Pratiquer une activité physique régulière ne protège pas totalement des méfaits de la position assise prolongée. Si l'on pensait qu'une bonne séance de sport effaçait les heures passées sur une chaise, les recherches révèlent que l'immobilité agit sur le corps de manière indépendante.
La distinction entre comportement sédentaire et inactivité physique est essentielle pour comprendre les risques. L'inactivité physique correspond à un manque d'exercice modéré ou intense, comme la marche rapide ou la course à pied. En revanche, la sédentarité désigne les longues périodes passées assis ou allongé avec une dépense énergétique très faible. Ainsi, une personne peut courir chaque matin, mais rester assise huit heures au bureau. Les bénéfices de l'exercice n'annulent pas les effets négatifs de cette immobilité.
Image d'illustration Pixabay
Quand le corps reste immobile longtemps, plusieurs changements se produisent. L'activité des muscles squelettiques diminue, ce qui rend l'absorption du glucose par le sang plus difficile. Avec le temps, cela favorise l'insulino-résistance, une voie vers le diabète de type 2. Le métabolisme des graisses ralentit également, et la circulation sanguine devient moins efficace. L'apport en oxygène et nutriments aux tissus se réduit, ce qui peut élever la pression artérielle et accroître les risques cardiométaboliques.
Les effets ne sont pas seulement métaboliques. Une mauvaise posture et le manque de mouvement sollicitent le cou, les épaules et le bas du dos, expliquant les douleurs fréquentes chez les employés de bureau. Sur le plan mental, l'immobilité prolongée diminue la vigilance, la concentration et l'énergie. Les personnes qui restent assises longtemps se sentent souvent plus léthargiques et moins productives.
Des interruptions régulières, même courtes, peuvent faire une différence significative. Les recherches indiquent que se lever ou marcher deux à cinq minutes toutes les 30 à 60 minutes améliore le métabolisme du glucose et diminue les risques cardiométaboliques.
L'exercice régulier reste indispensable, mais il ne compense pas entièrement les risques d'une position assise trop longue. De petits changements, comme une courte marche à midi ou se lever pendant un appel téléphonique, peuvent sembler insignifiants. Pourtant, ils sont importants.
Le métabolisme du glucose
Le glucose est le principal carburant de nos cellules. Après un repas, le pancréas libère de l'insuline, une hormone qui permet au glucose d'entrer dans les cellules pour être utilisé comme énergie. Lorsqu'on reste assis longtemps, les muscles squelettiques, qui sont de grands consommateurs de glucose, restent inactifs. Leur capacité à répondre à l'insuline diminue, ce qui oblige le pancréas à produire davantage d'insuline pour maintenir une glycémie normale.
Avec le temps, cette surcharge peut épuiser les cellules pancréatiques et conduire à une résistance à l'insuline. C'est une étape clé vers le prédiabète et le diabète de type 2. Des études montrent que de courtes pauses actives, comme marcher quelques minutes toutes les heures, améliorent la sensibilité à l'insuline et aident à réguler la glycémie, même sans exercice intense.
Le foie joue aussi un rôle: en position assise, le stockage des graisses dans le foie peut augmenter, contribuant à la stéatose hépatique. Ces mécanismes expliquent pourquoi réduire le temps assis est bénéfique pour la santé métabolique, indépendamment de l'activité physique pratiquée par ailleurs.