Cerveau humain et menaces animales: des bébés détectent en priorité les serpents

Publié par Isabelle le 11/05/2020 à 13:00
Source et illustration: Université Libre de Bruxelles
Dans une nouvelle étude de l'ULB Neuroscience Institute (UNI) publiée dans la revue Scientific Reports, des chercheurs de l'ULBabyLab/CO3 ont observé une réponse neuronale spécifique aux serpents dans le cerveau de bébés de moins d'un an, suggérant l'existence d'une prédisposition innée à détecter ces animaux menaçants.


La détection rapide des prédateurs est une habileté essentielle à la survie d'une espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique....), puisqu'elle permet d'y répondre de manière appropriée. Des théories récentes suggèrent que, puisque les serpents ont été un des plus gros prédateurs des primates (Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première place ») constituent un ordre au sein des mammifères placentaires. Ce...) au cours de l'évolution, le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et...) humain se serait développé de manière à détecter ces reptiles en priorité.

En utilisant la technique d'électroencéphalographie, des chercheurs de l'ULBabyLab - Centre de Recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) Cognition et Neurosciences, Faculté des Sciences psychologiques et de l'éducation, ULB - et du Laboratoire de Cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la...) fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres en argument. Aujourd'hui, le terme a été...) du Cerveau – Faculté de Médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain...), ULB - ont montré qu'un mécanisme de détection préférentiel des serpents est fonctionnel dans le cerveau humain dès le plus jeune âge.

Emmenés par Julie Bertels et Arnaud Destrebecqz au sein de l'UNI – ULB Neuroscience (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux que pathologiques, des...) Institute, les chercheurs ont examiné les réponses cérébrales de nourrissons de 8 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) alors qu'on leur présentait une à une des images de différents animaux. En un seul coup d'œil (les images étaient présentées au rythme de 6 par seconde), le cerveau des bébés détectait les serpents parmi les autres animaux. Ce mécanisme de détection ne nécessiterait donc ni expérience antérieure avec ces reptiles, ni connaissance relative à la dangerosité potentielle de ces animaux. En outre, la localisation cérébrale des réponses au niveau du cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) visuel appuie l'idée que ce mécanisme reposerait sur la détection des traits visuels caractéristiques des serpents, notamment leur forme enroulée.

Ces résultats suggèrent donc l'existence d'une prédisposition phylogénétique à détecter les serpents sur base de leurs caractéristiques visuelles, qui pourrait favoriser le développement ultérieur de peurs liées à ces reptiles. De manière plus générale, ils montrent que le cerveau humain a évolué de sorte à détecter rapidement des menaces récurrentes au cours de l'évolution.

Références:
Cette étude a été financée par le Fonds de la Recherche Scientifique-FNRS.
Bertels, J., Bourguignon, M., de Heering, A., Chetail, F., De Tiège, X., Cleeremans, A., & Destrebecqz, A. (2020). Snakes elicit specific neural responses in the human infant brain. Scientific Reports.
https://www.nature.com/articles/s41598-020-63619-y

Contacts scientifiques:
Julie Bertels - ULBabyLab, Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) libre de Bruxelles - Julie.bertels at ulb.be
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