Efficacité démontrée d'un traitement pour les victimes d'AVC

Publié par Isabelle le 20/02/2015 à 12:00
Source: Université de Montréal

Une nouvelle thérapie pour l'AVC ischémique aigu, l'extraction de caillot par traitement endovasculaire, améliore l'état de santé de ces patients de façon remarquable. Scanner cérébral montrant un accident vasculaire cérébral ischémique de l'hémisphère droit (partie sombre à gauche de l'image)Illustration Wikimedia Commons
L'équipe de neurologie (La neurologie est la discipline médicale clinique qui étudie l'ensemble des maladies du système nerveux, et en particulier du cerveau. Cette spécialité médicale s'est séparée de la...) vasculaire du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (L’Université de Montréal est l'un des quatre établissements d'enseignement supérieur de Montréal au Québec. Elle est l'une des dix grandes...) (CHUM), qui compte six neurologues vasculaires et trois radio-interventionnistes, a grandement contribué à une étude menée par des chercheurs du Hotchkiss (Hotchkiss fut un constructeur automobile et un manufacturier d'armes français de 1904 à 1954.) Brain Institute de la University of Calgary. Cette étude à répartition aléatoire multicentrique démontre qu'une nouvelle thérapie (Une thérapie est un ensemble de mesures appliquées par un thérapeute à une personne souffrant d'un problème de santé, dans le but de l'aider à guérir, de minimiser ou de soulager ses symptômes, ou...) pour l'AVC ischémique aigu, l'extraction de caillot par traitement endovasculaire, améliore l'état de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) de ces patients de façon remarquable.

Publiée en ligne le 11 février 2015 dans le New England Journal of Medicine (NEJM), l'étude révèle que les patients ayant bénéficié du traitement endovasculaire étaient plus susceptibles de conserver peu de séquelles, sinon aucune, et couraient aussi beaucoup moins de risque de mourir de l'AVC.

Globalement, on note une augmentation du taux de réussite chez ces patients de 33 % à 50 %. Pour plusieurs d'entre eux, cela s'est traduit par un retour à la vie (La vie est le nom donné :) normale plutôt que de devoir vivre avec un handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une incapacité, permanente ou non et qui...) neurologique grave. Le taux de mortalité (La mortalité, ou taux de mortalité est le nombre de décès annuels rapporté au nombre d'habitants d’un territoire donné. Elle se distingue de la morbidité : nombre de malades annuels rapporté à...) est passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur...) de deux patients sur dix à un patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué...) sur dix, soit une diminution de 50 % chez les patients ayant bénéficié du traitement endovasculaire.

"Ces résultats représentent un changement fondamental dans la façon dont les AVC aigus sont désormais traités. De plus, l'incidence de cette découverte se répercutera sur l'organisation (Une organisation est) des soins ici au Québec et partout dans le monde (Le mot monde peut désigner :)," explique le Dr Alexandre Poppe, neurologue vasculaire au CHUM, professeur adjoint de clinique à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et cherchant à restaurer la...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des affaires...) et coauteur de l'étude. Le Dr Daniel Roy, neuroradiointerventionniste au CHUM et coauteur de l'étude ajoute: "L'approche endovasculaire représente sans doute la plus grande percée dans le traitement de l'AVC ischémique aigu depuis la thrombolyse intraveineuse, qui existe depuis 20 ans. Il est certain que cette nouvelle approche exigera une collaboration étroite entre neurologues, neurointerventionnistes, techniciens en radiologie, infirmières et tous les membres de l'équipe. Heureusement, cette collaboration est déjà bien présente au CHUM."

L'étude, connue sous le nom ESCAPE (Endovascular treatment for Small Core and Anterior circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.) Proximal occlusion with Emphasis on minimizing CT to recanalization times), démontre la supériorité du traitement endovasculaire par rapport au traitement conventionnel. Un AVC aigu est causé par un caillot qui bloque une artère (Une artère (du grec αρτηρία, artêria) est un vaisseau qui conduit le sang du cœur aux poumons ou aux autres tissus de l'organisme.) cérébrale et empêche la circulation sanguine vers une partie du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité...), la privant ainsi d'oxygène (L’oxygène est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de symbole O et de numéro atomique 8.) et de glucose (Le glucose est un aldohexose, principal représentant des oses (sucres). Par convention, il est symbolisé par Glc. Il est directement assimilable par l'organisme.), et pouvant entraîner la destruction de cette région du cerveau. Actuellement, le traitement conventionnel édicté par les lignes directrices canadiennes, américaines et européennes est de procéder à la thrombolyse intraveineuse chaque fois que cela est possible pour tenter de dissoudre le caillot.

Dans l'étude ESCAPE, réalisée entre septembre 2013 et octobre 2014, 316 patients ayant subi un AVC au cours des 12 dernières heures (L'heure est une unité de mesure  :) ont été répartis en deux groupes de façon aléatoire: un groupe a reçu le traitement conventionnel et le second groupe a reçu le traitement conventionnel en plus du traitement endovasculaire.

Le traitement endovasculaire comporte l'insertion d'un mince cathéter dans l'artère de l'aine et la navigation (La navigation est la science et l'ensemble des techniques qui permettent de :) de ce dernier dans l'aorte afin de se rendre à l'artère cérébrale obstruée. Cette opération est réalisée par le neurointerventionniste grâce à une intervention guidée par l'image (rayon x). Une fois atteint, le caillot est retiré du corps à l'aide d'un tuteur pour rétablir la circulation sanguine vers le cerveau. Une cinquantaine d'interventions ont été réalisées au CHUM en 2014; une vingtaine en janvier dernier.

Le traitement endovasculaire existe depuis les années 1990, mais ce n'est que récemment que les progrès technologiques ont permis d'accroître l'efficacité de cette approche. L'utilisation d'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit...) cérébrale et vasculaire pour documenter la présence du caillot ainsi que le rétablissement rapide et efficace des patients ont permis à l'équipe ESCAPE de conclure au succès de cette étude. Dans de l'étude ESCAPE, l'ouverture des artères bloquées a été réalisée en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient...) deux heures plus rapidement que lors d'essais antérieurs.

L'étude ESCAPE a été réalisée dans 22 établissements dans le monde, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande et en Corée du sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.); onze sont canadiens. Les deux tiers des patients provenaient des établissements canadiens. Le CHUM a suivi 30 patients, ce qui le classe quatrième en importance dans cette étude.
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