Covid-19: un nouveau mode de transmission impliquant les cellules immunitaires

Publié par Isabelle le 10/06/2021 à 13:00
Source: CEA IRIG
Des scientifiques du CNRS, du CEA et de l'UGA confirment dans PLOS Pathogens, que le virus de la Covid peut utiliser des cellules immunitaires pour augmenter sa transmission à d'autres cellules. Les chercheurs ont également montré qu'il est possible d'inhiber ce nouveau mode de transmission du virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise...) par l'utilisation de glycomimétiques, précédemment développés. Ce travail est le résultat d'une collaboration internationale avec des équipes espagnoles (Hospital Universitario 12 de Octubre, Madrid) et italiennes (Universita degli Studi di Milano).

D'une manière générale, les cellules portent sur leur surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a...) des récepteurs, dont certains servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) seulement à l'accrochage des virus alors que d'autres peuvent agir comme des serrures que les virus utilisent pour entrer. Ils possèdent pour cela un arsenal de protéines, comme un jeu de clés, qui leur permettent de franchir la barrière cellulaire. Par exemple, la glycoprotéine S, présente à la surface du SARS-CoV-2, autorise l'entrée du virus dans les cellules humaines via son interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein...) avec le récepteur ACE2, présent à la surface des cellules infectées.

Intéraction avec des protéines de la famille des lectines présentes sur les cellules immunitaires

Des scientifiques de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant....) structurale (IBS) à Grenoble (CNRS-CEA-UGA), et leurs collaborateurs, ont découvert que la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs...) S interagissait également, outre ACE2, avec d'autres récepteurs: des protéines de la famille des lectines (DC-SIGN, L-SIGN, MGL et Langerin), présentes sur les cellules immunitaires. "Cette interaction implique une reconnaissance multi-site de la protéine S en exploitant les différents glycanes (sucres) de surface de la protéine S", explique Franck Fieschi, professeur à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) Grenoble Alpes. La glycoprotéine S possèderait donc tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) un jeu de clés pour permettre au SARS-CoV-2 de proliférer.
Les scientifiques ont montré que cette interaction ne causait pas l'infection directe des cellules par le SARS-CoV-2. Par contre, parmi ces récepteurs, DC-SIGN et L-SIGN sont capables, une fois qu'ils ont accroché le virus à la cellule, de le transmettre aux cellules permissives possédant ACE2.


La capture du virus SARS-CoV2 par les récepteurs DC-SIGN et/ou L-SIGN favorise la trans-infection des cellules permissives au virus (ACE2+). Schéma de droite: L'interaction entre DC-SIGN ou L-SIGN et la protéine Spike implique la reconnaissance du "bouclier" glycanique (les sucres recouvrant la protéine Spike) par les domaines de reconnaissance des sucres des récepteurs lectines.
© Université Grenoble Alpes.

Des inhibiteurs glycomimétiques

Ils ont également démontré qu'il est possible d'inhiber ce mode de transmission du virus par l'utilisation de glycomimétiques, des molécules pouvant mimer les sucres de surfaces du virus.

Ces résultats, déjà démontrés sur des pseudo virus il y a quelques mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...) en prépublication, sont aujourd'hui confirmés par l'utilisation de virus SARS-CoV-2 authentiques, et sur des cellules respiratoires humaines. Les inhibiteurs glycomimétiques développés vont ainsi pouvoir constituer un premier outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son...) pour étudier, dans les mois à venir, l'importance relative de ce nouveau mode de transmission.

Références:
Thépaut M, Luczkowiak J, Vivès C, Labiod N, Bally I, Lasala F, Grimoire Y, Fenel D, Sattin S, Thielens N, Schoehn G, Bernardi A, Delgado R and Fieschi F
DC/L-SIGN recognition of spike glycoprotein promotes SARS-CoV-2 trans-infection and can be inhibited by a glycomimetic antagonist.
Plos Pathogens, 2021.
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.048 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique