Les enfants ont-ils trop de cadeaux à Noël ?
Publié par Adrien le 14/12/2015 à 00:00
Source: Dominique Nancy - Université de Montréal

Nous dépensons une fortune pour combler nos chérubins souvent pour répondre à la croyance populaire qui assimile le bonheur à l'abondance. Illustration: Benoît Gougeon
Chaque année à Noël, c'est le même rituel : nous dépensons une fortune pour combler nos chérubins. Plus de 401 M$ en 2013, selon Statistique (Une statistique est, au premier abord, un nombre calculé à propos d'un échantillon. D'une façon générale, c'est le résultat de l'application d'une...) Canada. "Cette tendance à la surabondance est apparue avec l'avènement de la société de consommation et, dans la foulée, de l'enfant roi", affirme Francine Ferland, ergothérapeute et professeure retraitée de l'École de réadaptation (En ergothérapie, la réadaptation est le processus visant à réduire les incapacités d'une personne. La réadaptation s'inscrit dans...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de...).

Auteur de Et si on jouait ? Le jeu chez l'enfant de la naissance à six ans (Éditions du CHU Sainte-Justine), elle estime que nous ne rendons pas service à nos bambins quand nous transformons leurs chambres en magasins de jouets. "L'enfant peut s'imaginer que c'est un signe de l'amour qu'on lui porte, signale Mme Ferland. Il finira alors par penser que tous ces beaux joujoux sont un dû et il risque de ne jamais être satisfait."

Pourquoi gâtons-nous autant nos enfants ? Sollicitations visuelles, plaisir de donner, croyance populaire qui assimile le bonheur à l'abondance... "Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) est là pour nous persuader qu'être de bons parents, c'est devoir combler tous les désirs de nos enfants", note Mme Ferland. Toutefois, comme elle le souligne, certains cadeaux destinés à nos petits trésors sont parfois davantage le reflet (Un reflet est, en physique, l'image virtuelle formée par la réflexion spéculaire d'un objet sur une surface. La nature spéculaire de la réflexion est liée aux caractéristiques du...) de nos propres envies. Elle fournit un exemple typique : la fameuse piste de course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.) dont rêve le papa depuis toujours. "Finalement, c'est le père qui joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert...) avec, tandis que le petit, lui, s'amuse (Amuse est un préparateur automobile tout comme HKS ou Blitz, qui prépare des voitures.) avec le ruban ayant servi à emballer le précieux présent !"

Pour d'autres, l'achat de cadeaux en surnombre peut être une façon de se déculpabiliser d'être si peu présents, trop pris par le travail, observe Francine Ferland. Enfin, une rivalité malsaine entre les parents divorcés ou entre les grands-parents paternels et maternels risque également d'engendrer une avalanche de jouets qui s'apparente à une demande d'amour adressée à l'enfant. "Cette rivalité se manifeste parfois par une course au cadeau le plus somptueux qui soit; on souhaite offrir à l'enfant un cadeau plus cher, plus sophistiqué, pensant ainsi s'attacher davantage l'enfant", écrit Mme Ferland.

"Son bien-être (Le bien-être ou bienêtre est un état qui touche à la santé, au plaisir, à la réalisation de soi, à l'harmonie avec soi et les autres. René Dubos...) et son bonheur ne sont pourtant pas dans la surabondance", fait remarquer l'ergothérapeute, qui considère le jeu comme un état d'esprit plutôt qu'un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette...). Pour elle, Noël est une bonne occasion d'initier son enfant au plaisir de recevoir... et de donner. Aussi est-il préférable à son avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un projet hongrois de monoplace de sport derrière lequel...) de ne pas offrir à l'enfant plus d'un cadeau à la fois. "Sinon le plaisir de recevoir sera évacué par la fébrilité de développer rapidement tous les présents, prévient Mme Ferland. Comme il est impossible de se passionner pour dix mille objets simultanément, l'enfant passera d'un cadeau à l'autre sans prendre le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de le découvrir."

L'accompagnement des parents est primordial dans l'appropriation du jouet par l'enfant, selon Francine Ferland. "Il ne s'agit pas tant de lui dire comment il fonctionne que de partager avec lui le plaisir de la découverte." Autre conseil avant de remplir la hotte du père Noël : offrir peu de cadeaux, mais que ceux-ci soient variés et associés à des sphères différentes du développement de l'enfant. Parmi ces présents, en prévoir un avec lequel il pourra s'amuser immédiatement. "Si l'enfant reçoit des patins et des vêtements, il sera frustré, car il ne pourra pas jouer avec dans le salon."

Et n'oublions pas les piles...
Page générée en 0.327 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique