Les plantes graminées peuvent acquérir les gènes de leurs voisines
Publié par Isabelle le 25/02/2019 à 14:00
Source: CNRS
La sélection naturelle agit essentiellement sur les gènes transmis de génération en génération, par voie sexuée pour les plantes et les animaux.


Inflorescences d'Alloteropsis semialata (photo de gauche) et de Themeda triandra (photo de droite), dans des savanes arborées de Zambie et du Sri Lanka. L'étude a démontré que deux fragments génomiques de T. triandra ont été intégrés dans le génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une espèce codé dans son ADN (à l'exception de...) des populations d'A. semialata d'Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de l’hémisphère Sud dont la superficie couvre la plus grande partie de...).
© PA Christin & LT Dunning

Cependant, ce paradigme vient d'être remis en cause par une équipe internationale dont fait partie Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) Besnard, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) au laboratoire Evolution et diversité biologique (CNRS/IRD/Université de Toulouse III-Paul Sabatier). Publiée le 18 février 2019 dans Proceedings of the National Academy of Sciences, leur étude révèle que le génome de la graminée Alloteropsis semialata d'Australie contient près de 60 gènes acquis d'au moins 9 espèces de graminées donneuses. Parmi les gènes transférés, certains codent pour des enzymes de la photosynthèse (La photosynthèse (grec φῶς phōs, lumière et σύνθεσις sýnthesis, composition) est le processus...), des protéines de résistance à des maladies ou d'adaptation aux sols.

Bien que ce mécanisme soit très courant chez les bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi...), il avait rarement été documenté chez les plantes. D'un point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) écologique, ces résultats montrent comment certaines plantes seraient capables de s'adapter relativement rapidement face à des changements environnementaux, en utilisant des gènes d'espèces voisines. Même si des recherches sont encore nécessaires pour comprendre ce phénomène, il devrait être désormais considéré pour mieux évaluer les risques des plantes génétiquement modifiées, notamment pour réduire les possibilités de transfert de gènes de résistance vers ce que l'on appelle "mauvaises herbes".

Références publication:
Lateral transfers of large DNA fragments spread functional genes among grasses. Luke T. Dunning, Jill K. Olofsson, Christian Parisod, Rimjhim Roy Choudhury, Jose J. Moreno-Villena, Yang Yang, Jacqueline Dionora, W. Paul Quick, Minkyu Park, Jeffrey L. Bennetzen, Guillaume Besnard, Patrik Nosil, Colin P. Osborne, and Pascal-Antoine Christin. Proceedings of the National Academy of Sciences, le 18 février 2019.

Contact chercheur:
- Guillaume Besnard - Chercheur CNRS
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