf, co-autrice de l'article, professeure agrégée à l'EEB et à l'École des affaires publiques et internationales de Princeton et membre associé du corps enseignant du High Meadows Environmental Institute.

"Les modèles sont relativement simples d'un point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et...) conceptuel, mais ils illustrent la complexité (La complexité est une notion utilisée en philosophie, épistémologie (par...) du problème et soulignent les défis auxquels nous sommes encore confrontés", note Michael Boots, professeur de biologie intégrative à l'UC Berkeley, qui n'a pas contribué à la présente étude. "Ce travail important fournit un cadre que nous pouvons utiliser pour guider notre approche à l'avenir et identifie en outre les principales lacunes en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses...) de connaissances que nous devons combler" ajoute-t-il.

L'étude

L'article "Epidemiological and evolutionary considerations of SARS-CoV-2 vaccine (La vaccine, communément appelée "variole de la vache" est une maladie bovine causée...) dosing regimes", par Chadi Saad-Roy, Caroline Wagner et coll., a été publié dans la revue Science.

L'étude a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le Cooperative Institute for Modelling the Earth System de l'Université de Princeton, la Fondation James S. McDonnell, le C3.ai Digital Transformation Institute et Microsoft (Microsoft Corporation (NASDAQ : MSFT) est une multinationale américaine de solutions...) Corporation, Google (Google, Inc. est une société fondée le 7 septembre 1998 dans la Silicon Valley en Californie par...), la National Science Foundation, les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis et le Flu Lab.
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