La présence de microplastiques dans l'organisme devient une inquiétude grandissante pour la santé.
Une observation récente ajoute une dimension nouvelle à ce phénomène: ces particules minuscules paraissent se concentrer spécifiquement dans les tumeurs du cancer de la prostate. Les quantités détectées dans les tissus malins se montrent bien supérieures à celles des zones saines adjacentes, ce qui tend à montrer leur implication dans la progression de la maladie.
Photo: Oregon State University
Une étude pilote menée au centre médical NYU Langone Health a examiné des échantillons de tissus prostatiques prélevés sur dix patients. Les analyses ont indiqué que neuf tumeurs sur dix abritaient des microplastiques, contre sept échantillons non cancéreux. Plus notable, la concentration moyenne dans les tissus malins était environ 2,5 fois plus importante que celle mesurée dans les zones saines. Pour parvenir à ces résultats, l'équipe a employé des techniques précises visant douze catégories de plastiques très répandues.
Afin de réaliser cette investigation, les chercheurs ont mis en place des protocoles rigoureux pour écarter tout risque de contamination. Ils ont ainsi substitué le matériel en plastique par des équivalents en aluminium ou en coton, et effectué les tests dans des salles propres spécialement aménagées. Cette démarche visait à assurer la solidité des données, malgré l'omniprésence du plastique dans les laboratoires.
Ces particules intègrent le corps par de multiples canaux, tels que l'ingestion d'aliments ou d'eau pollués, l'inhalation de poussières ou encore l'absorption à travers la peau. Des travaux antérieurs avaient déjà signalé leur présence dans des organes majeurs et même le placenta. La nouvelle enquête fournit des éléments tangibles concernant leur répartition dans la prostate, ajoutant ainsi une pièce supplémentaire au puzzle de l'exposition humaine aux polluants synthétiques.
Désormais, l'équipe souhaite examiner les mécanismes qui pourraient relier les microplastiques à l'émergence du cancer. L'une des idées avancées est que ces fragments pourraient induire une réaction immunitaire durable, ou inflammation, au sein de la prostate. À terme, une inflammation chronique est susceptible d'endommager les cellules et d'encourager des modifications génétiques menant à la formation de tumeurs. Les prochaines étapes consisteront à mener des recherches plus vastes pour confirmer ces observations et élucider les processus biologiques en jeu.
Bien que ces résultats soient préliminaires et reposent sur un nombre limité de cas, ils mettent en évidence l'intérêt de travaux plus amples pour établir un lien clair. Ces observations ont été présentées lors d'un symposium de l'American Society of Clinical Oncology.