Depuis des décennies, l'utilité d'un régime pauvre en glucides ou d'un régime pauvre en graisses anime les discussions. Cependant, une observation persiste: alors que certains adeptes de ces régimes constatent une amélioration de leur
santé, d'autres non. Pourquoi ?
Une étude publiée dans
JACC, la revue de l'American College of Cardiology, a analysé les habitudes alimentaires de près de 200 000 adultes américains sur plus de trente ans. Ses résultats indiquent que les versions saines des régimes à faible teneur en glucides ou en graisses, axées sur des aliments complets et végétaux, sont associées à un risque moindre de
maladie coronarienne. En revanche, ces mêmes régimes mais basées sur des produits transformés ou carnés augmentent le risque.
Les chercheurs ont utilisé des questionnaires alimentaires réguliers pour évaluer la qualité des régimes. Ils ont développé des scores distinguant les versions saines, riches en légumes, céréales complètes et graisses insaturées, des versions moins saines, mais toujours avec une faible teneur globale en glucides ou graisses. Cette méthode a permis de confirmer que les bénéfices pour le cœur dépendent davantage des choix des aliments que de la proportion globale de glucides ou de graisses.
Les analyses métabolomiques, qui examinent les molécules dans le corps, vont dans le sens de ces conclusions. Elles montrent que les personnes optant pour des aliments qualitatifs présentent des marqueurs biologiques plus favorables.
Les limites de l'étude incluent le fait que les participants sont des professionnels de santé, potentiellement plus conscients de leur santé. De plus, les régimes auto-déclarés peuvent introduire des erreurs. Toutefois, les mécanismes biologiques identifiés sont probablement applicables à un public plus large.
Cette recherche invite donc à repenser les conseils nutritionnels, en mettant l'accent sur la diversité et la qualité des aliments plutôt que sur la simple lecture de l'étiquette.
Composition en macronutriments versus qualité des aliments
La composition en macronutriments se réfère aux proportions de glucides, lipides et protéines dans un régime, souvent exprimées en pourcentages ou en grammes. Historiquement, les recommandations nutritionnelles se sont focalisées sur ces ratios, pensant qu'ils déterminaient la santé. Cependant, ceci néglige la source et la transformation des aliments, qui influencent grandement leurs effets sur l'organisme.
La qualité des aliments, en revanche, considère des aspects comme la teneur en fibres, vitamines, antioxydants, et le degré de transformation. Par exemple, des glucides provenant de légumes ou de céréales complètes ont un impact différent de ceux issus de sucres transformés. De même, les graisses des avocats ou des noix sont plus bénéfiques que celles des viandes.
Cette distinction explique pourquoi des régimes avec des compositions similaires en macronutriments peuvent avoir des résultats santé opposés.