CHEOPS: détails d'une exoplanète des plus extrêmes aux manœuvres d'évitement de débris spatiaux

Publié par Redbran le 18/12/2020 à 13:00
Source: Université de Genève
Au cours de sa première année en orbite, le satellite CHEOPS a révélé les détails d'une des exoplanètes les plus extrêmes de l'univers et démontré sa manoeuvrabilité sans faille en évitant des débris spatiaux.

Depuis son lancement, le 18 décembre 2019, au départ du port spatial de l'Agence spatiale européenne (L’Agence spatiale européenne (ASE) (en anglais European Space Agency : ESA) est...) (ESA) à Kourou, en Guyane française, le satellite (Satellite peut faire référence à :) CHEOPS a fait preuve de sa fonctionnalité et de sa précision au-delà des attentes. En tant que projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a...) pionnier, il n'était pas acquis qu'il atteindrait de telles performances une fois en orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps...) autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne...) de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance...). CHEOPS est une mission conjointe de l'Agence spatiale (Une agence spatiale est un organisme d'État ayant pour but d'étudier l'Espace et de développer...) européenne (ESA) et de la Suisse, sous l'égide de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) de Berne, en collaboration avec l'Université de Genève (L'université de Genève (UNIGE) est l'université publique du canton de Genève en...) (UNIGE).


Lancement de CHEOPS le 18 décembre 2019 du port spatial de l'Agence spatiale européenne (ESA) à Kourou, en Guyane française. (© ESA - S. Corvaja)

En 2012, CHEOPS a été sélectionné parmi 26 propositions de projets, comme la première petite "mission de classe S" de l'ESA. Les conditions requises pour une telle mission étaient de pouvoir réaliser le projet en quelques années seulement et de ne pas dépasser les 50 millions d'euros à la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement...) de l'ESA. CHEOPS est ainsi devenu la première mission de l'ESA dirigée par la Suisse et à ce titre, la Suisse est devenue le premier contributeur financier après l'ESA. En outre, CHEOPS est la première mission de l'ESA destinée à la caractérisation d'exoplanètes déjà découvertes.

Les exoplanètes sont des planètes situées en dehors du système solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le...). La première a été découverte en 1995 par les astronomes suisses Michel Mayor (Michel Mayor (12 janvier 1942 dans le canton de Vaud, Suisse) est un astrophysicien...) et Didier Queloz de l'Université de Genève, qui ont été récompensés l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié...) dernière pour cette découverte par le prix Nobel de physique (Le prix Nobel de physique est une récompense gérée par la Fondation Nobel, selon les...). Depuis, plus de 4000 exoplanètes ont été découvertes et CHEOPS conçut pour en apprendre davantage sur certaines d'entre elles. Cet objectif ambitieux a nécessité la collaboration assidue d'un consortium de plus de cent scientifiques et ingénieurs de onze pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue...) européens qui ont contribué pendant cinq ans à la construction du satellite, sous la direction de l'Université de Berne et de l'ESA.

"Nous pensons que nous remplissons les exigences, sinon nous ne naviguerions pas dans l'espace", a déclaré Christopher Broeg, chef de projet (Un chef de projet, en informatique est la personne chargée de contrôler le bon déroulement du...) pour la mission CHEOPS de l'Université de Berne, à l'issue de la construction du télescope spatial (Un télescope spatial est un télescope placé au delà de l'atmosphère. Le...). Et remplir les exigences, ils l'ont fait ! En étroite collaboration avec l'observatoire de l'Université de Genève, où se trouve le Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire...) Operations Center, l'instrument a déjà recueilli de nombreuses données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...). En se basant sur une partie de celles-ci et malgré les circonstances particulières suscitées par la pandémie (Une pandémie (du grec ancien πᾶν / pãn (tous) et...) de la Covid-19, les scientifiques de l'équipe de CHEOPS ont réalisé l'étude détaillée d'une exoplanète (Une exoplanète, ou planète extrasolaire, est une planète orbitant autour d'une...) extrême. "Et les prochaines publications sont déjà en préparation", précise Willy Benz, professeur d'astrophysique (L’astrophysique (du grec astro = astre et physiqui = physique) est une branche...) à l'Université de Berne et directeur du consortium de CHEOPS.

Début octobre 2020, le satellite CHEOPS a dû effectuer une manoeuvre abrupte pour éviter un débris spatial (Un débris spatial, dans le domaine de l'astronautique, est l'objet résiduaire d'une...). "Une collision (Une collision est un choc direct entre deux objets. Un tel impact transmet une partie de...) avec ce fragment de satellite aurait pu entraîner la destruction de CHEOPS", reconnait Willy Benz.

Étroite collaboration entre universités et partenaires industriels

"Cette mission se distingue particulièrement des activités spatiales suisses", explique Renato Krpoun, chef du Bureau spatial suisse, "et elle reflète également l'étroite collaboration avec les partenaires industriels". Christian Leumann, recteur de l'Université de Berne, relève que la mission CHEOPS "assoit notre présence dans la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) spatiale et donne à la Suisse une visibilité (En météorologie, la visibilité est la distance à laquelle il est possible de...) internationale". Yves Flückiger, recteur de l'Université de Genève, conclut: "Je suis plus que satisfait de l'étroite collaboration entre nos universités ainsi qu'avec les partenaires industriels."

Une année scientifique passionnante en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et...)

La mission représente une excellente opportunité pour les chercheuses et chercheurs, explique Kate Isaak, ESA CHEOPS Project Scientist: Avec vingt pour cent du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) d'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les...) disponible dans le cadre du Programme Guest Observers de l'ESA, les scientifiques du monde (Le mot monde peut désigner :) entier pourront profiter directement des capacités uniques du satellite CHEOPS." "À en juger par les derniers succès des observations, 2021 sera une année passionnante pour CHEOPS, scientifiquement parlant", se réjouit David Ehrenreich, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la...) au Département d'astronomie (L’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer...) de la Faculté des sciences de l'UNIGE et "Mission Scientist" du Consortium de CHEOPS.
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