Des chercheurs identifient l'origine d'un cancer du cerveau mortel

Publié par Adrien le 16/12/2020 à 09:00
Source: Université McGill
La découverte pourrait mener à des traitements potentiels

Des chercheurs de l'Université McGill espèrent que l'identification de l'origine et d'un gène précis nécessaire à la croissance tumorale pourrait mener à de nouvelles thérapeutiques pour traiter un cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement...) du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite...) mortel qui survient chez les adolescents et les jeunes adultes. La découverte vise un sous-groupe des glioblastomes, une forme de cancer rare, agressive et généralement fatale dans les trois années suivant son apparition. Les résultats sont publiés dans le dernier numéro du journal Cell.

Pour compléter leur étude, l'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...), menée par la Dre Nada Jabado, professeure de pédiatrie (La pédiatrie est une branche spécialisée de la médecine qui étudie le...) et de génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est...) humaine à l'Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des...), et la Dre Claudia Kleinman, professeure adjointe de génétique humaine, a effectué la plus grande collecte d'échantillons pour ce sous-groupe des glioblastomes et a découvert de nouvelles mutations causant le cancer dans un gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la...) nommé PDGFRA, qui stimule la division (La division est une loi de composition qui à deux nombres associe le produit du premier par...) et croissance du gène lorsqu'il est activé.

Les chercheurs ont noté que près de la moitié des patients au stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe...) du diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de...) et la grande majorité au stade de récidive de la tumeur (Le terme tumeur (du latin tumere, enfler) désigne, en médecine, une augmentation de...) avaient des mutations de ce gène, qui était également anormalement et fortement exprimé dans ce sous-groupe des glioblastomes. "Nous avons étudié de vastes ensembles publics de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) de patients pédiatriques et adultes en plus de ceux que nous avions générés à partir des échantillons des patients dans le laboratoire, et nous en sommes venues à la même conclusion; le gène PDGFRA était indûment activé dans ces tumeurs. Cela nous a permis de supposer que cette kinase joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les...) un rôle majeur dans la formation de la tumeur", expliquent la Dre Carol Chen, boursière postdoctorale, et Shriya Deshmukh, candidate au programme M.D.-Ph. D. dans le laboratoire de la Dre Jabado, toutes deux co-premières auteures de l'étude.

Grâce à une ressource de "mégadonnées" générée par leur équipe à l'aide de nouvelles technologies mesurant les niveaux de chaque gène dans des milliers de cellules individuelles, elles ont été en mesure de découvrir que cette tumeur cérébrale provient d'un type précis de cellule souche neuronale. "Nous avons utilisé l'analyse de cellules individuelles pour créer un atlas du développement d'un cerveau en santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste...), permettant ainsi d'identifier des centaines de types de cellules ainsi que leurs traits", explique Selin Jessa, étudiante au Ph. D. dans le laboratoire de la Dre Kleinman et co-première auteure de cette étude. "Puisque ces tumeurs cérébrales conservent des souvenirs, ou des empreintes, de la cellule de laquelle elles proviennent, nous pouvons ainsi identifier le type de cellule le plus similaire dans l'atlas, soit dans ce cas-ci les progéniteurs neuronaux inhibiteurs qui surviennent lors du développement foetal ou après la naissance dans des structures spécifiques du cerveau en développement", ajoute la Dre Kleinman, qui dirige un laboratoire de recherche computationnelle à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) Lady Davis à l'Hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de...) général juif.

Une découverte inattendue

Les chercheurs ont noté que le gène PDGFRA n'est pas généralement activé dans cette population de cellules souches neuronales. "En utilisant des technologies de séquençage (En biochimie, le séquençage consiste à déterminer l'ordre linéaire des...) qui mesurent la manière dont l'ADN d'une cellule est spatialement organisé en 3D, nous avons découvert que, dans cette cellule souche neuronale, l'ADN a une structure 3D unique qui permet au gène PDGFRA de s'activer où il ne le devrait pas, menant ultimement au cancer", explique Djihad Hadjadj, boursière postdoctorale dans le laboratoire de la Dre Jabado et co-première auteure de l'étude.

La découverte est également importante dans la classification adéquate de la tumeur. "Ce type de tumeur était précédemment catégorisé comme étant un “gliome”, puisque sous le microscope il ressemble aux cellules gliales, l'un des types de cellules principaux dans le cerveau", explique la Dre Jabado, qui détient une chaire de recherche du Canada en oncologie pédiatrique, niveau 3, en plus d'être clinicienne-chercheuse à l'Hôpital de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande...) pour enfants et de diriger un laboratoire de recherche axé sur l'étude des tumeurs cérébrales à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. "Notre travail révèle qu'il s'agit d'une erreur d'identité. Ces tumeurs surviennent dans une cellule neuronale et non dans une cellule gliale."

Un espoir pour un traitement potentiel

Le gène PDGFRA peut être ciblé par des médicaments qui inhibent son activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.). Il existe d'ailleurs des médicaments approuvés qui le ciblent déjà dans le cas d'autres cancers pour lesquels les mutations dans ce gène sont responsables, comme les tumeurs stromales gastro-intestinales. Cette découverte offre un espoir de trouver des thérapies ciblées pour ce groupe de tumeurs cérébrales mortelles notent les chercheuses.

Les études combinées du génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une...), incluant au niveau de la cellule individuelle et l'architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) génomique (La génomique est une discipline de la biologie moderne. Elle étudie le fonctionnement...) en 3D de la tumeur comparée au cerveau en développement normal, étaient cruciales dans le cadre de cette étude. Elles ont aidé à identifier les moments précis au cours du développement où la cellule est vulnérable à l'événement menant au cancer dans ces "gliomes", qui se sont avérés être des tumeurs neuronales. Notablement, les auteurs éclaircissent les événements génétiques pouvant mener aux thérapies ciblées dans les cancers mortels. "Nos découvertes offrent un espoir pour une amélioration des soins dans un avenir proche pour cette entité tumorale puisque ces vulnérabilités aideront à identifier des traitements qui attaqueront préférentiellement les “mauvaises” cellules", déclarent les Dres Jabado et Kleinman, qui ont uni leurs efforts dans la lutte contre cette tumeur cérébrale mortelle. "Des arrêts dans le développement sont à l'origine de plusieurs de ces cancers. La même stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie...) s'avérera importante pour découvrir l'origine, identifier et exploiter les vulnérabilités spécifiques et orienter les stratégies futures pour une détection précoce d'autres entités de tumeurs cérébrales touchant les enfants et les jeunes adultes."

Cette étude fut possible en grande partie grâce au soutien du concours PRAGE de Génome Canada pour le projet intitulé "Le cancer du cerveau chez l'enfant: attaquer le problème à la racine pour améliorer les chances de survie et la qualité de vie (La qualité de vie d’une population est un enjeu majeur en sciences économiques et...)", qui comprend du financement de Génome Canada, de Génome Québec, des IRSC et d'autres sources, ainsi que de la Fondation Charles-Bruneau et des National Institutes of Health.

Publication:
Histone H3.3G34-Mutant Interneuron Progenitors Co-opt PDGFRA for Gliomagenesis,
C. Chen, S. Deshmukh, S. Jessa, D. Hadjadj, C. Kleinman, N. Jabado, et al,
Cell, 10 décembre 2020. DOI: https://doi.org/10.1016/j.cell.2020.11.012
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.591 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique