Des pistes pour un vieillissement cérébral réussi
Publié par Isabelle le 07/04/2019 à 14:00
Source: Université de Sherbrooke

Demeurer actif physiquement, mais aussi socialement, est l'une des clés d'un vieillissement cérébral réussi.Photo: Jocelyn Riendeau pour l'UdeS
À quel âge le cerveau commence-t-il à vieillir ? À 20, 40, 60 ans ? En fait, le processus de vieillissement (La notion de vieillissement décrit une ou plusieurs modifications fonctionnelles diminuant progressivement l'aptitude d'un objet, d'une information ou d'un organisme à assurer ses fonctions.) du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue...) s'enclenche... à la naissance ! D'où l'importance de veiller à la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) de ses neurones toute sa vie (La vie est le nom donné :). Coup d'oeil sur le phénomène avec Stephen Cunnane, professeur-chercheur à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et...) et des sciences de la santé et au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le...) sur le vieillissement.

C'est à l'occasion de la conférence Vieillissement du cerveau, offerte le 13 mars lors de la Semaine du cerveau 2019, que le professeur Cunnane nous a éclairés, avec d'autres chercheuses et chercheurs invités, sur le processus de vieillissement du cerveau.

Le vieillissement du cerveau n'est pas un phénomène chronologique, explique le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont...). C'est vraiment lié à l'influence de notre génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.), mais aussi à notre mode de vie. Par exemple, les gens qui sont sédentaires ou qui sont diabétiques peuvent, dès l'adolescence, être touchés par les effets d'un déclin cognitif.

Mon cerveau est-il en santé?

Qui n'a pas déjà perdu ses clés ou oublié le prénom d'un voisin ? Est-ce là le signe d'une dégradation précoce des fonctions cérébrales ? Difficile à dire, puisque le déclin cognitif n'est pas simple à mesurer. Chose certaine, l'hygiène de vie (L'hygiène de vie est l'ensemble des mesures destinées à préserver et à promouvoir la santé. Elle concerne essentiellement...) est un excellent indicateur de la santé du cerveau.


Stephen Cunnane est professeur-chercheur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et au Centre de recherche sur le vieillissement.Photo: Fournie
"Avec l'âge, on va peu à peu perdre certaines capacités de cognition touchant la mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.), mais on va rester autonome. Chez une personne de 75 ans qui a des pertes de mémoire, par exemple, c'est difficile de dire si elle est en train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de plusieurs wagons (pour transporter...) de développer l'Alzheimer ou si elle restera stable. Ce qu'on sait, par contre, c'est que la personne qui essaie de rester active physiquement, socialement et cognitivement va résister plus longtemps que la personne qui vient de perdre son épouse ou son époux et qui reste clouée dans son fauteuil parce qu'elle est déprimée ou qu'elle ne dort pas bien. Et ces facteurs sont cumulatifs."

Le sucre blanc (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir l'article Corps noir). C'est la sensation visuelle obtenue avec un spectre lumineux continu,...), ennemi juré du cerveau

Selon le professeur Cunnane, il suffit d'intégrer quelques habitudes saines à son quotidien pour préserver la santé de son cerveau. Puisque le sucre raffiné est l'un des grands responsables de la perte cognitive liée à l'âge, il faut d'abord penser à réduire sa consommation d'aliments contenant du sucre blanc.

"On a longtemps été préoccupé par les gras, reconnaît le chercheur, mais ce qui remplace le gras est pire que le gras lui-même. Quand on va vers des aliments faibles en gras, on a tendance à les remplacer par des calories de sucre raffiné. Trop de sucre, ça met un stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des contraintes environnementales. Dans le langage courant, on parle de...) sur l'hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation sur des récepteurs spécifiques.) qui s'occupe du sucre, l'insuline (L'insuline (du latin insula, île) est une hormone peptidique sécrétée par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas. Elle a, avec le glucagon, un rôle majeur dans la régulation des...)."

Le chercheur explique qu'à la longue, le sucre gêne le travail de l'insuline et occasionne un état de résistance. L'utilisation du glucose (Le glucose est un aldohexose, principal représentant des oses (sucres). Par convention, il est symbolisé par Glc. Il est directement assimilable par l'organisme.), qui est le principal carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l'énergie chimique du carburant en énergie mécanique.) du cerveau, est alors perturbée. "Et ça touche les ados comme les jeunes adultes, les personnes d'âge mûr et les personnes âgées", ajoute le chercheur. À mesure qu'on avance en âge, ce déséquilibre compromet le fonctionnement normal du cerveau.

Le glucose comme carburant cérébral

Le professeur Cunnane reconnaît que la recommandation (Les industries ne fonctionnent pas correctement sans normes garantissant l'interopérabilité, des organismes crées pour, promulguent des recommandations, qui si elles sont suivies deviennent des normes ou des standards. Une...) de limiter le sucre peut porter à confusion. "C'est mêlant pour les gens parce qu'on leur dit de limiter le sucre, sauf que le glucose est essentiel pour les organes, surtout le cerveau. Or ce n'est pas essentiel d'avoir un apport alimentaire en glucose."

En effet, le corps puise le glucose dont il a besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires et les...) à partir des glucides qu'on ingère: féculents, fibres (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.) alimentaires, légumes, etc. "Le corps va bien gérer son glucose à partir de là, poursuit-il. Ce n'est pas nécessaire de manger du sucre de table pour alimenter le cerveau."

Rester actif physiquement et socialement

L'activité physique (L'activité physique regroupe à la fois l'exercice physique de la vie quotidienne, maison, jardinage, commissions, travail, marche usage des...) est un autre facteur favorisant la bonne santé du cerveau. Lorsqu'on bouge, le système cardiovasculaire s'active et alimente tous les organes en oxygène (L’oxygène est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de symbole O et de numéro atomique 8.). "La forme de l'exercice n'a pas d'importance, précise le professeur Cunnane. Ce qui compte, c'est d'activer son système légèrement et de façon durable."

Nul besoin, donc, de faire pomper son coeur à plein régime pour en retirer des bienfaits. Et le mieux, comme le rappelle le chercheur, est de jeter son dévolu sur une activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) qui procure du plaisir. Les hormones sécrétées lors d'une activité plaisante amélioreraient l'utilisation du glucose dans le cerveau.

Bref, les pistes pour un vieillissement cérébral réussi pointent toutes vers un mode de vie sain. Et comme le souligne le chercheur, on peut adopter de bonnes habitudes de vie à tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) âge. Comme quoi il n'est jamais trop tard pour préserver cette merveille entre ses deux oreilles !
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