Cancer: le vaccin contre la Covid-19 fonctionne

Publié par Isabelle le 25/06/2021 à 13:00
Source: Université de Genève
Selon une étude des HUG, en collaboration avec l'UNIGE notamment, les personnes atteintes d'un cancer répondent positivement à la vaccination contre la Covid-19.


© DR.

Les personnes atteintes d'un cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement...) sont à risque de développer une forme aiguë de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal...) COVID-19 suite à une infection au SRAS-CoV‑2. Une étude clinique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), de l'Université de Genève (L'université de Genève (UNIGE) est l'université publique du canton de Genève en...) (UNIGE) et de Mays Cancer Center, home to UT Health San Antonio MD Anderson montre que 94 % des 131 volontaires ayant reçu deux doses de vaccin à ARN messager développent des anticorps contre le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise...) SRAS-CoV-2. L'étude, publiée dans la revue Cancer Cell, identifie une sous-population à haut risque de résistance à la vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le...): les personnes traitées contre les leucémies ou des lymphomes.

Certains cancers abaissent l'immunité des patient·es et certains traitements, comme les chimiothérapies, ou certains anticorps peuvent également affaiblir le système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de...).

Les personnes atteintes d'un cancer et en traitement représentent donc un groupe à risque de développer la maladie COVID-19 avec une gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.), des complications et une mortalité plus élevées que la population générale. "Mais peuvent-ils/elles développer une réponse immunitaire suite à une vaccination ? Aucune étude n'avait clairement répondu à cette question jusqu'ici", indique Pr Nicolas Mach, oncologue au service d'oncologie des HUG, professeur à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la...) de l'UNIGE et co-auteur de l'étude.

Une excellente réponse

À travers une cohorte de 131 patient·es atteint·es de cancer et basé·es entre les États-Unis et Genève, l'équipe helvético-américaine a évalué la réponse immunitaire sous forme d'anticorps contre la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs...) Spike du SARS-CoV-2, cible des vaccins, après la première puis la deuxième dose de vaccins à ARNm des sociétés Pfizer et Moderna.

Les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...), récoltées entre janvier et avril 2021, indiquent que la grande majorité - soit 94 % des patient·es - développe des anticorps contre Spike cinquante jours après la deuxième dose de vaccin. "Des résultats à peine inférieurs à ceux de la population générale qui sont très rassurants", complète Nicolas Mach, avant de préciser que "les réponses immunitaires mesurées après la première dose sont néanmoins particulièrement faibles, laissant penser que nos patient·es mettent plus de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) pour activer leur système immunitaire."

Immunosuppression vs vaccination

La réponse immunitaire des patient·es atteint·es de malignité hématologique, soit des cancers du sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le...), des ganglions et de la moelle osseuse (La moelle osseuse est tissu situé au centre des os. Il y en a deux formes: la moelle jaune...), est significativement plus faible que chez les personnes atteintes d'autres cancers.

De plus, les patient·es sous un certain type de traitement immunosuppresseur dans les six mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...) avant la vaccination n'ont pas développé d'anticorps. "On parle ici du Rituximab, un médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant...) utilisé principalement pour traiter les lymphomes et qui entraine la destruction des lymphocytes B malades, mais également les lymphocytes B sains. Or ces cellules sont essentielles à la production d'anticorps, expliquant pourquoi ces patient·es n'en génèrent pas", précise Nicolas Mach.

Néanmoins, autre élément rassurant, parmi les patient·es genevois·es n'ayant pas développé d'anticorps, un seul a présenté une infection à SARS-COV-2 symptomatique à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...). "La protection contre l'infection, malgré l'absence d'anticorps, reflète très probablement la capacité des vaccins à ARNm à stimuler également d'autres mécanismes de défenses immunitaires, en particulier les lymphocytes T. L'analyse des lymphocytes T de nos patient·es est actuellement en cours et nous attendons les résultats avec impatience." Les résultats feront l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans...) d'une future publication.

Des vaccins bien tolérés

La tolérance aux vaccins à ARNm équivaut à celle de la population générale. Un programme de suivi, basé sur une application web (En informatique, une application Web (aussi appelée site Web dynamique ou WebApp) est un...), permet de relever les effets secondaires et la qualité de vie (La qualité de vie d’une population est un enjeu majeur en sciences économiques et...) des patient·es. Mise en place et développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de...) par le premier auteur de l'étude, Dr Alfredo Addeo, oncologue aux HUG, une interface (Une interface est une zone, réelle ou virtuelle qui sépare deux éléments. L’interface...) permet de mesurer l'état réel de la personne, "sans l'influence d'un·e professionnel·le de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste...)."

Globalement, les patient·es touché·es par le cancer tolèrent convenablement les vaccins et y répondent bien, hormis une sous population atteinte de malignité hématologique à haut risque de résistance à la vaccination. "Identifier les sous-populations à risque est primordial pour imaginer une stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie...) de protection alternative pour ces personnes. Cette étude y contribue grandement", conclut Alfredo Addeo.

Publication:
Cette recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) est publiée dans Cancer Cell DOI: 10.1016/j.ccell.2021.06.009

Contact:
- Nicolas Mach - Professeur associé au Département de médecine & au Centre de recherche translationnel en onco-hématologie (CRTOH)
Faculté de medecine, UNIGE - médecin-adjoint agrégé, responsable d'unité, Service d'oncologie, HUG - Nicolas.Mach at unige.ch
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