La Sibérie dégèle avec un réchauffement 2 à 3 fois plus important

Publié par Adrien le 08/11/2021 à 09:00
Source: CEA

(c) Antoine Séjourné/GEOPS
Des scientifiques de l'Université Paris-Saclay, dont certains du LSCE (CEA-CNRS-UVSQ), participent à des missions sur le terrain depuis 2012, afin de mieux cerner les conséquences hydrologiques du dégel du pergélisol, dans une région de forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense,...) boréale iakoute.

En Iakoutie (au nord-est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est...) de la Sibérie), le réchauffement climatique (Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, ou...) est deux à trois fois plus important qu'ailleurs sur la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de...).

Le sol gelé (pergélisol), qui contient un excédent de glace (La glace est de l'eau à l'état solide.) ("coins de glace"), dégèle progressivement, provoquant des affaissements du sol et la formation de nombreux lacs. C'est un risque majeur (Le risque majeur est un danger qu'en France on qualifie de risque: Europa major hazard agreement =...) impactant l'utilisation des terres et la stabilité des infrastructures (bâtiments, ponts, voirie (La voirie désigne à la fois :), pipeline, etc.).

Les circulations d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les...) souterraines et la chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à...) des lacs et des rivières sont également affectées. Mieux comprendre comment le cycle hydrologique évolue dans les régions boréales est important, non seulement pour permettre aux populations locales de s'adapter, mais aussi pour mieux prédire les impacts du changement climatique à l'échelle planétaire (Un planétaire désigne un ensemble mécanique mobile, figurant le système solaire...).

Dans cette perspective, des chercheurs ont choisi d'étudier la forêt boréale sibérienne plutôt que la toundra, plus au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), qui est déjà bien documentée. En collaboration avec le Melnikov Permafrost Institute (Iakoutsk), ils collectent des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) de terrain chaque année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié...) sur plusieurs sites, près du village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de...) de Syrdakh, à 100 km de la capitale (Une capitale (du latin caput, capitis, tête) est une ville où siègent les pouvoirs,...) iakoute (Iakoutsk).


Glissements de terrain en Sibérie (2011). À droite, le glissement de terrain expose une falaise de 8 m de haut composée de pergélisol et formée suite à des effondrements et coulées de boue (En sédimentologie, la boue est un mélange d'eau et de particules sédimentaires fines...). © GEOPS/OSUPS, Antoine Séjourné

Comment la dégradation du pergélisol démarre-t-elle ? Sur un des sites, des drones et des sondes thermiques enregistrent des données qui devraient permettre aux scientifiques de mieux comprendre les modifications hydrologiques et géomorphologiques liées au dégel.

Comment le cycle du carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C,...) est-il affecté par la dégradation du pergélisol ? Des échantillons d'eau sont prélevés dans plusieurs lacs et rivières puis analysés en laboratoire.

L'interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein...) entre rivière (En hydrographie, une rivière est un cours d'eau qui s'écoule sous l'effet de la...) et sol est, quant à elle, étudiée sur un site instrumenté. Comment la rivière réchauffe-t-elle ou refroidit-elle le pergélisol ? Quelles sont les circulations d'eau souterraines dans la zone qui dégèle annuellement ? Autant de questions auxquelles les scientifiques espèrent prochainement apporter des réponses.

Sur place, ils ont noué des contacts étroits avec la population, expliquant leur travail aux écoliers de Syrdakh. Ils témoignent en retour de l'art de vivre local: ainsi par exemple, l'eau de boisson provient de réserves de glace constituées en hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.). Ils sont enfin en relation avec deux écoles de Chatenay-Malabry qui suivent l'avancement de leur mission grâce à un blog (Un blog ou blogue est un site Web constitué par la réunion de billets...) mis à jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) quotidiennement.

Les missions sont financées grâce à l'ANR PRISMARCTYC et l'ANR HiPerBorea.
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