🪐 Des millions de planètes pourraient naître près des trous noirs supermassifs

Publié par Adrien,
Source: arXiv
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Des millions de planètes pourraient voir le jour dans les zones les plus agitées des galaxies, près des trous noirs supermassifs. Depuis longtemps, ces régions étaient considérées comme hostiles à la formation de mondes, mais une équipe de chercheurs vient de démontrer le contraire.

Ces zones, appelées noyaux actifs de galaxies (AGN), brillent parfois plus que toutes les étoiles de leur galaxie réunies. L'idée que des planètes puissent s'y former dépasse les attentes.


Les noyaux actifs de galaxies sont alimentés par des trous noirs supermassifs qui attirent d'immenses quantités de gaz et de poussière. Cette matière tourbillonne dans un disque d'accrétion avant d'être en partie engloutie, tandis qu'une autre partie est éjectée sous forme de jets de plasma à des vitesses proches de celle de la lumière. La friction intense dans le disque le fait rayonner sur tout le spectre électromagnétique, produisant une luminosité exceptionnelle.

Ce qui surprend le plus les scientifiques, c'est que ces disques d'accrétion, bien que riches en gaz et poussière, sont extrêmement turbulents. D'ordinaire, on associe la formation planétaire à des disques protoplanétaires calmes autour d'étoiles jeunes. Pourtant, aux confins de ces disques géants, les températures et les conditions pourraient ressembler à celles qui ont donné naissance aux planètes de notre Système solaire. Peu à peu, la poussière pourrait s'agglomérer et former des mondes.

Pour vérifier cette hypothèse, l'équipe a développé un modèle informatique d'un trou noir supermassif et de son disque d'accrétion. En y ajoutant des données sur les conditions aux bords du disque, ils ont simulé l'évolution de la poussière sur des millions d'années. Le résultat les a stupéfaits: des millions de planètes de la masse de Jupiter, voire plus massives, pourraient se former à des dizaines de parsecs du trou noir. Ces géantes de poussière ressembleraient à des boules de lave.


Une illustration montre l'anatomie du trou noir supermassif et de l'AGN au cœur de NGC 4151.
Crédit: NASA's Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab

Dans un disque riche en gaz, de longs filaments de poussière se forment et s'effondrent en planètes. Autour d'une étoile, ce processus ne produit que quelques mondes, mais près d'un trou noir supermassif, la quantité de gaz disponible est bien plus grande, permettant la création de millions de planètes. Ces dernières, une fois formées, migrent progressivement vers l'extérieur, s'éloignant du trou noir.

Les chercheurs espèrent pouvoir détecter ces planètes à l'aide du lentillage gravitationnel. Ce phénomène, qui déforme et amplifie la lumière d'un objet distant, pourrait révéler la présence d'amas de planètes aux confins du disque d'un AGN. Cependant, trouver un noyau actif offrant une telle configuration demande beaucoup de chance. L'équipe prévoit d'affiner son modèle pour améliorer les chances de détection.

Cette découverte, si elle est confirmée, changerait notre compréhension de la formation planétaire dans l'Univers. Les abords des trous noirs supermassifs, loin d'être stériles, pourraient héberger des myriades de mondes inattendus. Les prochaines étapes consisteront à observer ces régions avec plus de précision, peut-être en utilisant les futures générations de télescopes. En attendant, les astrophysiciens ont une nouvelle piste pour explorer l'origine des planètes.
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