L'océan a piégé 31 % des émissions de CO2 anthropique sur la période 1994-2007

Publié par Adrien le 26/03/2019 à 08:00
Source: CNRS-INSU
L'évaluation de la quantité de CO2 anthropique stocké dans l'océan est depuis longtemps une priorité pour les océanographes. Une étude menée par une équipe internationale impliquant le Laboratoire d'océanographie et du climat: expérimentations et approches numériques (LOCEAN/IPSL, CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand...) / SU / IRD / MNHN) montre que de 1994 à 2007, l'océan (Océans stylisé Ωcéans est un documentaire français réalisé par...) a accumulé 34 milliards de tonnes de CO2 anthropique, soit 31 % du CO2 anthropique, émis durant cette période. L'océan (Un océan est souvent défini, en géographie, comme une vaste étendue d'eau...) semble avoir gardé sa capacité de pompage (Le pompage est un phénomène aérodynamique qui intervient dans un compresseur. Il...) du CO2 à l'échelle planétaire (Un planétaire désigne un ensemble mécanique mobile, figurant le système solaire...) mais avec un creusement des disparités entre les océans des deux hémisphères.

Une partie importante du CO2 anthropique, émis notamment par la combustion (La combustion est une réaction chimique exothermique d'oxydoréduction. Lorsque la...) d'énergies fossiles, ne reste pas dans l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) et ne contribue donc pas au réchauffement global. L'océan et les surfaces continentales accumulent en effet des quantités considérables de ce CO2 qui est alors piégé pendant des dizaines, voire des centaines ou des milliers d'années.

Une équipe internationale impliquant des chercheurs du LOCEAN a réalisé une synthèse de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) in situ recueillies au cours d'une cinquantaine de campagnes océanographiques réalisées sur une période de 15 ans et développé une nouvelle approche statistique (Une statistique est, au premier abord, un nombre calculé à propos d'un échantillon....) permettant de distinguer la part du CO2 anthropique et la part du CO2 naturel (préindustriel) dans les mesures du CO2 total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un...) dans l'océan.

Ils ont ainsi pu montrer que l'océan avait accumulé 34 milliards de tonnes de CO2 anthropique sur la période 1994-2007, ce qui représente 31 % des émissions de CO2 anthropique sur cette période.

Une étude similaire avait déjà estimé l'accumulation de CO2 anthropique sur la période 1800-1994 à 118 milliards de tonnes, soit environ un tiers des émissions de CO2 anthropique sur cette période. Si les nouveaux résultats obtenus sur la période 1994-2007 montrent que l'efficacité du pompage du CO2 est aujourd'hui intacte à l'échelle du globe, ils révèlent aussi des disparités régionales: certaines régions sont devenues moins efficaces, notamment l'Atlantique Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), le Pacifique Nord et une grande partie de l'océan Austral (L'océan Austral ou océan Antarctique ou océan glacial Antarctique est l'étendue d'eau qui...), tandis que l'Atlantique Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.), le Pacifique équatorial et l'océan Indien (L’océan Indien s'étend sur une surface de 75 000 000 km². Il est limité au nord...) ont gagné en efficacité.


Évolution de l'accumulation de CO2 anthropique entre 1994 et 2007 (inventaires jusqu'à 3000 m de profondeur, en molC/m2). Figure: Nicolas Gruber / ETH Zurich.

En limitant le réchauffement climatique (Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, ou...), l'océan rend un service important à l'humanité, mais ce service a un coût: le CO2 dissous dans l'océan diminue le pH de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les...) et la concentration en ions carbonates, ce qui pourrait avoir de graves conséquences pour la vie (La vie est le nom donné :) marine, notamment les espèces calcifiantes. Les disparités régionales identifiées devront être prises en compte pour prédire le taux d'acidification des océans qui sera plus rapide dans les régions où le pompage du CO2 atmosphérique est le plus efficace.
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